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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Egypte

Coopération. Marc Lavergne, nouveau directeur du Cedej, expose le programme en direction du monde des affaires qu’il met en place avec l’IRD, autre institution française de recherche en Egypte. Une approche originale qui vise au développement des entreprises françaises comme égyptiennes, grâce aux connaissances pluridisciplinaires accumulées au fil des années par les deux organismes. 

« Notre démarche s’inscrit dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée »

Al-Ahram Hebdo : Le Cedej, organisme de recherche, développe un programme pour les entreprises. Pouvez-vous nous expliquer les raisons d’une telle orientation ?

Marc Lavergne : Le Cedej a une mission qui n’est pas seulement de recherche et de formation de jeunes Français, étrangers ou Egyptiens dans le domaine académique. Il a aussi une mission de coopération pour le développement. Les résultats de nos recherches, qui sont acquis, doivent être mis à la disposition d’un large public, et en particulier à celle des entreprises dont les responsables expatriés ne possèdent pas forcément toutes les informations relatives au milieu dans lequel ils évoluent. L’idée de ce programme est alors de rapprocher en Egypte les chercheurs et les hommes d’affaires, égyptiens et français, qui ne sont peut-être pas conscients de l’intérêt existant à mieux comprendre le système dans lequel ils évoluent au sens le plus concret.

— Mais les chercheurs sont-ils assez en prise avec les réalités pratiques de la vie économique égyptienne ?

— Bien sûr, nous ne sommes pas dans une tour d’ivoire. Notre travail implique des liens étroits avec la société, avec l’économie égyptienne. C’est pourquoi nous voulons aussi développer nos interactions avec les milieux d’affaires français comme égyptiens. L’Egypte est en période de bouleversements économiques et sociaux, et je pense que le Cedej et l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement), avec qui ce programme est développé, apportent la compréhension de ces changements.

— Ce nouveau programme du CEDEJ comble-t-il vraiment un vide ?

— Oui, car nous proposons une compréhension large de l’environnement égyptien, ce que personne d’autre ne fait ici. Il peut s’agir de la conception du travail, de celles de la discipline ou de la hiérarchie. Je constate que certains cadres français ont besoin de comprendre le fonctionnement de l’administration égyptienne et de ses composantes. Plus globalement encore, il existe un intérêt à comprendre la société égyptienne, ses préoccupations d’aujourd’hui. Nous nous inscrivons donc plus dans le long terme, pour cerner, voire anticiper, les problèmes qu’une entreprise peut ou pourra rencontrer. Nous avons cette chance, au Cedej comme à l’IRD, de posséder un vivier d’experts qui peut aider les entreprises à mieux fonctionner.

— Même si vous évoquez l’aspect de la coopération, ne craignez-vous pas que la mission du Cedej se retrouve à long terme dénaturée ?

— Comme je l’ai dit plus haut, l’une des missions du Cedej est de former des jeunes chercheurs, et de produire de la connaissance scientifique. Cette vocation ne peut se comprendre que par son prolongement qui est la diffusion, la valorisation et la vulgarisation. Il en a toujours été ainsi, par le biais des publications, des communications scientifiques destinées au grand public. Ce n’est pas d’hier que les chercheurs sont sollicités par les médias pour éclairer l’actualité, par exemple. Notre projet est de toucher un public nouveau et de répondre à ses besoins spécifiques. Mais cela n’influe en rien sur la mission initiale du Cedej, à mon sens. Cela ne devrait que renforcer la démonstration, si besoin est, de l’utilité sociale d’institutions publiques comme le Cedej.

— Vos prestations seront payantes. N’y a-t-il pas ainsi un risque que le Cedej se retrouve financièrement dépendant des entreprises ?

