Al-Ahram Hebdo,Environnement | Mohamad Abdel-Aziz  Al-Guindi,« Une application plus ferme de la loi est plus qu’urgente »
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 1er au 7 août 2007, numéro 673

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Environnement

Protection de l’environnement. D’une année à l’autre, la situation se détériore et la loi chargée d’y veiller est pointée du doigt, malgré les réformes de 2005 pour en accroître la sévérité. Un de ses instigateurs, Mohamad Abdel-Aziz  Al-Guindi, actuel président de l’Association des amis de l’environnement  à Alexandrie, s’exprime sur le sujet.

« Une application plus ferme de la loi est plus qu’urgente »

Al-Ahram Hebdo : La loi sur l’environnement numéro 4 de l’année 1994, dont vous êtes l’un des parrains, est considérée comme trop faible car incapable de régler les problèmes. Qu’en dites-vous ?

Le conseiller Mohamad Abdel-Aziz Al-Guindi : Je dirais que cette loi, comme toutes les autres en Egypte, connaît des difficultés d’application en raison de la corruption omniprésente. Nombreux sont ceux cherchant à profiter des points faibles des lois et s’en mettre plein les poches, surtout quand il s’agit d’activités industrielles. Par exemple, la loi sur l’environnement exige des industries installées sur un site de ne pas affecter l’environnement et de respecter les normes légales en ce qui concerne les déchets. De plus, la loi exige de chaque industrie qu’elle fasse une étude sur l’impact environnemental de son activité afin de s’assurer que l’environnement ne sera pas affecté négativement. Par ailleurs, toutes les industries sont actuellement obligées de tenir un registre environnemental concernant les déchets, les émanations, l’énergie, les ressources, donc tout ce qui a rapport avec l’environnement.

Ces exigences sont appliquées aux nouvelles industries. Mais le vrai problème réside dans les vieilles industries dont la technologie est très ancienne et par conséquent très polluante ...

— Dans ce cas, le législateur a donné aux anciennes industries un délai de 6 ans, atteint en 2000, pour se conformer aux normes édictées par la loi. Mais seul un quart de ces industries s’est conformé à la loi. Et malheureusement, le législateur a oublié de fixer une sanction pour les industries qui refusent de se conformer aux normes de la loi. A vrai dire, cette question des industries est difficile et est prise dans un cercle vicieux car les propriétaires des industries, que ce soit le gouvernement ou le secteur privé, essayent d’exercer une pression en utilisant le facteur social. Ils ne cessent de répéter qu’une fois l’industrie fermée à cause de la pollution qui en résulte, des dizaines, voire des centaines d’ouvriers perdront leur unique gagne-pain. Un argument qui touche le législateur. Il ne veut pas cesser la pollution sur les cadavres des ouvriers.

Mais la loi sur l’environnement en question est aussi estimée incomplète car elle ne couvre pas tous les sujets. Que répondez-vous à cela ?

— C’est faux. Toutes les sortes de pollution ont été mentionnées dans la loi 4 sur l’environnement. Par exemple, le débarras non conforme à la loi de déchets dangereux est considéré comme un crime. La peine varie de 5 à 15 ans de prison. Et ainsi de suite. La loi peut être meilleure mais le problème, je le répète, réside dans la manière dont la loi est appliquée.

La loi sur l’environnement a fait l’objet de réformes en 2005. Pourquoi ?

— Dans les réformes de 2005, nous avons voulu être plus sévères avec les normes de la pollution. Nous avons ajouté la notion de masse de polluants à côté de la concentration de polluants. En effet, la quantité du polluant, son volume, compte dans l’évaluation de la pollution existante. C’est-à-dire qu’on ne parle plus de nombre d’établissements industriels dans une région, mais de la charge de la pollution dans la région même si la région concernée ne compte qu’une seule industrie. Les réformes de 2005 ont donc été des réformes plutôt techniques.

La loi a aussi été réformée très récemment. Quelle est la teneur de ces réformes ?

— Les nouvelles réformes ont été approuvées par le Conseil des ministres et elles sont en train d’être revues par le Conseil d’Etat. Dans ces réformes, nous avons présenté des sanctions sur les industries qui n’ont pas présenté l’étude d’évaluation de l’impact environnemental. Nous avons également voulu être encore plus sévères avec les normes des polluants. De même en ce qui concerne les industries : nous nous sommes concentrés sur l’environnement de travail et les espaces verts. D’un autre côté, nous avons intégré pour la première fois la question du Nil qui dispose déjà d’une loi numéro 48 de l’année 1982. Nous avons essayé, de plus, d’être plus spécifiques en ce qui concerne le rôle de chaque organisme chargé de la défense des côtes. Les réformes couvrent, en fait, de nombreux sujets et le but est de parvenir à une meilleure version de la loi.

En ce qui concerne l’exécution de la loi, pourquoi est-elle si peu sévère ?

