Al-Ahram Hebdo, Egypte | Zoom sur les enseignants
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  Semaine du 16 au 22 janvier 2008, numéro 697

 

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Egypte

Education. Dans le cadre d’une stratégie de réforme globale du secteur, le ministère a annoncé la création d’une académie pour la formation continue des enseignants.  

Zoom sur les enseignants

Décidément, le ministre de l’Education, Yousri Al-Gamal, enchaîne chantier sur chantier et multiplie les annonces. Après l’application d’un cadre salarial spécial pour les enseignants, supérieur à celui des autres fonctionnaires, un autre projet destiné au développement, professionnel cette fois, de quelque 1 250 000 d’enseignants que compte l’Egypte, vient d’être annoncé. On attend juste le décret présidentiel pour la création d’une académie professionnelle de formation continue destinée aux enseignants des divers cycles scolaires. Ceux-ci devraient suivre des stages dispensés par des spécialistes égyptiens et étrangers pour leur permettre d’adopter les nouvelles méthodes pédagogiques.

En fait, ce projet fait partie d’une stratégie globale pour la réforme du système éducatif. Cette stratégie a été mise au point il y a deux ans en collaboration avec des organisations internationales comme l’Unesco et la Banque mondiale et une coopération bilatérale avec certains pays dont les Etats-Unis, la France, l’Allemagne, et le Canada qui ont mis leurs expertises en la matière à la disposition du ministère. « La création de cette académie intervient donc dans le cadre de cette stratégie de développement. D’autres programmes concernent la réforme des programmes scolaires, celle de l’enseignement technique et du système du baccalauréat », a annoncé Yousri Al-Gamal, ministre de l’Education, lors d’une conférence de presse.

La nouvelle académie sera établie dans la Cité Moubarak des sciences et aura des branches dans les gouvernorats les plus peuplés.

Elle offrira cinq niveaux de formation, dont le premier est destiné aux diplômés qui désormais ne seront affectés à une école qu’après être passés par l’académie. Les quatre autres cycles sont pour les enseignants exerçant déjà un métier. Les stages auront lieu dans l’après-midi, et n’affecteront donc pas les horaires du travail des professeurs inscrits. « Chaque niveau accompli correspondra à une augmentation salariale de 10 %, de quoi encourager les enseignants à prendre au sérieux cette chance qui leur sera offerte », explique Abdel-Samie Hamza, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’Education.

Durant les cinq dernières années, le ministère a envoyé 877 000 enseignants en stage soit en Egypte soit à l’étranger, notamment en Europe et aux Etats-Unis. « Mais l’existence d’une telle académie permettrait aux professeurs de recevoir la même formation et d’être au courant de nouvelles méthodes et théories éducatives à un coût nettement inférieur. Seuls les enseignants qui excelleront dans ces stages auront la chance de poursuivre des formations encore plus pointues à l’étranger », affirme Hassan Belawi, responsable du projet.

En outre, l’académie offrira des stages de langues grâce à des accords de coopération avec les centres culturels britannique, français, et allemand. Ceci devra permettre de pallier le manque de professeurs de langues dans les écoles publiques. « Actuellement, le niveau des professeurs de langues est généralement faible et ne leur permet pas d’enseigner au lycée. En améliorant leur niveau, le problème sera largement résolu », explique encore le responsable.

« Notre objectif est de permettre aux élèves des écoles publiques d’atteindre le même niveau de ceux des écoles privées, surtout que dans certaines facultés, comme la médecine par exemple, l’enseignement se fait en anglais, ce qui représente un handicap pour les bacheliers des écoles publiques », ajoute Belawi.

Cela dit, tout le monde est d’accord sur le fait que la réforme du système éducatif ne peut être que le résultat d’une vision globale prenant en compte les nombreux problèmes qui sévissent dans le secteur depuis des décennies.

« L’enseignant, quelle que soit sa compétence, ne pourra mener à bien son travail si le sureffectif des classes reste irrésolu. Dans la plupart des écoles, le nombre d’élèves varie entre 50 et 70 par classe. Si le ministère veut bien profiter des expériences des pays étrangers, il doit travailler simultanément sur plusieurs fronts », constate Hanane Hafez, professeure de pédagogie à l’Université de Aïn-Chams.

Selon elle, « le nombre d’élèves d’une classe ne doit pas dépasser la vingtaine. C’est une condition pour que l’enseignant soit capable de communiquer avec ses élèves et de les évaluer », insiste-t-elle.

Selon Mohamad Abdel-Zaher, un autre pédagogue, il s’agit d’une formation formelle qui manque de fonds, « la création de cette académie n’est qu’une autre tentative de réforme pour la forme. Les enseignants vont apprendre des méthodes pédagogiques difficiles à appliquer sous les conditions lamentables dont souffrent les écoles publiques, surtout celles en province », souligne-t-il sur un ton pessimiste.

Mirande Youssef

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