Al-Ahram Hebdo,Environnement | « Il faut mettre fin à l’assassinat silencieux »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

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Environnement

Désertification. La conférence des parties de la Convention de la lutte contre ce phénomène s’est récemment achevée à Madrid, après deux semaines de discussions. Ismaïl Abdel-Guélil, représentant de l’Egypte, en dresse le bilan.

« Il faut mettre fin à l’assassinat silencieux »

Al-Ahram Hebdo : Tout d’abord, quel était l’objectif de la conférence de Madrid ?

Ismaïl Abdel-Guélil : La conférence de Madrid est la huitième session de la conférence des parties à la Convention des Nations-Unies pour la lutte contre la désertification (UNCDD). Cette rencontre intervient dix ans après l’entrée en vigueur de cette convention. Les responsables et les parties à cette dernière ont réalisé qu’à l’issue de cette période, rien n’a, en fait, été réalisé. Cette convention avait pour objectif principal de traiter la dégradation des territoires agricoles afin de diminuer les effets du phénomène de la désertification. Et donc, réduire la pauvreté dans le monde. Mais aucun des 191 pays signataires de cette convention n’a vraiment atteint cet objectif. Au contraire, les régions touchées par ce phénomène en souffrent toujours. Et d’autres régions du monde ont été atteintes par ce fléau qui ne connaît pas de frontières. D’où une conséquence certaine dans un futur proche : l’augmentation de la pauvreté dans le monde. Cette huitième session visait donc à adopter un nouveau plan d’action, autrement dit une nouvelle stratégie de lutte contre la désertification.

L’Organisation des Nations-Unies (ONU) a voulu traiter des difficultés posées à la réalisation de progrès.

Et que s’est-il concrètement dégagé des discussions qui ont eu lieu pendant plus de 10 jours, du 3 au 14 septembre dernier ?

— Les pays participants à cette conférence ont convenu que la cause principale du changement climatique, de la dégradation de la biodiversité et de la désertification n’est autre que les activités humaines. Ces trois phénomènes sont liés les uns aux autres car le déséquilibre écologique règne. D’où les cyclones, les inondations et les vagues de sécheresse qui sévissent à plusieurs endroits du monde. Ils ont alors adopté une nouvelle stratégie allant de 2008 à 2018, visant à continuer à lutter contre la désertification. Il s’agit d’un plan national propre à chaque pays qui prend en considération les changements climatiques dans leurs régions respectives. Ces changements font accroître le danger de la désertification. Mais un point de discorde, durant cette conférence, a été le financement de la lutte contre la désertification. Notamment dans les pays émergents.

De nombreux experts étaient présents lors de la conférence. Selon eux, quelles sont les causes de cette dégradation environnementale ?

— Les experts réunis à la conférence se sont accordés pour dire qu’il s’agit d’une négligence extrême engendrée par un manque de volonté politique ainsi que par un manque de financement des activités de lutte contre les dégradations. Les questions de l’environnement n’occupent pas une position prioritaire dans les agendas des leaders des pays émergents. D’où les politiques et les pratiques qui nuisent à l’écologie dans leur pays. Savez-vous que les mauvaises pratiques détruisent annuellement 30 % de la surface des terres agricoles dans le monde et coûtent 42 milliards de dollars ?!

En quoi consiste pour vous la solution ?

— Il faut que les pays émergents changent leur concept sur les questions environnementales, et notamment sur celle de la désertification. L’Islande, à titre d’exemple, est un pays pluvieux. Pourtant, il souffre de la désertification. Celle-ci désigne la détérioration de la terre de sorte que la productivité agricole de ces terres diminue pour atteindre zéro. Et c’est ce qui cause le déplacement des populations vers d’autres lieux riches en ressources naturelles. Il est donc question de faire face aux activités et pratiques humaines, dont la construction de bâtiments sur les terres agricoles, la mauvaise utilisation de l’eau d’irrigation et la pollution de l’environnement. Car il faut mettre fin à ce qu’on appelle le phénomène de « l’assassinat silencieux ». Pour cela, la société civile doit aussi multiplier les activités visant à faire face à la désertification. Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont appelées à participer à toutes les discussions des comités de la conférence des parties puisqu’elles sont considérées comme un moyen effectif dans la lutte contre la désertification.

Pourquoi l’Espagne, et non un pays émergent, a-t-elle accueilli cette conférence ?

— Parce que dans ce pays, près du tiers de ce territoire est menacé de désertification. L’Espagne est le pays le plus aride et le plus affecté par les changements climatiques d’Europe. Le problème de la désertification affecte de manière grave 31,49 % de la superficie du pays, selon les estimations des scientifiques. D’après l’Onu, 6 % de la surface de ce pays est déjà dégradé de manière irréversible. La surexploitation des ressources hydriques de la déforestation, les incendies de forêts, l’agriculture intensive et l’urbanisation galopante sont parmi les facteurs du processus. Pire encore, le pays n’est pas seulement directement affecté par la désertification, il l’est aussi indirectement par le biais de l’immigration grandissante d’habitants d’Afrique subsaharienne, qui fuient la désertification et la paupérisation de leurs régions. Ces répercussions sociales environnementales et humaines de la sécheresse et la désertification ne vont pas se limiter à l’Espagne, mais vont s’étendre à toute la Méditerranée.

En tant que directeur du Centre de Recherches sur le Désert (CRD), quelle sera selon vous la portée réelle de cette conférence ?

— Lors de la conférence de Madrid, les pays industriels ont reconnu que les dangers de la désertification, des changements climatiques et de la dégradation de la biodiversité leur sont communs. Mais la déclaration de Madrid ne sera efficace que lorsque les pays de la planète manifesteront la volonté politique de mettre un terme au développement de ce phénomène universel qui ne connaît pas de frontières géographiques ni politiques. Coopérer pour y faire face est devenu une nécessité.

Propos recueillis par Racha Hanafi

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