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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Egypte

Avocats. Leurs élections prévues le 14 novembre ne seront pas tenues, suite à une décision du comité judiciaire ad hoc. Ils craignent un premier pas sur le chemin de la tutelle judiciaire.

Un syndicat dans l’impasse

Le torchon brûle à l’Ordre des avocats, à la suite de la décision du comité judiciaire dirigeant actuellement le syndicat d’arrêter la tenue des élections, censées avoir lieu le 14 novembre prochain. Les avocats ont commencé un sit-in jusqu’à l’appel à de nouvelles élections. Conférences, réunions et consultations sont tenues par les candidats de toutes tendances qui n’ont pas manqué de rejeter la responsabilité l’un sur l’autre et de se lancer des accusations réciproques. Mais le souci commun reste de sauver l’Ordre des avocats de tomber sous la tutelle judiciaire. La Cour d’assises, présidée par le conseiller Adel Andraos, président du comité actuellement à la tête de l’Ordre des avocats, avait approuvé le verdict de la Cour administrative suspendant la tenue des élections en arguant du fait qu’il se reporte là à l’aspect d’urgence jusqu’à ce que le fond même du procès soit tranché. L’affaire remonte à quelques mois lorsque le comité judiciaire, qui gère l’Ordre des avocats, a appelé à procéder à des élections conformément à la nouvelle loi sur la profession qui lui attribue le droit d’appeler à la tenue des élections et de les surveiller. Des prérogatives que certains avocats ont jugées illégales vu que la loi 100 sur les syndicats professionnels stipule que c’est la Cour du sud du Caire qui est responsable de telles procédures. Des recours ont été donc présentés à la Cour administrative, qui a décidé d’arrêter les élections jusqu’à l’étude du problème.

Le report des élections de l’Ordre des avocats a été accueilli par beaucoup de colère et d’angoisse de la part des avocats tant et si bien que certains parlent d’un complot étatique visant à le dominer, alors que d’autres estiment qu’il s’agit d’une transaction entre le bâtonnier, Sameh Achour, et l’Etat. Mais dans tous les cas, plusieurs scénarios sont prévus en ce qui concerne le sort du syndicat. Sameh Achour, bâtonnier nassérien, a tenu une conférence de presse pour dénoncer la suspension des élections et mobiliser l’ensemble des avocats en vue d’y faire face. Côté Frères musulmans, une autre conférence de presse a été tenue dans le même but. Mais ceux-ci ont accusé Achour de complicité avec l’Etat et d’être derrière cette décision. Quant à Ragaï Attiya, principal concurrent de Achour pour le siège du bâtonnier, il refuse la titularisation de Achour qui a occupé le siège de bâtonnier pour 3 ans sans légitimité et affirme qu’il est le seul bénéficiaire du report des élections.

Pour sa part, Sameh Achour a critiqué la décision d’arrêt des élections, accusant le gouvernement et la confrérie des Frères musulmans de vouloir mener le syndicat au tunnel de la tutelle judiciaire. « L’indépendance de l’Ordre des avocats représente une ligne rouge à ne pas franchir. On ne permettra pas à quiconque, que ce soit l’Etat, les Frères musulmans, la justice ou n’importe quel autre courant politique d’y toucher ou de conduire le syndicat à la tutelle judiciaire. Si la date des élections ne sera pas fixée, le comité judiciaire doit quitter le syndicat. Il est inadmissible qu’il reste occupé par la justice », déclare Achour. Il a accusé le comité judiciaire, désigné pour diriger le syndicat, de complicité avec l’Etat pour arrêter les élections et geler ses activités. Une réunion avec les chefs des comités syndicaux aux gouvernorats s’est tenue cette semaine pour étudier les procédures aptes à sauver l’Ordre des avocats.

Pour les observateurs, la balle est actuellement dans le camp du gouvernement, qui doit intervenir immédiatement pour éviter la colère et la révolte des avocats déterminés à mener la bataille jusqu’au bout. Khaled Abou-Kreicha, candidat appartenant au front des nationalistes, explique : « Il est difficile de maintenir les bonnes intentions à l’égard de l’Etat dans ces conditions curieuses. L’instance concernée (la Cour du sud du Caire) garde le silence alors que l’instance non concernée (le comité judiciaire) arrête les élections et le ministère de la Justice est absent dans tout ceci. Si le but de ce jeu est de garder l’Ordre des avocats sous la tutelle judiciaire, l’Etat doit donc s’attendre à une bataille acharnée avec les avocats qui useront de tous les moyens de pression pour libérer leur syndicat », précise-t-il. Des réactions que Saïd Al-Far, candidat du PND, trouve exagérées, puisqu’il s’agit d’une question de procédures ni plus ni moins. « Le verdict de la Cour administrative ne signifie pas que c’est la Cour du sud du Caire qui est chargée de tenir les élections. Le PND et le gouvernement n’ont aucun intérêt à remettre les élections du syndicat ou de tergiverser sur les procédures. Cela affecterait aussi sans doute les autres conseils d’administration des syndicats des gouvernorats dont la mandature prendra fin en mars prochain. Je pense que dans deux mois l’affaire sera tranchée », affirme Al-Far.

L’activité des propagandes électorales à l’Ordre des avocats a donc disparu quelques semaines après l’ouverture de la porte à la candidature. Aujourd’hui, ce sont l’inquiétude, les soupçons et les prévisions qui y règnent. L’Ordre des avocats se trouve face à plusieurs scénarios. D’abord, les tergiversations du comité judiciaire, ce qui aboutira à d’énormes mutations et à des heurts violents entre l’Etat et les avocats ou la remise des élections jusqu’à la nouvelle session parlementaire, où les amendements de la loi 100 devront être discutés. Le dernier scénario dépend de l’ampleur des pressions exercées par l’assemblée générale, lesquelles obligeraient l’Etat d’intervenir et de pousser la Cour du sud du Caire à appeler à la tenue des élections.

May Al-Maghrabi

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