Al-Ahram Hebdo, Enquête | Arab Contractors change de statut
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 26 Septembre au 2 octobre 2007, numéro 681

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Enquête

Privatisation. La société Arab Contractors s’apprête à devenir une société anonyme et lancer une partie de son capital en Bourse, avec pour objectif d’assainir ses comptes. Certains y voient le début de cession d’une autre entité publique. 

Arab Contractors change de statut 

Après la privatisation de la Banque d’Alexandrie et celle de la Banque du Caire, le tour à un autre poids lourd, la société Arab Contractors, pourrait bien venir : le Conseil des ministres vient de donner son aval à une future modification de ses statuts qui la transformerait en société anonyme. « Cette décision a été prise suite à la demande de la société elle-même. Il s’agit notamment de modifier sa forme juridique afin de lui apporter une flexibilité de gestion. Cela renforcera sa capacité concurrentielle sur les marchés internationaux », a expliqué Magdi Radi, le porte-parole du Conseil des ministres, lors d’un point de presse. Il ajoute que la décision vise aussi la préparation au lancement en Bourse des actions de la société. Ce qui lui apportera de nouvelles sources de financement. Une idée à laquelle le premier ministre, Ahmad Nazif, est vite revenu apporter une précision : « Le lancement en Bourse sera surtout une opération de restructuration de la société et ne signifie pas sa vente à des étrangers ou à un investisseur stratégique ». Une déclaration décrite par le secrétaire général de l’Union de construction, Mohamad Al-Hayatmi, de « très élastique ».

La société Arab Contractors, créé par l’ingénieur Osmane Ahmad Osmane en 1955, est l’une des grandes sociétés de construction dans la région de MENA (voir encadré). Son président, Ibrahim Mehleb, nie de plus toute intention de la vendre partiellement. Mais, il estime important qu’elle devienne une société anonyme pour deux raisons : augmenter sa compétitivité et améliorer sa situation financière. « En devenant société anonyme, Arab Contractors sera capable de surmonter bien des contraintes bureaucratiques », souligne-t-il en expliquant que la législation à laquelle la société est soumise remonte aux années 1960. Du coup, « Arab Contractors ne peut, par exemple, pas se présenter aux adjudications internationales, malgré sa bonne réputation. Il est donc indispensable de se soumettre aux règles normales du marché, tout en restant propriété de l’Etat », ajoute-t-il. Du point de vue financier, Mehleb avance que cette transformation est nécessaire pour libérer les actifs de l’entreprise. « Depuis les années 1960, la société se charge des projets gigantesques du gouvernement, sans être toujours payée. Alors nous avons été obligés d’emprunter aux banques. Résultat : nos dettes dépassent actuellement les 4 milliards de L.E. », explique-t-il. Et pour Salah Hégab, président du comité de construction auprès de l’Association des hommes d’affaires, le gouvernement a tardé à se décider. « Le gouvernement veut se débarrasser d’un lourd fardeau de dettes. Avec ce changement de statut, les décisions seront prises selon les critères du marché plutôt que les critères politiques. Pourquoi Arab Contractors doit-elle rester publique alors que ses concurrentes sont des sociétés anonymes dans lesquelles le gouvernement possède des parts ? ».

Une opinion rejetée en bloc par Gouda Abdel-Khaleq, professeur d’économie à l’Université du Caire, qui assure que « le fait de devenir société anonyme, et de ne plus être sous l’emprise de la loi publique, ne va pas résoudre magiquement les problèmes d’Arab Contractors. Par contre, cette décision dévoile l’intention du gouvernement de privatiser l’entreprise. Et malheureusement la vente d’Arab Contractors ne sera qu’un prolongement du scénario de vente des actifs du gouvernement ». Selon lui, le plan de vente de la société a commencé avec la mise aux enchères internationales d’un terrain de 5 500 feddans (2 321 hectares) sur la route de Suez pour assainir la situation financière de la société. « Or, ce terrain pourrait plutôt devenir une petite ville, et rapporter plus de liquidité », souligne-t-il.

La suite du feuilleton sera connue à l’issue de l’assemblée générale d’Arab Contractors, présidée par le ministre de l’Habitat, Ahmad Al-Maghrabi. Le 15 octobre, elle approuvera ou pas le changement de statut. Mais peu de place est laissé au doute.

Gilane Magdi

Retour au sommaire

 

Un mastodonte
de construction

Créée en 1955 par l’ingénieur Osmane Ahmad Osmane, Arab Contractors est l’une des plus importantes sociétés de construction dans la région MENA. Depuis sa nationalisation en 1961, elle est le « bras constructeur » de l’Etat égyptien dans ses différents projets de développement, dont, parmi les plus célèbres : le Haut-Barrage d’Assouan et le pont du 6 Octobre, au Caire. Arab Contractors conduit actuellement plus de 6 projets gouvernementaux tels que l’Institut de chirurgie cardiaque. De même, la société bénéficie d’une importante présence à l’étranger, puisqu’elle possède des branches dans plus de 26 pays éparpillés dans trois continents : 14 en Afrique, 8 en Asie et 5 en Europe. Les actifs d’Arab Contractors dépassent les 2,3 milliards de L.E. et la société emploie plus de 60 000 personnes. En 2007, le magazine américain ENR (Engineering News Record) a classé la société au 113e rang sur 225, en termes de performances. Arab Contractors est par ailleurs classée 18e des 20 plus importants constructeurs de ponts et chaussées par le même magazine, l’année dernière.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.