Al-Ahram Hebdo, Opinion | Mohamed Salmawy ; La grandeur de l’Egypte dans une exposition sur Bonaparte
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Opinion

La grandeur de l’Egypte
dans une exposition sur Bonaparte

Mohamed Salmawy 

L’animateur de la BBC m’a appelé de Londres pour un entretien téléphonique à propos de l’exposition de Bonaparte « Bonaparte et l’Egypte : feu et lumières », inaugurée à Paris, à la mi-octobre dernier par le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni. C’était au sujet des articles qui dénonçaient l’exposition. Il voulait me demander quelles autres critiques je pouvais ajouter à celles qui ont été déjà faites.  

Je répliquai : Mais qui vous a parlé de critiques que je pouvais apporter ?

Il répondit : Il semble qu’il y a eu un rejet unanime de cette exposition.

J’ajoutais : Ce n’est pas vrai. Vous n’avez pas étudié minutieusement le sujet avant de l’attaquer. Si vous l’aviez fait, vous auriez compris que les articles qui ont abordé cette exposition se sont divisés en deux catégories. La première est celle qui a attaqué l’exposition sans la voir ni connaître son idée motrice et sans rien savoir sur les pièces qui y étaient exposées. La seconde est celle qui réunit les avis de ceux qui ont effectivement visité l’exposition et qui en ont fait un éloge unanime.

— Mais l’idée même de tenir une exposition sur Bonaparte est-elle à approuver ?, m’a-t-il demandé.

J’ai répondu : Qui vous a dit que c’est là le thème principal de l’exposition. Ceux qui ont visité l’exposition et qui ont écrit à son propos dans la presse, dans les journaux nationaux, ceux des partis ou indépendants l’ont qualifiée de magnifique. L’un d’entre eux a dit que c’était une exposition sur l’Egypte et sa civilisation à l’heure de l’Expédition de Bonaparte qui n’a duré que trois ans. Un autre a souligné la fierté qu’il a ressentie en admirant la grandeur de l’Egypte. L’exposition a démontré combien les conquérants français ont été admiratifs pour ce qu’ils avaient vu en Egypte. Une troisième personne a déclaré que l’exposition l’avait envahie d’une certaine tristesse pour ce qui est advenu en Egypte, en comparant son état actuel à ce qu’elle était à l’époque de Bonaparte.

En réalité, la plupart des pièces égyptiennes de l’exposition illustrent les différentes facettes de la vie en Egypte durant la période représentée par l’exposition. Cela concerne les documents passant en revue le patrimoine du pays, autant que les différents métiers et les industries qui étaient très avancés à cette époque en plus de certaines photos des dirigeants de l’Egypte et des hauts responsables au moment de l’Expédition de Bonaparte et même après, à l’exemple de Mohamad Ali, Ibrahim pacha et autres. Ceci sans oublier le patrimoine de l’Egypte ancienne qui a ébloui les Français, qu’ils soient savants ou soldats. D’ailleurs, on retrouve de nombreux modèles et traces dans cette exposition. Citons à titre d’exemple une main géante d’une des statues de Ramsès occupant l’espace d’une table et qui a attiré l’attention des visiteurs éblouis.

Quant aux pièces françaises de l’exposition, elles étaient moins nombreuses par rapport aux pièces égyptiennes. Elles ont été choisies pour démontrer l’égyptomanie des Français, ce qui les prenait face à la grandeur de ce qu’ils ont découvert dans ce pays qu’ils ont envahi. Evoquons à ce propos, les tableaux célèbres dessinés avec le pinceau des grands artistes français représentant différentes scènes égyptiennes. Ces tableaux ont permis la naissance d’une nouvelle école dans les arts plastiques européens, qui était connue sous le nom des Orientalistes. Parmi ces tableaux, il y avait celui du grand artiste Jean-Léon Gérôme illustrant Bonaparte à cheval devant le Sphinx, et également le tableau de Nicolas Conté, inventeur du crayon et responsable de la publication du célèbre livre La Description de l’Egypte. Dans le premier tableau de peinture à huile, Bonaparte paraît extrêmement petit devant la taille gigantesque du sphnix et sa grandeur. Alors que le sphinx regarde le commandant français du haut de son omniprésence. Dans le second tableau, il s’agit d’une aquarelle où Conté illustre un nombre de soldats français devant les pyramides et le sphinx, comme de petits insectes dont il est difficile de cerner les aspects.

L’animateur a alors remarqué : Etait-il nécessaire au cas où l’exposition aurait pour thème la grandeur de l’Egypte, de la lier à l’Expédition militaire de Bonaparte ?

J’ai rétorqué : Oui, parce que l’Expédition de Bonaparte a été le commencement qui a permis au monde de découvrir la civilisation ancienne de l’Egypte et sa grandeur. Les monuments étaient, il est vrai, présents avant cette date, mais ce sont les savants de l’expédition qui ont déchiffré leurs mystères. Leur arrivée en Egypte leur a permis de rentrer en contact avec la civilisation arabe contemporaine à cette époque. Ils ont été éblouis par cette découverte comme ils l’avaient été par la civilisation ancienne.

Cependant, à mon avis, l’importance de cette exposition réside dans la déclaration de Robert Solé, écrivain français, après avoir fait un tour dans cette exposition : « C’est une exposition dont le sujet est l’Egypte et non pas Bonaparte ».

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