Al-Ahram Hebdo, Egypte |Les ONG réclament un droit de contrôle
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  Semaine du 16 au 22 janvier 2008, numéro 697

 

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Egypte

Consommation. L’affaire de l’eau minérale impropre à la consommation décelée par l’Organisme de protection des consommateurs révèle une défaillance du système de contrôle sur les produits alimentaires où les ONG sont quasiment marginalisées.

Les ONG réclament un droit de contrôle

L’Organisme de la Protection des Consommateurs (OPC) a révélé la semaine dernière les résultats d’une longue étude sur le marché d’eau minérale, un marché ayant connu une grande expansion durant ces dernières années. Les trouvailles étaient choquantes : sur 21 marques d’eau minérale, 6 sont nocives à la santé, à savoir Schweppes, Al-Nada, Nahl, Aquamina, Aquastone et Hayat. Dans ces cas, l’eau à l’intérieur de la bouteille n’a rien à voir avec les informations inscrites sur les étiquettes.

Bien qu’une loi sur la défense des consommateurs ait été promulguée en 2004 aggravant les peines contre les fraudeurs, les cas de fraude commerciale ont continué à se multiplier : 10 000 procès sont intentés tous les ans contre des commerçants et des producteurs soupçonnés de mettre sur le marché des produits non-conformes aux normes. Selon les chiffres du ministère de la Santé, 2 431 personnes ont été victimes d’une intoxication alimentaire au cours des deux dernières années. L’exemple le plus flagrant était l’empoisonnement de 25 personnes en 2006 après avoir mangé du miel conservé dans des boîtes utilisées auparavant pour des insecticides.

Pour lutter contre ce genre de pratiques qui mettent en danger avant tout la santé publique, le ministère de l’Approvisionnement a créé l’an dernier l’Organisme pour la protection des consommateurs. Il est chargé d’effectuer des recherches sur les différents produits mis sur le marché avant d’en présenter les résultats aux instances gouvernementales concernées. L’OPC a également pour rôle de sensibiliser les consommateurs sur les moyens de vérifier la qualité des produits alimentaires.

« La première démarche prise était de créer une ligne téléphonique (le 195 88) pour recevoir les plaintes des consommateurs et leur fournir des informations sur les divers produits sur le marché », explique Anane Hilal, vice-présidente de l’OPC. D’après elle, l’enquête menée sur les eaux minérales a été lancée suite à de nombreuses plaintes reçues grâce à cette ligne.

Depuis sa création, l’OPC essaye de coopérer avec l’ensemble des organisations non gouvernementales (ONG) œuvrant dans ce domaine pour mettre en place une stratégie de travail. Mais le niveau de cette coopération n’est pas jugé satisfaisant.

Les responsables des ONG sont unanimes sur le fait que la bureaucratie mine le système de contrôle des produits alimentaires. Pire encore, la tâche de contrôle est partagée entre l’OPC et plusieurs ministères et organismes, dont les ministères de la Solidarité sociale, de la Santé, de l’Agriculture, ainsi que l’Organisme de la médecine vétérinaire (selon la nature des produits). Les décisions prises sont souvent non coordonnées, parfois même contradictoires et en attendant, le produit reste sur le marché.

En fait, l’Egypte compte actuellement plus d’une soixantaine d’associations non gouvernementales de défense des consommateurs. Malgré leur marge d’activité réglementée par la loi, leurs compétences demeurent restreintes. « On n’a pas le droit d’intervenir et de poursuivre en justice les contrevenants et revendiquer des indemnités au nom des consommateurs, comme c’est le cas dans beaucoup de pays. Si le gouvernement l’autorise, nous pouvons jouer un rôle très efficace dans la lutte contre la fraude parce que souvent les consommateurs n’ont ni le temps, ni les moyens de le faire », explique Saad Zidane, président d’une ONG. Il explique qu’avec la vague de privatisation et l’apparition de plusieurs supermarchés privés, le gouvernement devient de plus en plus incapable de maintenir un système de contrôle efficace. Il s’avère donc nécessaire d’accorder plus de poids aux ONG.

En fait, le système de travail de ces associations comprend deux volets : recevoir les plaintes des consommateurs et mener un travail de terrain. Celui-ci consiste à acheter le produit, objet de plainte, et à le soumettre à des analyses dans des laboratoires spécialisés. « Mais le problème est que notre rôle s’arrête là. Et c’est là qu’interviennent les ministères de la Solidarité sociale et de la Santé dont le travail de vérification peut s’étaler sur des mois. Sous un tel système, le consommateur est la seule victime », assure Soad Al-Dib, présidente d’une autre ONG de protection des consommateurs. Et d’ajouter : « On n’a même pas le droit de participer avec les ministères concernés à des campagnes de contrôle. Cela pourrait rendre le système de vérification plus efficace ».

La seule explication de cette marginalisation, selon Al-Dib, est que leurs recherches s’attaqueraient peut-être à la réputation de grandes compagnies disposant d’un pouvoir de lobyying, sans parler des conséquences que pouvaient avoir ces campagnes et contre-campagnes sur l’atmosphère de l’investissement.

Reste à savoir si l’affaire de l’eau minérale décidera le gouvernement à élargir la marge d’action de ces organisations.

Marianne Youssef

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