Al-Ahram Hebdo, Evénement | Gaza saigne
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 Semaine du 31 décembre 2008 au 6 janvier 2009, numéro 747

 

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Evénement

Palestine. Israël lance depuis samedi une série de raids aériens meurtriers contre le Hamas à Gaza. L’opération surnommée « plomb durci » constitue une attaque d’une ampleur sans précédent dans un territoire palestinien.

Gaza saigne

A quelques jours de la nouvelle année, la bande de Gaza a vécu les journées les plus meurtrières en soixante années de conflit au Proche-Orient. Plus de 270 Palestiniens ont été tués et 700 ont été blessés dans le premier jour des bombardements aériens massifs menés sur la bande de Gaza par l’armée israélienne. Et en quatre jours, le nombre a atteint 360 morts et 1 690 blessés. Un bilan lourd et voici que la communauté internationale ferme toujours les yeux. Rien que des appels pour un cessez-le-feu immédiat, des condamnations, des réunions d’urgence, mais pas de mesures concrètes contre Israël pour l’obliger à arrêter ses bombardements.

D’urgence ... mais bien quatre jours après l’offensive israélienne, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se réunissaient hier mardi à Paris pour se concerter sur les efforts de règlement de ce conflit vu comme opposant Israël au Hamas, un point c’est tout. « Les ministres évoqueront la contribution de l’Union européenne au règlement de la crise actuelle, en liaison avec les efforts de la communauté internationale, notamment ceux du secrétaire général des Nations-Unies », a précisé le Quai d’Orsay dans un communiqué. Et la France a réaffirmé que la priorité devait être un retour à la trêve entre Israël et le Hamas. « Notre priorité immédiate est l’arrêt des violences et le retour à la trêve. C’est la demande exprimée par la présidence du Conseil de l’Union européenne dès la fin de la trêve et par le Conseil de sécurité des Nations-Unies samedi dernier », a précisé le porte-parole. Réuni aussi en urgence, le Conseil de sécurité des Nations-Unies a appelé dimanche à l’arrêt immédiat des violences dans la bande de Gaza. Mais les appels sont restés lettre morte. Pourtant, la déclaration du Conseil de sécurité n’est pas contraignante et Israël poursuit son offensive.

De plus, les autorités américaines ont jeté la responsabilité de ces raids sur les victimes, en accusant le Hamas d’être la principale cause de ces raids. « Si le Hamas arrêtait de lancer des roquettes sur Israël, celui-ci n’aurait pas besoin de mener des frappes à Gaza. Ce que nous voulons voir, c’est que le Hamas cesse de tirer des roquettes sur Israël », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

C’est adopter le point de vue d’Israël qui s’est dit devoir agir pour se défendre et faire cesser les tirs de roquettes et d’obus de mortier contre son territoire. Et un porte-parole militaire israélienne, Avital Leibovitz, a affirmé que les forces terrestres israéliennes sont prêtes à agir contre le Hamas à Gaza sans donner d’indication sur le moment choisi pour une telle action. Une annonce exprimée par plusieurs responsables israéliens. Le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, a souligné : « Nous sommes prêts à un conflit prolongé et à des semaines de combat ».

Quant à Ehud Barak, ministre de la Défense, il a insisté que « si les tirs criminels contre Israël et ses citoyens ne cessent pas totalement, Israël aura recours à tous les moyens et tous les types d’actions légaux dont il dispose pour faire en sorte que l’ennemi mette un terme à ses agressions illégales ». Plus tôt, Barak avait déclaré au Parlement que les Israéliens étaient « engagés dans une guerre sans merci contre le Hamas et ses alliés. Notre offensive a pour objectif d’améliorer la situation sécuritaire à long terme de la région bordant la bande de Gaza ».

Le numéro 2 du gouvernement, le vice-premier ministre Haïm Ramon, est allé plus loin en annonçant que « le but de l’opération est de faire tomber le régime du mouvement islamiste, et qu’après l’opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas debout à Gaza ».

