Al-Ahram Hebdo,Nulle part ailleurs | Barbar, l’île secrète
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 29 août au 4 septembre 2007, numéro 677

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Nulle part ailleurs

Assouan. D’accès difficile, cachée au loin au milieu du Nil, l’île de Barbar est une oasis fantastique. Un lieu où le temps semble en arrêt. Escapade.

Barbar, l’île secrète

Lointaine, voire inexistante pour ceux qui ne la connaissent pas. Et ils sont nombreux. C’est l’île de Barbar, située à Assouan parmi 57 autres. Un trait particulier distingue chacune d’elles, qu’il soit touristique ou écologique. Mais Barbar, qu’on peut qualifier de magnifique oasis au milieu du Nil, n’est pas visible à tous. On peut sillonner le Nil plusieurs fois sans l’apercevoir. Elle n’est accessible qu’à celui qui vient la chercher. Le seul moyen d’y arriver, c’est un voilier. Mais le commandant de bord doit d’abord donner son avis. « Je dois savoir si la personne que je transporte estime l’île à sa propre valeur, sinon je ne l’amène pas à bord. Je n’en fais pas mon gagne-pain », dit Ragab, batelier. Après quelques minutes de navigation au milieu du Nil, le bateau fait un détour par l’un des versants du fleuve tout à fait original. Ragab éteint le moteur et utilise les rames pour pouvoir se glisser parmi des passages étroits et sinueux. Seul le bruit du frôlement de tiges de roseaux plantées de part et d’autre de la rivière ou celui du gazouillement des oiseaux provenant des réserves naturelles vient briser le silence énigmatique qui y règne. C’est comme une étape de transition entre deux mondes, on s’éloigne de la terre ferme pour s’approcher du paradis. Après quelques minutes de navigation lente et prudente, le chemin commence à s’élargir peu à peu pour laisser apparaître une île éblouissante pleine de vie. Et quelle vie ! Si la ville d’Assouan est célèbre pour le tourisme et les loisirs ainsi que pour son climat hivernal agréable, en été, elle est à éviter en raison de sa chaleur torride. Mais l’île de Barbar a néanmoins renversé ce préjugé avec une plage improvisée qui mérite le détour pendant toute l’année. Une colline de sable doré très abrupte s’étale jusqu’à toucher l’eau argentée du Nil. On peut y savourer des bains de soleil ou une pause à l’ombre des arbres des environs. « Pouvoir jouir au bord du Nil des privilèges de la mer près d’une ville touristique et être entouré de Nubiens aux traits pharaoniques rendent cette île encore plus magique », dit un touriste français qui visite l’Egypte pour la deuxième fois en 5 ans. Il voulait voir en premier cette plage singulière. D’après un autre touriste chinois, le charme et le mystère de cet endroit en font un paradis terrestre. « Le temps passe ici comme un rêve qui se déroule autour d’un fleuve magique », dit-il. D’après Sally, propriétaire d’une felouque, la nature géographique de cet endroit est insolite car normalement le bord du fleuve n’est pas dégradé ni sablonneux. D’habitude, l’eau est chargée de boue qui entrave la natation. Or, poursuit Sally, cet endroit se distingue par une plage qui s’étend sur presque 500 ou 600 mètres de largeur et l’eau y est transparente et fluide.

Le hasard fait bien les choses

En fait, cette île fantastique n’est fréquentée que depuis 15 ans, et cette nouvelle plage ne fut découverte que par hasard. Autrefois, les habitants du village de Gharb Séheil passaient leur temps de loisirs et de repos sur l’île d’Isis. Puis, la construction d’un nouvel hôtel les a privés de ce lieu de repos du jour au lendemain. Il fallut alors chercher une alternative dans la région, ils ont découvert l’île de Barbar restée inconnue et négligée jusqu’à cet incident. Gamal Anouar, guide touristique originaire d’Assouan, explique que quelques années durant, l’île ne fut alors fréquentée que par les habitants de Gharb Séheil et quelques guides touristiques et bateliers qui voulaient épater des touristes avides d’exotisme. « Ces derniers venaient à titre privé. L’objectif était de les impressionner par cette visite hors programme », dit Gamal. Avec le temps, l’endroit s’est fait connaître des étrangers, mais de manière limitée. Fathi, guide, affirme que tous ses collègues reconnaissent que la visite de cette île est une chose exceptionnelle et fantastique pour les touristes. Cependant, aucune agence de voyages n’a organisé de tours, malgré les intérêts économiques qu’elles pourraient y trouver. « On préfère attirer des clients d’élite qui savent apprécier la beauté de cette île encore vierge et préservée des touristes », dit Fathi. Et d’ajouter : « Les Français ont été les premiers à mettre les pieds sur l’île et il n’y avait qu’eux avant que l’île ne soit fréquentée par des touristes de toutes les nationalités, mais en nombre bien limité ».

Quant aux habitants, ils se sont retirés pour permettre aux touristes de se sentir à l’aise. « L’argent du tourisme a toujours été notre source essentielle de gagne-pain, alors on doit faire des sacrifices », dit Moustapha, Nubien habitant de Gharb Séheil, village mitoyen de l’île. Lui et les autres habitants ont profité de la situation pour créer des activités comme la fabrication et la vente d’artisanat local (accessoires, souvenirs pharaoniques ou africains). Tout est fabriqué maison, fait par les femmes et exposé sur le sable. Pour augmenter le charme et l’exotisme de l’endroit : des promenades à dos de chameau sont organisées. Des bateaux à voile amènent les visiteurs qui passent leur temps entre eau, soleil et verdure. Pour quitter l’île, c’est toujours l’originalité : rejoindre les felouques à dos de chameau, comme le dit Debra, une Américaine résidant en Egypte.

Coexistence étrangers et Assouanais

Si l’île de Barbar est actuellement réservée aux touristes initiés, les gens de Gharb Séheil et les habitants d’Assouan y ont tout de même accès. Mais ils ont choisi de fréquenter une plage plus éloignée que celle réservée aux touristes. Ils peuvent en toute tranquillité nager ou jouer sur le sable loin des regards des visiteurs. « C’est un comportement qui va de soi, surtout lorsqu’il s’agit de business et du bien de nos citoyens », dit Réda, habitant d’Assouan. Chaque jour, en été et au coucher du soleil, il vient accompagné de sa famille. Là, ses enfants barbotent dans l’eau ou s’amusent sur le sable pendant que lui use la pipe de son narguilé. Tout cela ajoute une note de plus à l’ambiance singulière de l’endroit.

Malgré le succès que pourrait avoir cette île si une campagne publicitaire la valorisait, tout le monde s’accorde à dire qu’il serait préférable de garder ce coin secret et laisser faire le bouche à oreille pour éviter la ruée vers cette île. Un lieu dont l’existence ne semble pas réelle tant qu’on ne l’a pas visité. Elle restera enfouie dans les mémoires .

Hanaa Al-Mekkawi

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.