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 Semaine du 17 au 23 Septembre 2008, numéro 732

 

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Dossier

Circulation. Une disposition du nouveau code qui met spécifiquement en relief le manque de coordination entre les différents services gouvernementaux et surtout l’absence de clairvoyance.

Le casse-tête de la trousse de premiers secours

« Croient-ils que tous les Egyptiens sont des médecins ?! », ironise un conducteur à propos de cette clause du nouveau code de la route, exigeant la présence d’une trousse de premiers secours dans chaque véhicule. Sinon, la peine est une amende et une suspension d’un mois au moins du permis de conduire. Ce conducteur n’est pas le seul d’ailleurs à considérer comme obsolète cette condition.

En fait, l’affaire avait provoqué un grand débat au sein de la société et avait fait couler beaucoup d’encre éclipsant les autres clauses tout aussi controversées, à savoir l’exagération des amendes et le durcissement des peines. La question qui hante toujours les gens c’est : comment utiliser cette trousse en cas d’accident ? Une affaire compliquée et difficile pour beaucoup d’Egyptiens, notamment devant ces tas d’articles si exagérés que doit renfermer cette trousse, comme il est inscrit dans le statut de la loi. La trousse doit être en matière métallique antirouille, peser de 2 à 5 kilos et renfermer 16 articles. Parmi ses composants se trouvent 4 paquets de pansements stérilisés, 4 paquets de bandages, 5 paquets de tuile gras pour les brûlures, 100 g. de coton, 5 gants en plastique, 2 attelles pour les fractures, de petits ciseaux, une torche et un liquide antiseptique, de la « Bétadine » plus précisément. Et ce dernier article, avec précision du nom de la société poudreuse, avait suscité les critiques, notamment des pharmaciens qui s’interrogeaient sur le fait d’insister sur cette marque, alors qu’il existe plusieurs marques de désinfectants.

Craignant les peines, beaucoup d’Egyptiens se sont précipités, sans être nullement convaincus, pour acheter cette trousse. Un vrai souk est alors installé. Des trousses à des prix et des origines différents ont inondé les marchés. Fabrication locale ou importée, made en Turquie ou en Chine, des prix allant de 15 à 100 L.E., d’où les soupçons de l’existence d’un business derrière cette affaire.

Mais à peine quelques jours avant l’entrée en vigueur de la loi, prévue pour le 1er août, l’opinion fut stupéfaite devant la déclaration du ministre de la Santé qui la met en garde contre l’achat des trousses qui se trouvent sur le marché. Les responsables ont réalisé que « leur contenu est exagéré et contraire aux normes mondiales », et promis une réduction du nombre d’articles pour simplifier les choses aux citoyens et répondre au minimum aux spécifications internationales.

Quant à l’application de cette clause, elle est reportée pour trois mois, le 1er novembre, jusqu’à ce qu’un comité au sein du ministère de la Santé finisse l’étude des nouvelles spécifications. Mais où se trouvait le ministère de la Santé au moment de la préparation de la loi ? Et pourquoi l’affaire n’avait-elle pas été bien étudiée avant l’annonce de la législation ? Pour Ammar Ali Hassan, politologue, c’est une affaire très banale dans la législation égyptienne. La loi est élaborée à la va-vite, on la soumet au Conseil consultatif puis à l’Assemblée du peuple pour la ratifier. Et lors de son application, on réalise que toutes les parties concernées ne sont pas au courant de ce qu’elle comporte. « Cette loi, comme d’autres, est l’enfant du chaos bureaucratique dans la vie égyptienne », ajoute-t-il.

Pour le cas de la trousse, après la promulgation du code de la route, il s’est avéré que le ministère de la Santé aurait dû être consulté avant sa ratification.

Pour Amr Hachem, politologue au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, devant ces critiques, le ministère de l’Intérieur s’est tourné vers celui de la Santé pour calmer les rumeurs des gens qui voient dans cette affaire un complot. Un comité, présidé par Hamdi Al-Sayed, doyen des médecins, est alors formé au sein du ministère de la Santé et a passé un mois à discuter de ce changement dans les spécifications de la trousse. Mais jusqu’à présent, personne n’est informé des nouvelles spécifications. « Le comité a fini ses travaux depuis le 1er septembre. Et on a transmis nos recommandations au ministère de la Santé pour les appliquer », dit Hamdi Al-Sayed, tout en assurant que les nouvelles spécifications conviennent aux critères mondiaux et que la trousse va être à la portée de tous. Son prix va se situer aux alentours de 25 à 30 L.E. Mais ce ne sont pas toutes les recommandations de ce comité qui ont eu l’approbation du ministère de la Santé. Al-Sayed avait suggéré un report de 6 mois et donner ainsi de la chance à une préparation soignée de la trousse pour éviter que sa fabrication ne soit le monopole d’une seule société.

Ce délai est aussi nécessaire pour le doyen des médecins afin d’avoir plus de temps pour apprendre aux conducteurs comment utiliser cette trousse. Al-Sayed propose de donner des cours de sensibilisation aux premiers secours à tous ceux qui viennent pour renouveler ou avoir pour la première fois des permis de conduire. Or, la réponse est venue du ministère de l’Intérieur : Non. Juste ce délai de trois mois. Le ministère de la Santé se résout donc à la sensibilisation, à travers sa chaîne satellite Ma santé, sur la méthode d’utilisation de cette trousse de premiers secours jusqu’à l’arrivée de l’ambulance.

Aliaa Al-Korachi

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