Al-Ahram Hebdo, Egypte | Des pensionnés qui se rebiffent
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Egypte

Social. Les retraités anticipés se révoltent. Ils réclament l’application d’un verdict de la Cour constitutionnelle stipulant la prise en compte des primes dans le calcul des retraites.

Des pensionnés qui se rebiffent

« Nos droits … Nos droits … Boutros-Ghali a volé nos droits », crient les retraités qui pour la troisième fois cette semaine organisent un sit-in rue Al-Alfi, au centre du Caire, devant le siège de l’Organisme des assurances sociales. Ils revendiquent l’application d’un verdict de la Cour constitutionnelle accordant aux retraités le droit de bénéficier d’une retraite basée sur l’ensemble du salaire et non sur le salaire de base. Les retraités insistent à poursuivre leur sit-in jusqu’à ce que le ministre des Finances, Youssef Boutros-Ghali, accède à leur demande.

L’histoire remonte à 2006/2007 lorsque des centaines de retraités engagent des procès devant la Cour constitutionnelle exigeant que les primes perçues durant leur service soient prises en compte dans le calcul des retraites et non seulement le salaire de base. Début 2008, la Cour leur accorde ce droit. Ils se dirigent alors vers les bureaux de l’Organisme des assurances sociales pour réclamer une application du verdict. Mais ils se heurtent à un refus catégorique. « Nous ne pouvons vous verser ces sommes qu’après une réunion avec le président de l’organisme. Passez dans une semaine », fut la réponse de l’organisme. Face à ce refus, les retraités décident de créer un mouvement pour faire entendre leur voix. Ils s’adressent au président de l’Organisme des assurances sociales mais toutes leurs tentatives échouent. Les retraités décident alors de s’adresser directement au ministère des Finances. C’était au mois d’août dernier. « Là-bas, les responsables nous ont demandé un délai d’un mois pour envoyer le verdict de la Cour constitutionnelle au Conseil d’Etat pour consultation, mais ce délai s’est écoulé et rien n’a été fait. Le ministère nous a trompés », lâche Qotb Fayeq, président du mouvement des retraités. Al-Badri Farghali, ancien député du parti du Rassemblement et solidaire du mouvement, renchérit : « Il s’agit d’un verdict annoncé par l’une des plus grandes cours de l’Etat. C’est illogique de l’envoyer à une autre instance juridique pour consultation. Il est clair que c’est une manœuvre du ministère des Finances pour gagner du temps et jeter l’affaire dans l’oubli ».

Selon lui, les retraités se trouvent dans un dénuement total car mis à la retraite anticipée avant l’âge de 60 ans, les travailleurs reçoivent en guise de compensation un pécule qui varie entre 14 000 et 35 000 L.E., mais leur pension mensuelle après la retraite se réduit au quart de ce que percevait un travailleur retraité à l’âge de 60 ans. « Bien que ces retraités subissent les conséquences sociales négatives de la retraite anticipée, l’Etat refuse de leur accorder l’un de leurs droits les plus simples », ajoute Farghali. C’est ce qu’affirment les retraités : « Cela faisait 15 ans que je travaillais. J’ai été mis à la retraite anticipée par obligation il y a cinq ans. Ma pension de retraite mensuelle est de 350 L.E., alors que je suis responsable d’une famille composée de 4 enfants et je n’arrive pas à trouver un nouvel emploi », assure Abdel-Moëti, un des grévistes. Le gouvernement, lui, demande un délai de six mois pour fournir aux retraités ces sommes dont le montant s’élève à 4 milliards de L.E. « On ne peut pas fournir cette grande somme d’une façon immédiate, surtout que l’Etat s’est engagé à augmenter les pensions de retraite de 10 % annuellement. On étudie la possibilité de fournir ces sommes par étapes », affirme Talaat Ismaïl, président de l’Organisme des assurances sociales. Mais les grévistes, qui en ont assez des promesses du gouvernement, refusent ces arguments et assurent poursuivre le parcours du combattant jusqu’à obtenir gain de cause.

Marianne Youssef

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