 

Réactions palestiniennes

En riposte à ces bombardements, le président palestinien Mahmoud Abbass a qualifié l’offensive israélienne « d’agression lâche et dénoncé les massacres dans la bande de Gaza. La Palestine n’a jamais vu de massacre plus hideux » a-t-il déclaré. Le chef de l’équipe palestinienne de négociations avec Israël, l’ancien premier ministre Ahmad Qorei, a annoncé la suspension de ces pourparlers, qui piétinent d’ailleurs depuis un an.

Quant au Hamas, il a rejeté la proposition du président palestinien Mahmoud Abbass qui entendait « procéder à des consultations avec tous les partis palestiniens, y compris le Hamas », sur l’opération israélienne. Et tous les chefs du Hamas ont exprimé des avis semblables. En effet, leurs annonces expriment que le Hamas campe toujours sur ses positions et qu’il ne changera pas sa politique. A cet égard, Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a exhorté dimanche l’ensemble des factions armées palestiniennes à résister à l’offensive israélienne par « tous les moyens disponibles, y compris les opérations suicide ».

Quant au chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, il a répliqué que les attaques israéliennes ne feraient pas plier son mouvement. Le Hamas a appelé sa branche armée, les brigades Ezzeddine Al-Qassam, à « mettre tous les moyens en œuvre pour empêcher les sionistes de dormir ». Son chef politique, en exil, Khaled Mechaal, a appelé à déclencher une nouvelle Intifada contre Israël et a évoqué une reprise des attentats suicide. « Nous appelons à une Intifada contre l’ennemi (Israël, ndlr). La résistance va se poursuivre par des opérations suicide », a déclaré Khaled Mechaal, qui vit à Damas. Il a insisté que les brigades Ezzeddine Al-Qassam (le bras armé du Hamas) connaissent leurs obligations, en ripostant à l’agression. « Les habitants de Gaza ont opté pour la résistance ».

Appelant au secours, le Hamas a invité les pays arabes à rompre leurs liens avec Israël s’ils en avaient et à œuvrer ensemble pour mettre un terme au blocus de la bande de Gaza. Quant aux Arabes, tous les pays ont condamné ces bombardements. Et les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réuniront ce mercredi au Caire. Un autre sommet au niveau des chefs d’Etat aura lieu le vendredi 2 janvier à Doha.

Mais, les analystes estiment que l’issue de cette question est entre les mains du Hamas et non pas des pays arabes. Emad Gad, politologue au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, a expliqué : « Il est temps que les factions palestiniennes s’unissent pour lutter contre l’Etat israélien. Ils (les chefs et les leaders palestiniens) doivent comprendre que le premier vainqueur de leurs différends c’est Tel-Aviv ». Un avis partagé par plusieurs analystes. En effet, Israël considère la bande de Gaza comme « une entité terroriste » et lui impose un blocus depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en juin 2007. « Et malgré ce blocus, les Palestiniens résistent toujours. Les dirigeants israéliens étaient pressés d’agir par une opinion publique excédée par les tirs de roquettes, surtout avec l’approche des élections législatives anticipées du 10 février. L’Egypte a averti, plusieurs fois, qu’Israël mettrait ses menaces en exécution surtout après l’expiration de la trêve avec le Hamas. Et ce dernier refuse de renouveler la trêve », ajoute Emad Gad.

Par ailleurs, Mechaal a affirmé qu’il est « prêt à la réconciliation ». Mais il a demandé au préalable l’arrêt des négociations de paix entre l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbass et Israël. « Ni les roquettes (lancées par le Hamas contre Israël), ni les opérations suicide ne sont absurdes. Mais les négociations le sont », a-t-il martelé. « Ces négociations ne servent qu’à gaspiller du temps et à améliorer l’image de l’ennemi dans le monde. Il faut arrêter immédiatement les négociations ainsi que la coopération sécuritaire avec l’ennemi », a-t-il avancé.

Maha Salem

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