Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Une plateforme pour l’unité
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  Semaine du 16 au 22 janvier 2008, numéro 697

 

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Iraq. Les Iraqiens tentent d’unifier leurs positions et de rectifier les fautes du passé. Reste à savoir si les bonnes intentions auront cette fois-ci raison de la lourde réalité.

Une plateforme pour l’unité

Lueur d’espoir ou initiative qui butera et sera vouée à l’échec ? Il s’agit certes de ce que des partis politiques iraqiens, sunnites et chiites ont annoncé dimanche : une plateforme commune prônant l’unité du pays et le contrôle centralisé du pétrole.

Parmi les signataires de cette plate-forme figurent les députés du jeune chef radical chiite Moqtada Sadr, le parti laïque de la Liste nationale iraqienne de l’ancien premier ministre Iyad Allaoui, et le Front national du dialogue emmené par le sunnite Salah Al-Motlak.

Dans un communiqué, les signataires assurent vouloir défendre « l’intérêt national, maintenir l’unité de l’Iraq, et éviter les divisions sectaires et ethniques ». Ils critiquent « les alliances étriquées, forgées pour diviser et monopoliser le pouvoir ».

Ils assurent vouloir « répartir les richesses de façon équitable, et recouvrer la souveraineté et l’indépendance ».

« Le pétrole, le gaz, et les ressources naturelles sont les richesses essentielles de l’Iraq et elles doivent être sous le contrôle du gouvernement central, et gérées en coopération avec les régions ».

« Nous nous inquiétons de toute initiative séparée dans ce domaine, comme la signature de contrats avec des compagnies étrangères », ajoutent les signataires en référence à 15 contrats pétroliers signés par le gouvernement autonome du Kurdistan iraqien depuis août dernier et dénoncés par les autorités de Bagdad.

En outre, assurent-ils, « la situation à Kirkouk est très compliquée et nous voulons que les intérêts de chaque communauté soient respectés. Un accord politique national sur cette affaire fera de Kirkouk un exemple d’unité nationale ».

La région pétrolière de Kirkouk (environ 250 km au nord de Bagdad), où cohabitent Kurdes, Arabes et Turcomans, est revendiquée par la région autonome du Kurdistan. Un référendum devait se tenir, selon l’article 140 de la Constitution iraqienne, avant fin 2007 sur le rattachement ou non de Kirkouk au Kurdistan iraqien, mais il a été reporté de six mois à l’initiative de l’Onu.

Le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, a dénoncé une « attaque contre l’article 140 » qui, selon lui, « ne réussira pas ». « Ces gens (qui s’opposent à l’article 140) sont les mêmes qui s’étaient opposés à la Constitution iraqienne », a-t-il dit à la presse à Erbil, capitale du Kurdistan iraqien.

La plate-forme souhaite enfin que soient mobilisées les ressources nécessaires pour reconstruire les forces de sécurité, sur la base de la compétence, de façon à ce qu’elles fassent appliquer la loi et protègent la patrie, pour aboutir à la fin de l’occupation de la terre iraqienne.

« Il s’agit d’un protocole d’entente pour corriger certaines opinions exprimées par le Parlement et résoudre des disputes », a pour sa part déclaré à l’AFP le député sadriste Nassar Al-Roubaïe, estimant que cette plate-forme pourrait à terme se transformer en coalition.

Une telle coalition viendrait concurrencer l’alliance soutenant le premier ministre Maliki, formée en août et qui compte environ 110 députés. Cette alliance comprend l’aile du parti Daawa emmenée par M. Maliki, le Conseil suprême islamique d’Iraq — une des factions chiites les plus puissantes —, l’Union patriotique du Kurdistan du président Jalal Talabani, et le Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani.

Parallèlement à cette plate-forme, une loi a été votée samedi par le Parlement iraqien sur le statut des anciens baassistes chassés de l’administration iraqienne en 2003 après l’invasion américaine.

Adoptée après des mois d’atermoiements, la « Loi sur la justice et la transparence » vise à réintégrer dans la vie publique les anciens membres du parti de Saddam Hussein qui n’ont pas commis de crimes et n’occupaient pas de poste à responsabilité. Réclamée de longue date par Washington, la loi revient sur la « débaassification », considérée comme la faute majeure des Américains dans leur gestion de l’après-invasion. La « débaassification », voulue par l’administrateur US Paul Bremer et menée parallèlement avec la dissolution de l’armée de l’ancien régime, avaient mis à la rue des centaines de milliers d’Iraqiens et alimenté les rangs de l’insurrection sunnite. La nouvelle législation, comptant une trentaine d’articles, autorise le paiement des retraites de ces anciens fonctionnaires baassistes et leur possible réintégration — sous conditions — au sein de l’administration et de l’armée. Les plus hauts ex-responsables du parti sont cependant mis d’office à la retraite, ainsi que tous les Baassistes autrefois membres des services secrets de l’ancien régime (qui conservent toutefois leur retraite).

Parallèlement, tout ancien membre du Baass soupçonné de crime pourra être poursuivi et « puni » par la justice. La « Loi sur la justice et la transparence » donne également le droit aux victimes du parti Baass de saisir des tribunaux spéciaux pour obtenir des compensations.

Bien qu’appréciées, la plate-forme et la loi concernant les Baassistes ne sont que de l’encre sur papier, la première peut être rejetée par les Kurdes et la seconde est accueillie avec scepticisme de la part des Baassistes qui craignent que des procès ne soient intentés contre eux par qui que ce soit. Le véritable enjeu auquel doivent faire face les Iraqiens est la concrétisation de ces deux documents pour accélérer leur union. Chose qui n’est point facile ... .

Rania Adel

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