Le Parti National Démocrate. Le PND veut réfuter l’idée d’un parti des hommes d’affaires, et propose un projet pour éradiquer la pauvreté.

 

Difficulté reconnue

 

Jusque-là, le mot « pauvre » était banni du lexique du PND. Mais un changement de discours intervient pour cette conférence du parti au pouvoir. Une réorientation politique sans pourtant renier les prédilections libérales. Ainsi, au deuxième jour de la conférence, une séance animée par le président du comité des politiques, Gamal Moubarak, a été consacrée à la justice sociale. Thème que le parti a pris à son compte cette année. Tout passe par la reconnaissance du droit de tout citoyen à l’éducation, à la santé, à un logement décent... entre autres droits de base, tout le monde est d’accord. Mais le PND dit chercher à cibler et à hiérarchiser ses priorités. D’où le recensement de la population effectué en 2006 et précisant l’effectif et les conditions de chaque famille, et c’est ce recensement détaillé qui servira de guide pour identifier les plus pauvres. Une démarche épaulée par le rapport du Pnud déterminant les 1 000 villages les plus pauvres. Il s’agit d’entreprendre un développement global de l’infrastructure et des services dans ces zones. 3,7 milliards de livres ont été assurées pour ce projet, qui s’étale sur 3 ans. Deux villages en Haute-Egypte ont déjà vécu cette expérience. Pour cette année, 150 villages seront ciblés. L’indice de la pauvreté diffère de celui utilisé par les instances internationales, qui se basent uniquement sur le revenu. Le PND se base, lui, sur le niveau de vie en général et la capacité de subvenir aux besoins fondamentaux. Selon cet indice complexe, le taux de pauvreté en Egypte est situé non plus autour des 50 % mais de près de 20 % de la population.

Parallèlement, une autre approche permettra au PND de venir en aide aux « familles les plus en besoin ». Ces familles ont été clairement identifiées dans 9 gouvernorats, grâce à une base de données qui devra se compléter le 30 juin 2009. C’est le PND qui se chargera de définir leurs problèmes et de leur proposer des solutions. En vertu d’une « carte intelligente », l’obtention des denrées subventionnées sera incluse dans un éventail de services plus larges, dont l’assurance médicale, épargnant ainsi à ces familles le risque de se perdre dans les bureaux des diverses administrations. Ainsi, le PND veut laisser entendre que la subvention ne risque pas de diminuer. et que l’ombrelle de la sécurité sociale couvrira de plus en plus de familles durant les prochaines années. Une autopsie qui se cogne à la politique économique adoptée par le parti. Cela dit, le PND n’a montré aucune intention de se distancer de son choix libéral. Bien au contraire, Gamal Moubarak a déclaré « haut et fort le soutien au secteur privé, qui a créé 90 % des emplois durant ces dernières années ». Le système capitaliste retrouvera sa vigueur après cette crise actuelle, a encore rassuré le ministre des Finances Youssef Boutros-Ghali. La contradiction n’a pas lieu selon ces responsables. La lutte contre la pauvreté est financée en grande partie par les investissements, et pour en attirer davantage, il faut adopter l’économie du marché. Ainsi, parle le PND.

Chérif Albert.