Al-Ahram Hebdo, Economie | Un statut difficile régularisé
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Economie

Egypte-Liban. Les travailleurs égyptiens dans le pays du Cèdre sont enfin soulagés : ils sont exemptés de cotisation au fonds de sécurité sociale. Une mesure qui s’appliquera réciproquement aux Libanais en Egypte.

Un statut difficile régularisé

C’est le dimanche 2 novembre. Un jour de congé. Une dizaine de travailleurs égyptiens au Liban sont regroupés devant leur ambassade à Beyrouth. Ils sont en train de lire un texte affiché à l’entrée sur la conclusion d’un accord entre l’Egypte et le Liban, au sujet de leurs permis de travail. C’est au Caire, le vendredi 31 octobre qu’il a été signé par les deux premiers ministres égyptien et libanais, Ahmad Nazif et Fouad Siniora. La nouvelle s’est vite répandue, et aussitôt d’autres travailleurs égyptiens rejoindront la foule.

Un air de soulagement règne. L’accord comprend l’exemption des travailleurs de part et d’autre de leur cotisation à la sécurité sociale. Des frais qui devraient s’élever à 50 dollars par mois. « C’est une somme énorme si l’on prend en considération que le travailleur égyptien obtient en moyenne 300 dollars par mois, dont une partie doit être transférée à sa famille en Egypte », explique Mohamad Chiha, conseiller ouvrier auprès de l’ambassade. Et de raconter que l’ambassade a hébergé deux sit-in ouvriers, qui se sont déclenchés, à partir du 18 octobre dernier, suite à la décision du ministre du Travail libanais Mohamad Feneiche, de mettre en vigueur une loi approuvée depuis 1963. Cette loi stipule que les travailleurs étrangers doivent cotiser aux fonds de sécurité sociale, sinon leurs permis de travail ne seront pas renouvelés.

La loi touche donc une trentaine de milliers d’Egyptiens qui travaillent légalement au Liban. En théorie, la loi stipule que c’est l’employeur (kafil ou garant) qui doit payer cette somme, c’est ce qui explique que Feneiche, en première réaction, ne voulait pas se plier aux demandes des Egyptiens, « puisque la loi ne les concerne pas ». Cependant, en réalité, le kafil est un statut qui offre à l’employeur, qui recrute des travailleurs étrangers, des privilèges qui portent atteinte à leurs droits civiques. C’est pourquoi ce système est condamné par l’Organisation mondiale du travail. Mais ce système très critiqué est toujours appliqué dans plusieurs pays arabes, comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Liban. C’est ainsi que l’employeur libanais a pratiquement le droit de refuser de payer cette somme, faisant risquer à l’employé de voir retirer son autorisation de travail, ce qui l’oblige finalement d’assumer lui-même ces frais.

Feneiche, lors d’une rencontre avec les responsables de l’ambassade égyptienne, avait présenté deux propositions : changer la loi, par le biais du Parlement, ou bien signer un accord entre les deux pays, une formule qui a une puissance plus grande que la loi locale, explique une source égyptienne bien informée, qui a requis l’anonymat.

La seconde proposition sonnait mieux. Le vendredi 31 octobre était la date prévue de la réunion du Haut Comité égypto-libanais au Caire, présidé par les deux premiers ministres. Sur l’agenda figurait une dizaine de demandes libanaises, avec en tête deux accords pour importer du gaz liquide, à partir de l’Egypte, et de l’électricité égyptienne qui sera transmise par le réseau arabe commun. « La coopération entre les deux pays dans le domaine de l’électricité remonte aux années 1990 pendant la période de reconstruction du Liban. L’Egypte a contribué au réaménagement des stations d’électricité libanaises, démolies par la guerre civile », raconte Helmi Echra, conseiller médiatique à l’ambassade. Dernièrement, quand Feneiche était ministre de l’Electricité, l’Egypte a reconstruit plusieurs centrales, suite à l’agression israélienne de 2005, comme cadeau au gouvernement libanais.

Bref, l’Egypte dispose des cartes de pression pas à négliger. La partie égyptienne a réussi ainsi à mettre la question des travailleurs égyptiens comme une priorité sur l’agenda.

D’autant plus que les Libanais qui travaillent en Egypte ne payent pas d’assurances sociales. D’ailleurs, le traitement des travailleurs de part et d’autre n’était pas égal. Par exemple, le président de la banque Audi en Egypte ne paie que 40 dollars par an pour son permis de travail et sa carte de résidence, « alors qu’un ouvrier égyptien au Liban doit payer 2 500 dollars par an pour les deux cartes », explique Mohamad Chiha. Pire encore, les Egyptiens sont les plus concernés par la loi. Puisque cette dernière a exempté la main-d’œuvre étrangère dans le secteur agricole et celle dans les services à domicile. La première est surtout syrienne et la seconde vient des pays asiatiques. Enfin, l’Association des industriels était elle aussi contre la loi, puisque les propriétaires des usines qui emploient des étrangers, seront obligés de s’acquitter de la part de chacun. Ce qui élève en gros les coûts de production, et rend leurs produits moins compétents sur le marché.

Maher Meqled (avec Salma Hussein)

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