Al-Ahram Hebdo,Invité | Prasad Kariyawasam
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 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

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Invité

En visite au Caire, Prasad Kariyawasam, chef de la Commission d’enquête des Nations-Unies sur les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés, évalue la situation sur le terrain et dénonce des nombreuses violations de la part de l’Etat hébreu.

« Les Palestiniens sont incapables de mener une vie normale à cause de l’occupation »

Al-Ahram Hebdo : Lors de votre dernière visite dans la région, vous aviez émis des recommandations pour que des sanctions contre Israël soient mises en place. Qu’en est-il des développements de ce dossier ?

Prasad Kariyawasam : Nous avons effectivement fait des recommandations formelles à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité des Nations-Unies, disant qu’il était temps que la communauté internationale prenne en considération l’émission de sanctions contre Israël à cause de la poursuite de ses pratiques de violations des droits fondamentaux de l’homme, ce qui est inconcevable et inacceptable dans notre monde moderne. Malheureusement, elles ne sont encore que des recommandations. Et nous, en tant que commission d’enquête, ne pouvons faire plus que d’émettre des recommandations.

— Mais la Commission d’enquête des Nations-Unies a-t-elle constaté des changements sur le terrain ?

— Nous sommes très préoccupés par la poursuite des activités de construction du mur de séparation qui est en train de créer un nouveau statu quo sur le terrain, et qui rend chaque jour de plus en plus difficile l’idée d’un Etat palestinien viable.

— Considérez-vous qu’il y a eu une détérioration de la situation par rapport à la dernière visite de la commission dans la région, faite il y a une année ?

— Nous avons constaté que la situation s’est clairement détériorée par rapport à l’année passée. Que ce soit la situation à Jérusalem Est, dans tout le reste de la Cisjordanie ou à Gaza. Ce qui nous préoccupe particulièrement, ce sont certaines méthodes employées par Israël pour porter atteinte aux droits des Palestiniens, en essayant de supprimer leurs droits légitimes. Il fait cela en manipulant leurs lois, disant, par exemple, qu’un Palestinien qui construit sa maison à Jérusalem Est est en train de commettre un acte illégal, alors que pour nous, ceci est parfaitement légitime car ce sont des personnes qui ont toujours vécu sur ces terres. Et nous nous posons la question sur la légitimité de cette légalité proclamée par une Autorité d’occupation, comme c‘est le cas de l’Etat d’Israël.

— Selon les témoignages, quel tableau pouvez-vous dresser des pratiques israéliennes de violation des droits de l’homme dans les territoires occupés ?

— On continue à entendre des plaintes sur la destruction continue des propriétés palestiniennes, la destruction des plantations ... Les Palestiniens sont incapables de mener une vie normale à cause de l’occupation. A cause du blocage économique que leur a imposé Israël, ils ne reçoivent pas leurs salaires. Donc, la conclusion que nous tirons de leurs propos est que les sanctions économiques sur certaines parties du territoire palestinien sont en train d’affecter leur vie quotidienne, et cela affecte leur capacité à fonctionner comme une société normale, ce qui est sans doute une atteinte à leurs droits fondamentaux : leur droit à la vie, à l’éducation, leur droit de recevoir des soins médicaux. Tout cela est en train de se détériorer encore plus dans les présentes circonstances. Car lorsqu’Israël adopte la pratique d’assassinats ciblés, il est non seulement en train de violer le droit, mais surtout de tuer un grand nombre de personnes absolument innocentes, des victimes qui sont des femmes et des enfants et qui succombent à ces attaques.

— Comment le fait d’avoir une mobilité limitée affecte-t-il la situation des Palestiniens ?

— Le mur de séparation, par exemple, est en train d’affecter leur capacité d’éduquer leurs enfants, d’aller se faire soigner dans des hôpitaux, de rendre visite à leurs proches et voisins, de même d’aller travailler dans leurs propres terres.

— Et sur le plan de l’infrastructure, quelles sont les plaintes que vous avez reçues de la part de Palestiniens ?

— Il y a, par exemple, un gros problème par rapport à l’eau, surtout à Gaza, où il n’existe pas, en ce moment, d’usine de traitement de l’eau, ce qui cause des problèmes sanitaires très importants. De plus, l’électricité ne parvient aux habitants que pendant deux heures par jour et cela affecte les écoles et les hôpitaux.

— En raison de ces difficiles conditions, de nombreux cadres et professionnels importants pour la société palestinienne plient bagage. Comment voyez-vous la situation à l’avenir ?

— Ceux qui sont en train de chercher à partir le font évidemment à cause des violations des droits de l’homme commises par les autorités israéliennes, auxquelles ils sont obligés d’être constamment soumis, et ceci est une réaction humainement compréhensible. Lorsqu’on est confronté à une situation de menace, de danger, la réaction normale est de chercher à partir. Mais nous retrouvons souvent, par ailleurs aussi, des Palestiniens vraiment remarquables, qui sont décidés à ne pas partir, à rester et à lutter pour leurs droits, malgré les conditions très difficiles. Nous avons rencontré nombre de ces personnes et j’aime mentionner le cas de ce jeune ingénieur, spécialiste des questions de l’environnement, ayant obtenu un doctorat en France et fait des spécialisations en Allemagne, qui aurait pu facilement retrouver du travail ailleurs, mais malgré cela a choisi de s’installer avec sa famille en Palestine et est décidé à rester pour aider son pays et lutter pour ses droits.

— Comment évaluez-vous la situation au point de passage de Rafah ?

— Les difficultés existantes au point de passage de Rafah nous ont été effectivement décrites par de nombreux témoins. Il y a, en ce moment, 7 000 personnes bloquées à la frontière. Mais nous avons traité de ce sujet avec les parties impliquées et sommes convaincus que cette situation sera bientôt réglée .

Propos recueillis par Randa Achmawi

 




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