Al-Ahram Hebdo, Economie | En temps de crise, les intérêts s’unissent
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Economie

Coopération. La région italienne de Campanie a réuni la semaine dernière ses partenaires du sud de la Méditerranée. L’objectif était de développer les relations commerciales pour faire face aux conséquences de la débâcle financière mondiale.

En temps de crise, les intérêts s’unissent

De notre envoyé spéciale, Naples
Créer un dialogue plus direct entre les pays de la région Campanie et les pays en développement du sud de la Méditerranée. Tel était l’objectif de la conférence tenue la semaine dernière à Naples, en Italie, dans le but de créer des opportunités d’échanges et de coopération entre les pays des deux rives de la Méditerranée. Il s’agit en fait d’un rapprochement avec 5 pays en développement : l’Egypte, la Turquie, la Tunisie, le Maroc et Israël. La région de Campanie regroupe également 5 grandes villes : Salerno, Avellino, Caserta, Benevento et Naples.

Il semble donc que la crise financière qui frappe actuellement le monde entier pousse les partenaires du sud et du nord de la Méditerranée à chercher une bouée de sauvetage en approfondissant leur coopération. « Les zones développées ne sont plus un terrain fertile pour les investissements, vu la récession résultant de la crise financière. Les pays en développement du sud de la Méditerranée sont en croissance malgré toutes les instabilités qui frappent le monde entier, ce qui est pour nous intéressant », a avoué Fernando De Angelis, responsable de la région Campanie, chargée des relations avec les pays de la Méditerranée.

Les 5 pays sud-méditerranéens ont réalisé ces 5 dernières années des réformes économiques leur permettant une croissance continue. « L’Egypte est actuellement un point de mire pour les pays européens, notamment l’Italie. Il suffit de signaler que les nouveaux chiffres du commerce bilatéral révèlent une hausse de 15 % entre les deux parties et une participation italienne dans le capital de 209 entreprises, soit 113 millions d’euros. Le total des investissements italiens en Egypte est de 2,5 milliards d’euros dont 1,5 milliard dans les zones franches », révèle Giancarlo Cifarelli, président de la Chambre italienne du commerce en Egypte.

C’est ainsi que la Campanie a décidé d’inviter quelque 200 responsables et hommes d’affaires des 5 pays partenaires pour discuter les moyens et les domaines de coopération les plus importants. Une délégation égyptienne regroupant 10 entreprises dans les domaines des produits alimentaires, le prêt-à-porter et le textile et les produits en cuir, présidée par Ali Moussa, président de la Chambre du commerce égyptienne, s’est rendu à Naples pour discuter des opportunités de coopération communes. « Cette visite nous a donné la chance d’échanger avec les hommes d’affaires italiens sur des domaines d’intérêt communs et des capacités de chacune des deux parties. Les hommes d’affaires égyptiens ont déjà discuté de quelques transactions dans le domaine du prêt-à-porter et des produits en cuir qui seront finalisés très prochainement », a déclaré à l’Hebdo Soliman Al-Wazzan, secrétaire général de la Chambre du commerce italienne en Egypte. « La crise actuelle qui frappe le monde entier a offert une opportunité unique aux pays en développement du sud de la Méditerranée. Il en est fini du rapport étudiant-professeur entre le sud et le nord de la Méditerranée. Nos pays sont une opportunité pour les pays européens. Les intérêts se complètent et les deux parties doivent chercher à donner une valeur ajoutée à leur coopération », a signalé de son côté Ali Moussa, en assurant que la période de crise, pendant laquelle se déroule cette conférence, permet aux 5 pays arabes participant, y compris l’Egypte, d’en tirer un profit maximum.

Conditions favorables

La Tunisie, le Maroc, la Turquie et Israël, n’ont pas non plus manqué d’enthousiasme vis-à-vis de cette conférence. Des diverses sessions spéciales ont eu lieu pour discuter des domaines de coopération les plus importants comme le transport, la technologie, l’agroalimentaire, la recherche, l’énergie et le tourisme. « L’industrie animale et par conséquent l’industrie alimentaire constitue actuellement un terrain fertile pour les investissements. Nous avons échangé avec des entreprises italiennes œuvrant dans ce domaine pour une coopération sérieuse. Des représentants de quelques entreprises se rendront en Turquie au cours des deux ou trois mois prochains pour examiner nos capacités dans ce domaine. Au moins deux contrats seront conclus à cet égard. Même chose pour les sources d’énergie renouvelable », déclare M. Ihsan Soysal, professeur d’agronomie à l’Université d’Istanbul. (Voir entretien).

