Rwanda. S’étalant sur quatre jours, les élections législatives ont commencé lundi en l’absence de candidats de l’opposition.

 

Pas de changement en vue

 

Lors d’un scrutin complexe, les Rwandais ont commencé à voter lundi dernier pour élire leurs députés. Un scrutin qui devrait conforter le pouvoir du Front Patriotique Rwandais (FPR) du président Paul Kagame, en l’absence de candidats de l’opposition. Ce sont les deuxièmes élections législatives depuis le génocide de 1994, auquel le FPR avait mis fin en s’emparant du pouvoir à Kigali.

Ces législatives, pour lesquelles 80 sièges sont à pourvoir, se dérouleront jusqu’à jeudi selon un mode de scrutin complexe accordant une large représentation aux femmes, qui représentent 55 % des 4,8 millions d’électeurs rwandais. Il s’agit de quatre étapes. D’abord, les électeurs sont appelés à choisir à la proportionnelle de liste 53 députés, élus pour cinq ans. Le deuxième jour, des collèges électoraux de femmes éliront 24 représentantes à l’Assemblée. Cette particularité dans la désignation des députés fait du Rwanda l’un des pays au monde où la représentation féminine est la plus élevée au Parlement. Cette volonté du régime d’accorder une large place aux femmes à l’Assemblée reflète également le déséquilibre démographique hommes/femmes dans le pays, lourd héritage des tragédies des années 1990.

Après les femmes, le Conseil national de la jeunesse choisira, au troisième jour, deux parlementaires. Dernière étape des élections, la Fédération des associations de personnes handicapées élira son représentant.

En effet, la coalition sortante associant le Front patriotique rwandais à six petits partis fait à nouveau figure de grande favorite. Les deux autres partis présentant des candidats — le Parti Social-Démocrate (PSD) et le Parti Libéral (PL), auxquels il faut ajouter un candidat indépendant — ne relèvent pas réellement de l’opposition : à la présidentielle de 2003, ils avaient appelé à voter pour M. Kagame. Aux législatives de 2003, la coalition dirigée par le FPR avait recueilli près de 74 % des suffrages. La coalition du FPR présente 80 candidats, le PSD 63, le PL 62.

L’opposition politique, qui compte une douzaine de partis, est cantonnée à l’étranger depuis la fin du génocide — qui a fait selon l’Onu 800 000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie — et ne présente pas de candidats. Depuis Bruxelles, une plate-forme de partis d’opposition en exil avait dénoncé fin août un simulacre de scrutin. « Tant qu’une formation politique monopolise tous les rouages du pouvoir, décide quelle formation politique ou individu doit briguer l’investiture à une parcelle du pouvoir, quadrille tout le pays pendant les élections et verrouille l’accès aux médias, les élections resteront un écran de fumée », accusait cette plate-forme, les Forces démocratiques unifiées, regroupant trois partis.

Pour sa part, Kagame s’est lui dit dès le 31 juillet certain de la victoire de son parti aux législatives, puis à la présidentielle prévue en 2010. « Je n’ai aucun doute (sur le fait) que le FPR remportera confortablement les prochaines élections », a-t-il indiqué à Kigali.

Selon la Mission d’observation des élections de l’UE (MOEU), ces élections sont surveillées par une mission composée de soixante observateurs de l’Union Européenne (UE) déployée tout au long du pays. Des résultats provisoires sont attendus le 22 septembre et les résultats définitifs le 25 septembre, selon la commission électorale.

Maha Salem