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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Le Parti National Démocrate. Le PND veut réfuter l’idée d’un parti des hommes d’affaires, et propose un projet pour éradiquer la pauvreté.

Difficulté reconnue

Jusque-là, le mot « pauvre » était banni du lexique du PND. Mais un changement de discours intervient pour cette conférence du parti au pouvoir. Une réorientation politique sans pourtant renier les prédilections libérales. Ainsi, au deuxième jour de la conférence, une séance animée par le président du comité des politiques, Gamal Moubarak, a été consacrée à la justice sociale. Thème que le parti a pris à son compte cette année. Tout passe par la reconnaissance du droit de tout citoyen à l’éducation, à la santé, à un logement décent... entre autres droits de base, tout le monde est d’accord. Mais le PND dit chercher à cibler et à hiérarchiser ses priorités. D’où le recensement de la population effectué en 2006 et précisant l’effectif et les conditions de chaque famille, et c’est ce recensement détaillé qui servira de guide pour identifier les plus pauvres. Une démarche épaulée par le rapport du Pnud déterminant les 1 000 villages les plus pauvres. Il s’agit d’entreprendre un développement global de l’infrastructure et des services dans ces zones. 3,7 milliards de livres ont été assurées pour ce projet, qui s’étale sur 3 ans. Deux villages en Haute-Egypte ont déjà vécu cette expérience. Pour cette année, 150 villages seront ciblés. L’indice de la pauvreté diffère de celui utilisé par les instances internationales, qui se basent uniquement sur le revenu. Le PND se base, lui, sur le niveau de vie en général et la capacité de subvenir aux besoins fondamentaux. Selon cet indice complexe, le taux de pauvreté en Egypte est situé non plus autour des 50 % mais de près de 20 % de la population.

Parallèlement, une autre approche permettra au PND de venir en aide aux « familles les plus en besoin ». Ces familles ont été clairement identifiées dans 9 gouvernorats, grâce à une base de données qui devra se compléter le 30 juin 2009. C’est le PND qui se chargera de définir leurs problèmes et de leur proposer des solutions. En vertu d’une « carte intelligente », l’obtention des denrées subventionnées sera incluse dans un éventail de services plus larges, dont l’assurance médicale, épargnant ainsi à ces familles le risque de se perdre dans les bureaux des diverses administrations. Ainsi, le PND veut laisser entendre que la subvention ne risque pas de diminuer. et que l’ombrelle de la sécurité sociale couvrira de plus en plus de familles durant les prochaines années. Une autopsie qui se cogne à la politique économique adoptée par le parti. Cela dit, le PND n’a montré aucune intention de se distancer de son choix libéral. Bien au contraire, Gamal Moubarak a déclaré « haut et fort le soutien au secteur privé, qui a créé 90 % des emplois durant ces dernières années ». Le système capitaliste retrouvera sa vigueur après cette crise actuelle, a encore rassuré le ministre des Finances Youssef Boutros-Ghali. La contradiction n’a pas lieu selon ces responsables. La lutte contre la pauvreté est financée en grande partie par les investissements, et pour en attirer davantage, il faut adopter l’économie du marché. Ainsi, parle le PND.

Chérif Albert.

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Le congrès du PND
 vu par l’opposition

« Les politiques du PND restent les mêmes. La seule nouveauté est la reformulation de la vision économique, basée sur les politiques d’adaptation structurelle, de privatisation et l’économie du marché. Même ces politiques étaient déjà adoptées par le PND. L’autre aspect d’évolution du PND concerne sa structure interne. On remarque aussi que son rythme d’activité politique est constant. Mais en tant que parti au pouvoir, il s’est avéré incapable de résoudre les problèmes de la société égyptienne, malgré un discours qui fait état d’une nouvelle pensée ».

Mounir Fakhri Abdel-Nour,
secrétaire général  du parti du néo-Wafd.

« On confond toujours le PND et l’Etat, parce que sur le fond, la séparation n’est pas imminente. Ceci s’applique à tous les domaines, y compris financier. Nous avons du mal à faire la démarcation entre l’argent de l’Etat et celui du parti. Le problème ultime du PND, c’est qu’il lance le slogan des réformes sans aucune réforme. Il a ouvert la porte aux hommes d’affaires pour accumuler des richesses, en laissant se détériorer les conditions de vie des Egyptiens. Cette année, le PND a choisi comme slogan : Nouvelle pensée pour l’avenir de notre pays, mais il n’existe pas d’avenir avec ses politiques ».

Aboul-Ela Madi,
 Président du parti non autorisé Al-Wassat.

« Les réunions du PND ainsi que ses slogans ne sont qu’une sorte de divertissement, sur le fond, rien n’est sérieux. La seule issue pour le développement de ce pays est la disparition de ce parti, ses membres, et sa doctrine. Tant qu’il est présent, il n’y aura aucun espoir. Le PND n’est pas perçu dans la rue égyptienne, puisqu’il ne surgit qu’à des occasions bien précises. En ce moment, il tente de faire propager l’idée de la succession du fils du président. Dans tous les cas, du 8 au 10 novembre, quelques figures politiques se réuniront pour examiner les raisons et les aspects de détérioration, née des politiques du PND et causée par ce parti et proposer des solutions réelles ».

Georges Ishaq,
ancien coordinateur du mouvement Kéfaya.

« Le PND est en faille de vision réelle concernant les problèmes de l’Egypte ou leurs solutions. Il répète toujours le même discours, alors que le système est en ruine, avec des problèmes qui frappent les différents secteurs, y compris les secteurs éducatif et de santé. Ce que le parti au pouvoir a lancé n’est pas un capitalisme réglementé, mais un capitalisme anarchique sans surveillance ni transparence ».

Abdallah Al-Sénnawi,
membre du Parti arabe nassérien.

« Le PND maintient le monopole du pouvoir et des richesses. Toutes ses déclarations et slogans ne servent à rien tant que le citoyen ne sent pas de changement touchant à sa vie. Il est incapable de garantir des élections libres, même celles de l’Union estudiantine. Que peut-on donc attendre d’un système pareil ? ! Sous le régime de ce parti, les Egyptiens ont perdu leur argent trois fois. D’abord, avec les sociétés de placement de fonds, puis avec les hommes d’affaires qui ont fui l’Egypte avec leurs crédits bancaires et plus récemment dans la chute de la Bourse ».

Essam Al-Eriane,
cadre des Frères musulmans.

« Le problème, c’est que le PND lance des slogans sans être sérieux lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre. C’est simplement de la propagande. Les hommes d’affaires occupent des postes-clés au parti et ce sont eux qui mettent ses politiques. Dans un tel contexte, il serait difficile à ses membres de parler de justice sociale. Je crois que c’est un slogan lancé par Gamal Moubarak pour gagner une popularité perdue. Pire encore, ce que le parti au pouvoir propose n’est pas une politique de justice sociale mais de la pure charité. Dans un contexte de corruption et d’oppression, la justice sociale ne peut avoir lieu. La pauvreté et la corruption sont les deux faces d’une seule pièce ».

Hamdine Sabbahi,
Président du parti non autorisé Al-Karama.

Recueillis par Mavie Maher

 




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