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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Caucase. L’influence russe s’intensifie auprès de ses voisins de la mer Caspienne : accords de paix entre Arménie et Azerbaïdjan, intervention militaire en Géorgie, assainissement de la vendetta ingouche … Que cherche Moscou dans cette région ? 

Ambitions moscovites 

La russie ne cache pas ses ambitions caucasiennes. Son président, Dmitri Medvedev, a signé avec ses homologues azerbaïdjanais et arménien un accord prévoyant le règlement du conflit du Nagorny Karabakh. Ce territoire oppose Arménie et Azerbaïdjan depuis le début des années 1990. Les présidents respectifs des deux pays, Serge Sarkissian et Ilham Aliev, se sont donc rendus à la propriété du président russe, Barvikha, auprès de Moscou, dimanche dernier. Ils y ont signé un accord chargeant les ministres des Affaires étrangères d’Arménie, d’Azerbaïdjan et de Russie de négocier le statut du Nagorny Karabakh en coopération avec le Groupe de Minsk. Ce dernier est une cellule réunissant les Etats-Unis, la France et la Russie sous l’égide de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Il s’agit « d’assainir la situation dans le Caucase du sud et d’y rétablir la stabilité et la sécurité par un règlement politique du conflit au Nagorny Karabakh, sur la base des normes du droit international », selon M. Medvedev.

Le territoire en question regroupe 150 000 habitants, en majorité arméniens. La guerre civile, terminée par un cessez-le-feu en 1994, a laissé le pouvoir de facto aux forces arméniennes indépendantistes, alors que le Nagorny Karabakh est officiellement azerbaïdjanais. Aucun accord n’a été établi depuis.

La Russie joue ostensiblement la carte de la légalité dans le règlement du conflit. Son intervention militaire unilatérale en Géorgie lui étant toujours reprochée, Dmitri Medvedev aimerait aplanir la situation politique du Caucase par la norme. En effet, les indépendances de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, grâce aux forces militaires russes, n’ont pas porté tous les fruits escomptés. D’abord parce qu’elles sont à peine effectives aux yeux de la communauté internationale : seuls le Nicaragua et la Russie les ont reconnues. Ensuite, parce que l’activité caucasienne, depuis l’été dernier, a été rythmée d’interventions occidentales. Aslan Abachidze, professeur de l’Institut des relations internationales de Moscou (MGUIMO), explique que « c’est la troisième force qui est gagnante : l’Otan et les Etats-Unis. L’Alliance va automatiquement recevoir la possibilité d’installer des bases militaires en Géorgie à proximité des frontières avec la Russie ». D’autant plus que des accords d’amitié et de coopération entre Russie, Ossétie du Sud et Abkhazie ont été ratifiés par la Douma, à l’unanimité, le 29 octobre dernier. Premier projet : l’installation de 7 600 soldats russes dans les trois bases militaires prévues au sein des deux nouveaux pays.

Dernier indice de la mobilisation russe autour du Caucase : l’Ingouchie. Cette république de la Fédération russe vient de changer de président, Moscou ayant nommé un ancien officier parachutiste pour remplacer Mourat Ziazikov. Ce dernier peinait à calmer le jeu des indépendantistes ingouches, qui menacent l’autorité d’une rébellion aux accents islamistes. Iounous-Bek Evkourov, le remplaçant, est donc chargé d’assainir la situation, ne serait-ce que pour montrer aux voisins du Caucase que la Russie est l’acteur à privilégier pour le contrôle de la région.

Le Caucase a toujours été un carrefour entre l’Orient et l’Occident. Ses nombreuses ressources naturelles, notamment dans la Caspienne, intéressent aujourd’hui toutes les puissances. Pour la Russie, intensifier l’activité diplomatique dans cette région est vital. La guerre de Géorgie a rompu l’avantageux équilibre qui y régnait auparavant. Si le Kremlin reste l’autorité la plus influente et la plus compétente pour peser sur le Caucase, les liens avec ses voisins sont fragiles. L’Azerbaïdjan, avec son président, récemment réélu Ilham Aliev, continue à jouer les équilibristes entre l’Europe et Moscou. Ses hydrocarbures partent majoritairement vers les marchés européens. L’Arménie, quant à elle, bénéficie d’une importante diaspora aux Etats-Unis. Autant de menaces pour la puissance russe dont les rapports avec ses anciens satellites sont toujours ambigus.

Vincent Fortin

 

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