Pour le Maroc, le domaine le plus intéressant a été le transport et la logistique. Des représentants de l’Organisme national des ports ont été présents à la conférence et ont partagé, avec les responsables de la ville de Naples, les moyens de coopérer dans ce domaine afin d’assurer des échanges commerciaux stables et diversifiés. Quant à la Tunisie, où l’industrie textile constitue 50 % du PIB, c’est ce domaine qui a naturellement le plus intéressé. Et à cet égard, des études de faisabilité des projets et de coopération commune entre les deux parties ont été échangées. Tandis que pour Israël, les sources de l’énergie et d’eau ont constitué la priorité.

Ainsi pour la première fois, les pays en développement ont eu droit de revendiquer des conditions favorables à la coopération avec leurs partenaires développés et riches du nord de la Méditerranée. « Cette rencontre a réussi à identifier de nouveaux domaines de coopération entre les deux rives de la Méditerranée et à approfondir la coopération commerciale. C’est de cela dont nous avons besoin aujourd’hui en temps de crise », a conclu Rosanna Palumbo, responsable de la région Campanie.

Névine Kamel

Retour au sommaire

 

3 questions à Ihsan Soysal, professeur d’agronomie à l’Université d’Istanbul.

 

« Il faut en premier lieu accroître la productivité dans notre région »

 

Al-Ahram Hebdo : Le Moyen-Orient peut-il profiter des besoins mondiaux en produits agroalimentaires ?

Ihsan Soysal : La plupart des pays du Moyen-Orient disposent d’une réelle industrie agroalimentaire. La hausse des prix sans précédent l’année dernière a menacé le monde entier. Mais on observe une tendance à la baisse ces derniers mois, vu la baisse des prix des commodités partout dans le monde, et la crise financière a accentué cette baisse des prix. La crise financière a aussi provoqué la fuite des capitaux de plusieurs secteurs industriels risqués. Ces fonds cherchent actuellement d’autres domaines d’investissement moins risqués et plus rentables et le secteur agroalimentaire figure en tête de liste. Mais à condition que les agriculteurs sachent saisir l’opportunité.

— Et comment saisir cette opportunité ?  

— Il faut en premier lieu accroître la productivité dans notre région. Il ne suffit pas que chaque famille d’agriculteurs se contente d’élever 7 ou 8 vaches. Il faut élargir cette activité afin de former une industrie capable de répondre aux besoins mondiaux grandissants. Le coût actuel de cette industrie demeure très élevé et par conséquent peu compétitif. Les atouts de l’industrie que nous possédons sont donc insuffisants pour créer une industrie concurrentielle. Les pays arabes doivent moderniser leurs pratiques et compétences dans cette industrie afin de passer à une industrie professionnelle généralisée. Ce qui permettra une réduction des coûts de l’industrie.

— Mais il existe là le problème des normes internationales et en particulier européennes à respecter comme la traçabilité des aliments ...

— Oui, il manque aux pays arabes un système de sécurité et de supervision agroalimentaire. La qualité de nos produits ne répond pas à ce jour aux impératifs des marchés européens. Donc, il existe un important obstacle à l’exportation de nos produits. Certains  pays ont commencé à élaborer un système de supervision qui leur permet de surmonter cette difficulté, mais le chemin est encore long pour pouvoir gagner la confiance des pays européens car la technologie et les compétences réclamées sont de manière générale absentes dans la région. Je suggère donc pour l’instant une coopération plus poussée au niveau de la région pour profiter de notre production agroalimentaire. Mais malheureusement, cela est encore difficile. Malgré les capacités des pays arabes et la diversité de leur production qui leur permet de créer une complémentarité agroalimentaire, les moyens de transport peu développés entre pays arabes empêchent une telle stratégie. Il faut alors aussi beaucoup travailler à ce niveau.

Propos recueillis par N.K.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.