Al-Ahram Hebdo,Arts | Une caravane, plusieurs succès
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 Semaine du 5 au 11 novembre 2008, numéro 739

 

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Arts

Cinéma. La troisième édition de la Caravane des films euro-arabes, tenue du 26 au 30 octobre au Caire, a rendu un hommage particulier au cinéma documentaire et aux courts métrages. Bilan.

Une caravane, plusieurs succès

Au bout de cinq jours de projections, de discussions et de rencontres entre cinéphiles arabes et européens, le bilan de cette troisième visite de la Caravane du cinéma euro-arabe pour Le Caire s’avère déjà remarquable. Après le succès des deux précédentes éditions de la Caravane des courts métrages et des documentaires, la troisième édition a mis la barre très haut, notamment en faisant le choix d’une programmation exigeante et diversifiée. Le public a pu partir à la découverte du court métrage et du genre documentaire encore méconnu, à travers une programmation très variée.

Celle-ci avait trois fils directeurs, les films occidentaux racontant des histoires du Sud « Histoires du Sud, visions du Nord », la diversité de la société méditerranéenne « Monde d’espoir et de souffrance » et le rassemblement des expériences signées par les jeunes cinéastes « Jeunes focus », mais tout s’est rassemblé naturellement autour de la force et de la richesse humaines et culturelles des peuples méditerranéens et de leurs cinéastes.

« Les œuvres présentées cette année reflètent l’évolution de ces deux genres cinématographiques qui ont souvent été inexplorés, à travers des projections qui présentent l’émancipation des réalisateurs méditerranéens pour affirmer un cinéma documentaire assez mûr », souligne Youssef Rachad, critique syrien.

Parrainé par l’Union européenne, ce rendez-vous cinématographique vise à renforcer la coopération audiovisuelle et culturelle entre les pays des deux rives de la Méditerranée.

Regroupant de nombreuses révélations et certaines œuvres majeures, la Caravane est restée fidèle à sa recherche pour les cinémas différents et sérieux. Sa ligne artistique s’est resserrée. La Caravane a programmé un nombre plus limité de films, laissant plus de place au débat.

Les séances ont ponctué en fait cette manifestation afin de faire découvrir au grand public le parcours de cinéastes en devenir ou confirmés depuis leurs premiers pas dans le court métrage ou leurs essais documentaires.

A commencer par le long documentaire de l’ouverture : Durakovo, le village des fous du Français Nino Kirtadwe.

Le cinéaste y a présenté un modèle de « démocratie dirigée », un concept en vogue dans la Russie de Vladimir Poutine, à travers ce village Durakovo, à une centaine de kilomètres de Moscou. Homme d’affaires ayant fait fortune, le héros du film, Morozov, chrétien orthodoxe convaincu, a créé une micro-société placée sous ce qu’il appelle « l’autorité de Dieu », fonctionnant sur un modèle quasi féodal, hérité de l’époque des tsars. Il règne alors en maître sur le village de Durakovo, littéralement « le village des fous » en russe. Y viennent ceux, souvent jeunes, qui souhaitent rompre avec la vie moderne et ses tentations, l’alcool ou la drogue, et aspirent à une discipline de fer. « L’humeur paraissait cette année aux films engagés, tant sociaux que politiques, n’hésitant pas à jouer de la séduction des images pour faire passer les messages les plus enragés », souligne le critique syrien.

Le court métrage égyptien figurait en bonne place avec trois œuvres assez innovantes : à savoir Lawn al-haya (couleur de la vie) de Emad Mabrouk, Carte chahn bi achra guéneih (carte de recharge de 10 L.E.) d’Al-Zamakhchari Abdallah et Kan yama kan (il était une fois) de Chadi Al-Anani. Trois façons de filmer et de voir les choses. Trois réalisateurs. Enfin, trois angles d’attaque et d’expériences diverses dans le milieu cinématographique, cependant liés par une seule passion, l’amour de l’image et de la réalisation.

D’après sa trajectoire, la Caravane du cinéma euro-arabe veut désormais étendre son festival à tous les pays méditerranéens, invitant ainsi chaque année un pays du pourtour de la Méditerranée. Et c’est la Palestine qui prenait cette année la marche. Parmi les grands moments qui ont marqué la programmation de la Caravane, était une journée spéciale dédiée à la Palestine et animée par le cinéaste palestinien Aouni Lababidi.

« Dans les festivals dédiés au court métrage, les documentaires peinent à trouver l’intérêt qu’ils méritent, puisque la fiction y règne de manière quasi hégémonique, tandis qu’ils manquent de visibilité dans les festivals de documentaire, où les courts métrages attirent l’attention », indique Lababidi.

Un parti pris qui, selon les programmateurs, se retrouvait dans pas mal de films présentés cette année. Pendant ces cinq journées, on a réussi à aller directement au but : discuter profondément et objectivement tous les problèmes et rêves ayant trait aux documentaires et courts métrages.

A travers un débat ouvert, documentaristes et jeunes cinéastes ont souligné encore une fois que le film documentaire est souvent considéré comme un sous-produit, alors qu’il doit également s’agir de films d’auteur. Selon eux, il faut mettre en place des programmes et des événements autour de ces films, ne pas se limiter à leur simple diffusion et aller plus loin en créant de vraies rencontres.

« Notre objectif était de présenter des films qui trouvent un écho dans le travail quotidien des associations les plus actives de la société civile méditerranéenne. Et les séances étaient l’occasion de débats animés par des personnalités reconnues pour leurs compétences dans les sujets abordés », précisent les responsables de la société Semat, organisatrice de cet événement.

Yasser Moheb

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