— Je pourrais vous répondre sur le ton de la plaisanterie que ce serait plus un espoir qu’un risque ! On pourrait certes considérer qu’il y aurait un risque à soumettre les travaux des chercheurs aux préoccupations exclusives des entreprises. Mais même dans ce cas, l’intérêt des entreprises peut coïncider avec une démarche de chercheur en sciences sociales et humaines, en droit, en économie, en sciences politiques … Il est aujourd’hui souhaitable, pour le développement de nos instituts de recherche à l’étranger, que leur financement public soit complété par des partenariats, des mécénats venant du secteur privé. Mais au-delà de l’aspect financier des choses, je crois que cette coopération est bénéfique en ce qu’elle manifeste une meilleure compréhension des intérêts communs, qu’elle peut ouvrir des horizons nouveaux en termes de ressources humaines et de carrière et qu’elle est un facteur de développement économique d’une manière générale.

— Concrètement, que proposez-vous aux entreprises ?

— Les prestations que nous proposons sont en fait très variées. Elles peuvent comprendre des actions de formation ou des services très personnalisés, car certaines questions demandent une véritable expertise dans le domaine juridique comme économique. Il peut également s’agir d’organiser des conférences sur un thème particulier. Toutes ces actions sont organisées de manière à ne pas perturber l’activité professionnelle des responsables d’entreprise, déjà très chargée.

— Diriez-vous que ce programme s’intègre dans le projet de l’Union pour la Méditerranée ?

— Tout à fait, notre démarche peut se comprendre dans le cadre plus large du projet Union pour la Méditerranée, lancé à Paris en juillet dernier. Elle vise en effet à aider les milieux d’affaires des deux côtés à identifier les priorités, les préoccupations et éventuellement les réticences de chacun pour accompagner l’application de ce grand projet. C’est pourquoi nous encourageons vivement les entreprises à prendre contact avec nous et à nous exprimer leurs préoccupations. Il est également possible d’intégrer ces entreprises à nos recherches en cours.

Propos recueillis par Taïmour Hubert 

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Un large intérêt pour le contexte juridique

La particularité de l’IRD est d’être très proche des institutions du pays dans lequel il possède une représentation, un caractère plus marqué qu’au sein du Cedej et qui donc permet aux acteurs égyptiens de bénéficier très largement du programme mis en place avec le Cedej. Pour Nathalie Bernard-Maugiron, la représentante par intérim de l’IRD en Egypte, ce dernier va servir de relais avec les Universités du Caire ou de Aïn-Chams, ou avec des avocats, experts égyptiens, de droit commercial, de droit des affaires, afin d’organiser des sessions de formation sur le nouveau code de commerce ou sur la législation du travail par exemple. Car il existe des Egyptiens du monde des affaires qui n’ont pas forcément la connaissance, l’expérience ou la formation suffisante sur le fonctionnement des institutions de leur pays et qui sont soucieux de combler ces lacunes. Pour autant ce programme n’est en rien une aide juridique puisqu’il n’est pas question pour Mme Bernard-Maugiron de remplacer les cabinets d’avocats. Dans ce programme, l’IRD s’intéresse plus au contexte juridique général sous forme, par exemple, de séminaires d’initiation à l’organisation des pouvoirs, à la vie politique égyptienne, au système judiciaire, ou encore au droit de la famille.

Le CEDEJ

Créé en 1968 par l’Accord franco-égyptien de coopération scientifique et culturelle, le Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales est un institut de recherche pluridisciplinaire basé au Caire et dédié à l’étude de l’Egypte contemporaine et du Moyen-Orient. C’est aussi l’héritier d’une vieille institution, l’Ecole française de droit du Caire (1890) dont il conserve aujourd’hui une partie de la bibliothèque. Il fait partie d’un réseau de 27 instituts de recherche français à l’étranger répartis sur 5 continents, sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères et du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).

 

L’IRD

L’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) est un établissement public français à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Coopération. L’IRD conduit des recherches en partenariat avec des institutions du sud, pour contribuer au développement économique, social et culturel des pays du Sud.

 




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