— En général, l’exécution de la loi relève de la responsabilité du ministère de l’Intérieur. Nous avons, en vain, demandé à avoir une police spécialisée pour les crimes environnementaux. Ce n’est qu’en 2001 que le terme environnement a été ajouté au nom de la police des surfaces hydrauliques qui est devenue la police de l’environnement et des ressources hydrauliques. En 2005, elle est devenue la police de l’environnement et des surfaces. Mais cette police, à mon avis, est inefficace car ce n’est pas le nom qui compte, mais le principe. Les agents de cette police doivent comprendre la nature des crimes environnementaux, ils doivent suivre des formations pour appliquer la loi 4 sur l’environnement comme il se doit.

Enfin, comment considérez-vous, à titre personnel, la situation de la pollution en Egypte, surtout dans votre gouvernorat, Alexandrie ?

— Les conditions environnementales sont très détériorées, et le peuple ne restera pas les bras croisés pour toujours. La soif, le danger et la privatisation des ressources naturelles peuvent conduire à une révolution. Nous avons vu ce que le manque d’eau a provoqué dans certains gouvernorats ces dernières semaines. La pollution s’aggrave de jour en jour et la population paye lourdement de sa santé. Par exemple, à Alexandrie, le golfe d’Abouqir a perdu toute sa valeur à cause de la pollution qui y est déversée par l’usine Racta pour le papier. De même, la compagnie Misr pour les produits chimiques déversait du mercure dans le golfe d’Al-Max, ce qui a provoqué de nombreux cancers chez ceux qui se nourrissent principalement de poisson. Il y a aussi le lac Mariout qui reçoit toutes sortes de pollutions alors qu’il contient 40 % de la richesse piscicole du gouvernorat. Bref, le volume de la destruction environnementale est vraiment inquiétant. Le législateur veut surmonter les points faibles de la loi mais son application plus ferme est plus qu’urgente.

Propos recueillis par Dalia Abdel-Salam

Retour au sommaire

 

En Bref

Ressources
La crise de l’anchois est une nouvelle illustration de l’appauvrissement inquiétant des ressources vivantes marines auquel il est encore possible de parer, selon les experts. La Commission européenne a décidé de ne pas rouvrir cette année la pêche à l’anchois dans le golfe de Gascogne, afin de permettre aux stocks en danger d’épuisement de se reconstituer. Quelque 100 millions de tonnes de produits aquatiques (poissons, mollusques et crustacés) sont consommés chaque année dans le monde depuis 2002, soit six fois plus qu’en 1950, selon les données de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer). Et la demande mondiale devrait augmenter de 2 % par an au cours des deux prochaines décennies. Or, selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la moitié des stocks halieutiques mondiaux sont exploités au maximum de leur potentiel depuis 30 ans, un quart est surexploité ou déjà épuisé et un quart seulement est modérément exploité. 

Réchauffement
L’accélération de la fonte des glaciers liée au réchauffement climatique contribuera davantage à la montée du niveau des océans durant ce siècle que la diminution des glaces arctiques et antarctiques, selon une étude publiée dernièrement aux Etats-Unis. Les glaciers et calottes glacières (hors Arctique et Antarctique) comptent pour environ 60 % de l’apport en eau aux océans provenant de la fonte de la glace qui s’est nettement accélérée depuis dix ans, explique le professeur Mark Meier, de l’Institut de recherches arctiques et alpines de l’Université du Colorado (ouest), principal auteur de cette recherche. L’apport en eau provenant de cette fonte est actuellement de quelque 160 km3 de glace annuellement, un volume d’eau presque équivalent au lac Erié, un des grands lacs nord-américains. Ce volume s’accroît de près de 5 km3 par an. En comparaison, la fonte des glaces du Groenland compte seulement pour 28 % dans la montée du niveau des océans, tandis que l’apport de l’Antarctique est d’environ 12 %. Le rythme de fonte des glaces du Groenland ne devrait pas atteindre celui des glaciers et calottes glaciaires en termes de contribution à la montée des océans avant la fin du XXIe siècle, selon les auteurs.
 

Déforestation
Plusieurs centaines de défenseurs de l’environnement ont manifesté récemment à Abidjan contre la « déforestation accrue » en Côte-d’Ivoire, accusant des responsables ivoiriens d’être « complices des industriels » du bois. A l’appel du Groupe écologique Côte-d’Ivoire (Geci) et Ecologia, œuvrant pour la préservation du patrimoine forestier national, ils ont organisé un sit-in devant un gratte-ciel de la capitale économique ivoirienne qui abrite le ministère de l’Environnement. Ils brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient notamment inscrits les slogans « Peuple ivoirien, soyez vigilants, votre forêt se meurt » et « Danger à l’horizon, sauvons nos forêts ». Le président ivoirien, Laurent Gbagbo, avait déploré samedi l’exploitation abusive de la forêt en Côte-d’Ivoire, dont près de 300 000 hectares disparaissent chaque année. « 200 000 à 300 000 hectares de superficie forestière disparaissent annuellement par la faute de l’homme », avait dénoncé le président Gbagbo, lors d’une « Journée de l’arbre » organisée vendredi dans son village à Mama (ouest). Le ministre ivoirien de l’Environnement, Daniel Aka Ahizi, particulièrement visé par les manifestations, avait appelé ses compatriotes à lutter contre la déforestation « en plantant au moins un hectare de forêt ».

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.