Al-Ahram Hebdo,Arts | La boîte de Pandore
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 Semaine du 12 au 18 mars 2008, numéro 705

 

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Arts

Festival de Créativité Artistique. La deuxième édition propose plusieurs manifestations, dont le Salon des jeunes. Celui-ci regroupe 400 œuvres, 231 artistes de moins de 30 ans, où toutes les disciplines sont récompensées.

La boîte de Pandore

Le Salon des jeunes, une des manifestions du Festival de la créativité, reprend place au Palais des arts, dans l’enceinte de l’Opéra. Les œuvres sont ainsi à nouveau exposées en un seul lieu, et non plus comme l’année dernière — lors de sa 18e édition — éparpillées entre la galerie Ofoq, le Centre Guézira, les salles Karmet Ibn Hanië (au musée Ahmad Chawqi) et Nahdet Misr (musée Mahmoud Mokhtar).

Limité à 30 ans et non plus 35, l’âge des participants confère au salon actuel davantage de fougue, mais peut être aussi un zeste de naïveté de la part d’artistes « hâtifs », par manque d’expérience. Une question se pose alors : est-il encore trop tôt pour eux de prendre part à ce salon ? Faut-il attendre l’âge mûr pour avoir droit à de meilleures œuvres ? Le débat bat son plein comme tous les ans. Et comme d’habitude, il y en a ceux qui défendent le salon, le considérant comme un vrai vivier de talents, une manifestation permettant aux débutants de mettre le pied à l’étrier dans le monde de l’art. D’autres se plaignent au contraire du niveau général en régression de la manifestation.

Mais pour le commissaire du salon, Gamal Abdel-Nasser, « les jeunes ont besoin de se mesurer à d’autres, de se faire adopter, d’être reconnus, valorisés et encouragés. Peu importe l’obtention d’un prix, l’essentiel, c’est de participer, d’acquérir la confiance de leur entourage ». La présence de Abdel-Nasser a d’ailleurs mené à une plus grande convivialité : un atelier a été préalablement organisé au musée Mokhtar, afin de permettre aux jeunes de produire des œuvres obéissant aux critères du salon. Cet atelier, supervisé quotidiennement par des spécialistes, offrait les matériaux nécessaires. « Les jeunes qui sortent des beaux-arts ou autres n’ont pas tous le niveau adéquat. Certains ne savent pas bien dessiner, surtout ceux qui sortent de la faculté de pédagogie artistique (tarbiya naweéya). Ce n’est pas leur faute ! Souvent, leurs professeurs les bourrent d’académisme sans aucune notion de créativité », précise le commissaire. Et d’ajouter : « L’art ne doit pas forcément exprimer la réalité, avec son aspect dramatique. L’art possède un langage qui lui est propre, à même d’exprimer l’espoir, la gaieté, même s’il s’agit de l’humour noir. L’esthétique doit dépasser le sujet abordé ». La pensée de ce commissaire-artiste va de pair avec l’esprit des jeunes rêveurs, mais l’oppose aux responsables « traditionnels » selon ses dires, qui ne lui permettaient pas de s’épanouir. Malgré ces avis contradictoires, les artistes ont scrupuleusement illustré le thème du salon, fondé essentiellement sur « L’Autre », à travers des œuvres qui oscillent entre docilité et rébellion artistique. « Choisir un thème assez vaste et significatif, c’est donner libre cours à une plus grande créativité. En fait, l’autre peut être une société, un monde, une personnalité … Autant d’interpellations qui incitent à créer », souligne le commissaire, mettant l’accent sur ce qui fonde l’élan des jeunes artistes.

 

Jeu de perspectives

Dans cette optique, le jeune graveur Mina Amin, récompensé du prix du jury, expose deux œuvres, en noir et blanc, de grands formats, qui mettent en relief multiples visages humains, déformés, flous. Des visages en action, affligés, dont l’expressivité raconte la souffrance. D’autre part, l’œuvre de Mohamad Al-Abd, qui lui a valu également le prix du jury, n’est pas sans rappeler les pièces expérimentales, avec le souci de la gestuelle et de l’expressivité du corps. Il reconduit, chaque jour, la performance d’une jeune modèle en djellaba, peinte fraîchement en bleu. Elle danse, dessine sur un espace blanc, essaimant des traces de bleu partout. Aussi débusque-t-on, l’assemblage de Abdel-Hamid Magdeddine, de même prix du jury, qui repose sur des collages, sous des formes cubiques, entre relief et plat, représentant d’innombrables chefs d’Etat.

Quant au grand prix du salon, il a été attribué ex æquo à la poterie de Mohamad Choumane, qui a reproduit 116 masques à expressions variées, tels des totems, et Hala Abou-Chadi qui illustre dans son assemblage de photos les divers états d’âme d’une femme.

Dans un autre jeu de perspectives, la peinture de Hind Zaki, lauréate également du prix du jury, des portraits de femmes, dominés par la couleur dorée, suggèrent un esprit de puzzle. Quant à Chérine Moustapha, lauréate du prix Mohamad Mounir, elle peint quatre œuvres superposées en diagonale, traitant des cérémonies de mariage en Egypte. Elle se sert généreusement de gouache, pastel, encre, collage et gravure, pour donner corps à son imaginaire foisonnant.

Des sculptures géantes se taillent aussi une place prééminente dans le salon : Mohamad Al-Labbane, salué du prix du jury, y expose une sculpture d’un mètre et demi, à l’entrée du Palais des arts. S’inspirant inlassablement du patrimoine, il sculpte un conteur à l’aide d’une immense pierre blanche artificielle et de métal. Il réussit de la sorte un assemblage exquis d’une abstraction géométrique qui joue sur le contraste entre la forme et les lignes régulières. « Autrefois, la sculpture était très présente dans le Salon des jeunes, mais actuellement, elle se raréfie en raison de la prédilection des jeunes pour les modes d’expression modernes », dit Mohamad Al-Labbane, qui déplore aussi l’attribution de ce fait de nombreux prix aux autres éléments du salon.

Ainsi, l’art vidéo, portant le titre La Beauté est périssable, d’Ahmad Bassiouni, a remporté à son tour un prix. Le jury a décidé de consacrer à parité toute forme d’expression. Par ailleurs, la valeur des prix a connu une hausse fulgurante par rapport aux années précédentes en raison de la contribution de nombreux sponsors. Enfin, cette manifestation, qui prend désormais de l’allure, devient un espace où les jeunes viennent confirmer et jauger leurs talents à l’aune des expressions de leurs pairs dans une ambiance de créativité unique.

Page réalisée par Névine Lameï

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Au Palais des arts, jusqu’au 24 mars, de 10h à 14h et de 17h à 22h (sauf le vendredi).

Terrain de l’Opéra, Guézira.

Tél. : 2736 7628

 

 




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