Al-Ahram Hebdo, Economie | Peu de progrès dans la région
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 1 au 7 Octobre 2008, numéro 734

 

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Economie

Corruption. L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2008, de l’organisation Transparency International, fait état d’une mauvaise performance dans la plupart des pays arabes, en particulier l’Egypte. 

Peu de progrès dans la région 

L’implication de l’homme d’affaires Mohamad Farid Khamis dans un procès pour versement de pot-de-vin à un magistrat, ou encore la découverte que le directeur d’une filiale de la Banque de crédit et de développement agricole, publique et supposée soutenir des paysans, a mis la main à la caisse ... Des histoires de corruption sont régulièrement révélées en Egypte comme l’indique l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2008 de l’ONG Transparency International.

Selon l’IPC, qui classe les pays en fonction du degré de corruption perçue dans les administrations publiques et la classe politique, la note de l’Egypte ne cesse de diminuer chaque année. De 3,3 en 2006, elle est passée à 2,9 en 2007 pour n’être que de 2,8 cette année. L’IPC classe le degré de corruption d’un pays d’une échelle allant de zéro à dix. Zéro indiquant un degré très élevé de corruption et dix étant le degré le plus faible. Selon l’IPC, l’Egypte considérée comme le plus grand pays arabe figure aussi en 12e sur les 16 pays arabes mentionnés dans le rapport. Au niveau mondial, elle est classée 115e sur les 180 pays étudiés. Gouda Abdel-Khaleq, professeur d’économie à l’Université du Caire, explique cette persistance de la corruption dans le pays par le règne d’un système politique essoufflé. « Un régime politique dont le président n’a pas changé depuis 27 ans est un régime où le questionnement est absent », estime Gouda. Il rappelle les scandales qui ont éclaté récemment comme l’incendie du Conseil consultatif (Sénat) que les pompiers ont mis plusieurs jours à éteindre, le naufrage du ferry Al-Salam qui a causé la mort de plus de 1 000 Egyptiens, ou encore l’incendie il y a quelques jours du Théâtre national. « De tels scandales auraient conduit dans d’autres pays à la démission de ministres, sinon du premier ministre, mais ici rien ne s’est passé », observe-t-il.

L’Egypte n’est pas le seul pays de la région à stagner dans cette situation. Sur les 16 pays arabes mesurés, une diminution du niveau de corruption a été notée dans seuls cinq d’entre eux : Qatar, Emirats Arabes Unis (EAU), Oman, Bahreïn et Jordanie. Ces mêmes pays sont également les seuls pays arabes à avoir une note supérieure à 5. Qatar, dont l’indice IPC est de 6,5, arrive en tête de liste. Son niveau mondial est également assez avancé, puisqu’il se situe à la 28e place. Il est suivi par les EAU avec 5,9 points puis par le sultanat d’Oman, Bahreïn et la Jordanie. Les raisons de cette amélioration ne sont toutefois pas bien définies selon les auteurs du rapport. « Il reste à déterminer si ce progrès, notamment dans les riches Etats du Golfe producteurs de gaz naturel et de pétrole, résulte d’une plus grande volonté politique de combattre la corruption ou si les effets négatifs de la corruption sont simplement masqués par l’importance des revenus pétroliers alimentant un développement économique rapide », souligne le rapport. Aux EAU seulement, la lutte contre la corruption a été clairement accentuée.

Les pays arabes, dont le classement est inférieur à l’Egypte, sont la Libye, le Yémen, la Syrie et l’Iraq. Ce dernier figure parmi les 3 pays perçus comme les plus «  corrompus » avec le Myanmar qui ont obtenu la même note (1,3) et la Somalie avec un score de 1 point. « La faible note obtenue par l’Iraq met en lumière la nécessité d’établir des institutions fortes et efficaces capables d’empêcher la corruption et d’instaurer un Etat de droit », estime Gouda Abdel-Khaleq. « La différence entre la corruption dans les différents pays arabes est une différence du degré de corruption, mais les circonstances sont les mêmes que ce soit dans les régimes présidentiels ou les royaumes », poursuit-il.

 

OMD menacés

En raison de cette situation, les auteurs du rapport qui s’intéressent cette année particulièrement à la corruption dans les pays pauvres et à revenu limité, et parmi lesquels figurent la majorité des pays arabes, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) de l’Onu sont sérieusement menacés. « La propagation incontrôlée de la corruption pourrait accroître de 50 milliards de dollars le montant des investissements nécessaires pour atteindre les OMD dans le domaine de l’eau et de l’hygiène publique, soit près de la moitié de l’ensemble des budgets d’aide au développement », assurent-ils.

Mais si la corruption est plus inquiétante dans les pays en développement, la raison de sa persistance n’est pas seulement liée à leur gouvernement. Elle l’est aussi aux gouvernements des pays développés. Ces derniers déploient en effet un double standard et n’exercent pas de vrai contrôle sur les actes de corruption commis par leurs sociétés à l’étranger. « L’éclatement régulier de scandales liés à des actes de corruption active commis à l’étranger témoigne de l’incapacité des pays riches à tenir leurs promesses anti-corruption, notamment leur engagement à rendre des comptes », souligne le rapport. Or, pour Gouda Abdel-Khaleq, il est presque impossible que l’administration d’un pays développé puisse surveiller l’activité d’une de ses multinationales présente dans une centaine de pays. Car « c’est le pays du lieu d’activité économique qui en a le pouvoir et le devoir ».

Marwa Hussein

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Notation
et classement IPC des pays arabes*

 

 

Note

Rang
mondial
(sur 180)

Qatar

6,5

28

Emirats arabes unis

5,9

35

Oman

5,5

41

Bahreïn

5,4

43

Jordanie

5,1

47

Tunisie

4,4

62

Koweït

4,3

65

Maroc

3,5

80

Arabie saoudite

3,5

80

Algérie

3,2

92

Liban

3,0

102

Egypte

2,8

115

Libye

2,6

126

Yémen

2,3

141

Syrie

2,1

147

Iraq

1,3

178

 

    L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) classe le degré de corruption d’un pays d’une échelle allant de zéro à dix. Zéro indiquant un degré très élevé de corruption et dix étant le degré le plus faible.

 

 

 

 




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