Al-Ahram Hebdo, Arts |Halim Habachi,  Une rébellion douce, mais tenace
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 6 au 12 février 2008, numéro 700

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Arts

Peinture. Halim Habachi, qui est pour l’authenticité et la liberté, rejette aussi toute commercialisation de l’art. Il refuse depuis quelques années d’exposer. Parcours. 

Une rébellion douce, mais tenace 

Difficile d’être indifférent à Halim Habachi. Son rituel ordinaire si doux, son sourire fait de générosité, mais aussi d’une connaissance parfois ironique mais toujours bienveillante de la nature humaine captive de prime abord. Faut-il toujours trouver l’homme dans l’œuvre ou vice versa ? De toute façon, chez lui, les toiles que l’on pourrait qualifier de surréalistes donnent cette même impression d’un regard sur les êtres humains et les choses, qui va au-delà de l’apparence pour sillonner les rêves et l’imaginaire : ce qu’il y a au-delà de la perception primaire. De quoi s’étonner de tant de mystères dans la situation la plus familière. Il raconte lui-même comment il a peint ce tableau d’une femme au regard pensif et pénétrant, fumant une cigarette et portant une poupée. Il l’a croisée dans la rue au moment où il sortait de chez lui. De loin, il a pris la poupée pour un bébé. Une fois s’étant rendu compte de la vérité, il revint chez lui pour peindre et refléter cette étrange nature féminine.

Créateur, il l’a toujours été, mais on pourrait quand même distinguer deux phases dans sa vie. Né en 1930 et ayant obtenu son diplôme de la faculté des beaux-arts en 1953, il se consacre à l’enseignement dans les écoles. Mais il ne fut pas un simple professeur de dessin. Il s’est donné pour mission de cultiver dans l’esprit de ses élèves la sensibilité artistique et l’imagination : l’amour de l’art et de la musique classique. De quoi en faire des gens cultivés, « l’honnête homme » comme on le disait au XVIIe siècle en France. Une vocation pour laquelle il s’est donné pendant une trentaine d’années jusqu’au moment où il ressentit qu’il avait autre chose à donner. C’est en 1982 donc qu’il commence à participer à des expositions. Il connut la notoriété internationale avec une première exposition à Stockholm. C’est aux Etats-Unis qu’il a fait sa dernière expo et un de ses tableaux, un portrait qu’il a fait de son fils, a figuré en 1995 sur la couverture du Newsweek.

Il raconte tout cela avec beaucoup de simplicité. Son style, il le qualifie de « métaphysique », les critiques, eux, préfèrent le situer sous la bannière du surréalisme. Mais Habachi n’aime pas les classifications, ni les formes figées. C’est justement sa liberté d’artiste. « Je n’appartiens à aucune école, je peins inspiré par ma culture et mon imagination ». S’il faut le rapprocher de quelqu’un, c’est Abdel-Hadi Al-Gazzar, en Egypte. René Magritt et Giorgio de Chirico sont parmi les peintres mondiaux avec lesquels il a des affinités. Tout en ayant une maîtrise totale, il rejette le tout technique. La créativité passe avant.

C’est sans doute ce parti pris d’originalité, d’authenticité et de défense de l’art comme valeur qui fait qu’il a abandonné les galeries depuis quelques années. Sa dernière exposition, à la Galerie Picasso, date de 2004. Pour lui, il faut éviter les compromissions et les luttes sourdes des salles d’exposition gouvernementales et cette tendance très kitsch et très commerciale des salles privées. « Lors d’une exposition, je vis entrer une dame très BCBG, elle n’a même pas regardé les tableaux. Elle s’est dirigée directement au directeur de la galerie pour qu’il lui choisisse un tableau qui conviendrait à son salon », se souvient Habachi. L’art est devenu commercial. Il fait office de décor. Le public cultivé est rare et certains peintres acceptent les concessions. Et ce sont les œuvres traditionnelles qui font recette. « Un artiste original doit obéir à ses propres vues sans penser à l’acquisition ». Cela ne veut pas dire que Habachi a décidé de se retirer. La technologie moderne, il l’utilise. Un film vidéo présente ses œuvres. Ceux qui apprécieront achèteront par la suite. Cela fait partie de ses convictions et de son mode d’existence.

Ahmed Loutfi

Retour au sommaire

 

Erratum 

Une erreur s’est glissée dans notre article « Menu copieux à l’Opéra du Caire » datant du 10 octobre dernier concernant le concert du samedi 2 février où la flûtiste Verena Mehmetagaj est présentée comme russe alors qu’en réalité elle est kosovare.

 

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.