Al-Ahram Hebdo, Evénement | « Je suis considéré comme un dirigeant de poids »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Evénement

Le Parti National Démocrate. Azzam Abdel-Wahab, responsable du PND en province, assiste pour la deuxième année à la conférence du parti. Portrait d’un militant de l’arrière-garde.

« Je suis considéré comme un dirigeant de poids »

Demi-dieu dans son bled, Abdel-Wahab passe inaperçu lors de cette kermesse, qui regroupe les grandes figures du PND, pourtant il a réussi à quadrupler le nombre d’adhésions au parti à Qous, dans le gouvernorat de Qéna. Rien que l’année dernière, les membres dans cette circonscription qui compte 25 villages, sont passés de 2 460 à 8 740. Agé de 42 ans, il a adhéré au parti il y a deux ans. « Mes responsabilités consistent à recevoir les directives des supérieurs et les appliquer. Nous devons aussi aller vers les gens et les écouter ». Les dernières « directives » qu’il a reçues portaient sur des problèmes de nourriture. Le parti a mis à sa disposition des provisions alimentaires, de l’huile, du sucre, et de la farine pour les vendre à des prix réduits aux habitants. Les bureaux du parti servaient de centre de vente. « On vendait le sucre à 2,25 L.E. le kilo alors qu’au marché, il coûtait 3,5 L.E ». Abdel-Wahab a commencé à s’intéresser à la vie politique lorsqu’il était étudiant à l’université. Le PND n’attirait particulièrement pas son attention « mais récemment, j’ai constaté l’évolution de ce parti et je me suis senti proche de sa nouvelle pensée ». Abdel-Wahab n’est pas un nanti mais il n’a pas hésité à se déplacer vers la capitale pour prendre part à la conférence de son parti. Il est pris entièrement en charge par la formation du président. « C’est le parti qui m’a payé le ticket du train climatisé et je suis logé, comme beaucoup de mes collègues, à Dar Al-Mochah (un hôtel militaire) ». Au Palais des congrès, où se déroule la réunion, il est muni, comme tous les autres, de coupons pour l’eau, les boissons et le repas.

Participer à ce genre de manifestations pourrait être bénéfique pour ce troisième rang de responsables. « Cela permet d’obtenir les informations nécessaires pour pouvoir parler aux gens du village. Je fais la connaissance de mes collègues dans les autres villes et villages, on discute de certains problèmes. Nous essayons aussi de faire parvenir nos idées aux supérieurs qui peuvent prendre connaissance de nos idées et éventuellement décider de nous accorder plus de responsabilités ». Mais Abdel-Wahab est venu cette année muni d’une demande: Assurer une indépendance financière aux bureaux locaux du PND, « parce qu’actuellement nous comptons sur les échelons supérieurs, ainsi que sur les donations de quelques habitants riches ».

Son ambition ? Trouver une solution aux problèmes dont se plaignent les habitants de sa localité, notamment celui du chômage qui « touche plus de 50 % des jeunes chez nous ». « En écoutant le discours du président, j’ai senti qu’il faisait l’écho de ce qui me préoccupe, j’espère qu’il fera pression pour mettre en œuvre tous ces projets ». Il se plaint du fait que le parti permet à ses députés du Parlement de monopoliser la  « distribution » des offres d’emplois dans la fonction publique, alors que les responsables locaux sont privés d’un tel pouvoir. D’après lui, le secrétariat général du parti met annuellement à la disposition de chaque député 5 emplois dans chaque circonscription. « Si seulement, on me donne un emploi à offrir tous les mois à un jeune, cela donnera au PND un immense attrait auprès des habitants des villages. Mais là, rien ne me permet de rivaliser avec les Frères musulmans qui, eux, ont leurs propres sources de financement ». Le responsable ambitieux se définit comme un bénévole. Il affirme ne toucher aucun salaire du parti et compte plutôt sur son métier d’avocat mais il reconnaît avoir profité de son appartenance au PND. « Je suis considéré comme un dirigeant, dont la présence a un poids et une signification, que ce soit au commissariat de police, aux administrations publiques ou auprès des gens ». Ceci outre la facilité avec laquelle il peut mener toute démarche administrative, pour renouveler un permis de conduire ou payer une facture, il met également son pouvoir au service des simples citoyens qui se font arrêter injustement lors de rafles policières. « Chez nous, les policiers peuvent débarquer dans un café et rassembler une centaine de personnes ». Les plus chanceux attendent un coup de fil d’un responsable comme lui, pour pouvoir dormir chez eux. Est-ce que c’est son épanouissement personnel qui explique l’optimisme affiché d’Abdel-Wahab ? « Notre société a tendance à favoriser le pessimisme. Dans mon agglomération, l’achat des bijoux, des voitures et des terrains agricoles est répandu, il y a aussi un boom de l’immobilier, mais cela est accompagné d’un taux de chômage grandissant, une baisse de la qualité des services et de l’infrastructure. Je ne sais vraiment pas si on progresse ou on fait marche arrière ? ».

Chérif Albert

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