Al-Ahram Hebdo,Voyages |  Vous aurez tout à déclarer 
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Voyages

Tourisme. Des mesures douanières beaucoup plus strictes et une hausse des tarifs des vols intérieurs appliqués par EgyptAir suscitent de nombreuses critiques.

 Vous aurez tout à déclarer  

Un encombrement extraordinaire a été remarqué à l’aéroport du Caire pendant toute la semaine dernière, surtout dans les salles d’embarquement et de débarquement. Beaucoup de touristes s’étaient regroupés autour du représentant de leur agence de voyages pour s’informer du nouveau formulaire douanier qu’ils doivent remplir et qui est très détaillé : nombre de bagages, leur contenu, somme avec le passager ... Ces représentants ne parvenaient pas à aider les voyageurs puisqu’eux-mêmes ne comprenaient rien à ce document, rédigé et imprimé uniquement en arabe et en anglais. A rappeler à cet égard, par exemple, que la majorité des touristes qui se rendent en Egypte sont des Russes ou des Italiens qui ne maîtrisent pas forcément l’une des deux langues. Ce nouveau formulaire est intervenu en fait, comme l’expliquent les fonctionnaires de l’Organisme des douanes, de l’application de la loi sur la lutte contre le blanchiment de fonds. « Ce formulaire a été appliqué soudainement sans avertir les responsables ni les agences travaillant dans le secteur du tourisme et qui seront sans doute les plus affectés par une telle mesure. Ni le Conseil suprême du tourisme ni l’Union des chambres du tourisme n’étaient au courant de la mise en vigueur de ces procédures pour pouvoir envisager leur influence sur le mouvement du tourisme en Egypte », explique le Dr Khaled Al-Manawi, président de la Chambre des agences de voyages. Si l’objectif de ce formulaire vient dans le cadre de l’application de la loi sur la lutte contre le blanchiment de fonds, les responsables de la douane se demandent pourquoi donc le formulaire porte sur des détails inutiles. « Pourquoi retarder et embrouiller les touristes de cette façon », souligne Al-Manawi.

Dans ce formulaire de douane, le passager doit indiquer s’il porte sur lui plus de 10 000 dollars et 5 000 L.E. Il doit aussi donner des instructions sur les limites des exemptions douanières. Dorénavant les cadeaux que porte le passager ne doivent pas dépasser les 1 500 L.E., il ne pourra plus acheter qu’un litre d’alcool, 200 cigarettes ou 200 grammes de tabac, un litre de parfum, etc.

 

Blanchiment de fonds

Pour sa part, Fathi Nour, président de la Chambre des hôtels, assure que lui comme tous les responsables du tourisme en Egypte comprennent qu’il existe actuellement une forte tendance dans le monde entier pour la lutte contre le blanchiment de fonds. Mais dans nombre de pays européens comme la France, l’Espagne ou l’Italie par exemple, de grandes pancartes sont mises visiblement dans les salles d’arrivée et avant de passer par les douanes. Ces pancartes informatives indiquent que chaque passager doit déclarer la somme d’argent qu’il porte sur lui si celle -ci dépasse une certaine limite. La même annonce est diffusée à bord avec la carte d’arrivée. « D’ailleurs, on ne parle pas seulement de l’aéroport du Caire mais il y a ceux de Charm Al-Cheikh, d’Hurghada ou de Louqsor qui reçoivent tous  les week-end des centaines de charters par jour. Ce qui fait qu’on va trouver des queues des touristes en dehors de l’aéroport. En outre, la grande majorité de ces touristes ont sur eux des sommes qui ne dépassent pas les 500 dollars et ils utilisent pour la plupart leur carte de crédit », ajoute-t-il.

Comment faire ? Le ministère du Tourisme fait appel à une meilleure application des dispositions. « Personne ne peut refuser l’application d’une loi. Le problème c’est dans son application. On a seulement demandé que ce formulaire soit rempli par les passagers à bord, pour gagner du temps, et qu’il soit dans plusieurs langues puisqu’il y a des touristes qui ne connaissent ni l’arabe ni l’anglais même si quelqu’un les aide. Ils sont tout de même effrayés de signer un papier qu’il leur est impossible de comprendre », explique Hala Al-Khatib, porte-parole du ministère du Tourisme .

Dalia Farouk

 


 

Et encore un coup

A part le formulaire des douanes, une autre décision a été annoncée soudainement cette semaine mais cette fois-ci de la part de la compagnie aérienne nationale EgyptAir, celle-ci vient d’annoncer la hausse des prix des tickets d’avion de 20 % pour les vols domestiques des Egyptiens. Cette décision a, elle aussi, suscité beaucoup de critiques dans le secteur du tourisme. « A l’heure où le ministère du Tourisme déploie un grand effort pour encourager le tourisme interne, la hausse des prix vient compromettre ses initiatives. Les prix modérés encourageaient les Egyptiens à se rendre à Charm Al-Cheikh ou à Assouan pour passer quelques jours en famille alors que les touristes obtenaient des prix réduits pour les groupes », assure Amr Sedqi, vice-président de la Chambre des agences de tourisme. En fait, les responsables essayaient de relancer le tourisme interne, dont le chiffre avait dépassé en 2006 plus de 15 millions d’individus, non seulement pour augmenter les recettes du secteur du tourisme mais surtout pour que le tourisme interne soit une alternative pour l’industrie de tourisme en cas de crise qui affecte le taux de fréquentation des étrangers. « Le tourisme est une industrie qui est rapidement influencée par les circonstances de toute la région. Ainsi, le tourisme interne est-il complémentaire de celui du tourisme externe  », explique Amir Fahim, expert de tourisme. Pour sa part, EgyptAir a justifié cette augmentation par l’application du nouveau système de réservation à travers Internet (IB). Ce qui a exigé l’unification des prix pour les Egyptiens et les étrangers. « Il n’y a nulle part au monde de compagnie aérienne qui fait des réservations selon la nationalité du passager. C’est une discrimination refusée. Pour cela, on a essayé de rapprocher les prix des billets entre étrangers et Egyptiens sur les vols domestiques. On a ainsi augmenté les prix des billets pour les Egyptiens et on a baissé ceux des étrangers. Cette augmentation n’est pas  exagérée puisqu’elle n’est appliquée que sur la classe des affaires (business class) qui représente en moyenne 8 sièges seulement sur un petit avion de vol domestique. Un ticket pour Charm en business class était de 600 L.E. pour le touriste étranger contre 360 pour un Egyptien. Maintenant, il est à 427 L.E. pour les deux. Donc, une hausse de 13 à 15 % seulement », explique Safwat Mossalam, président du secteur commercial d’EgyptAir. Paroles peu crédibles puisque « la hausse des prix varie entre 20 et 80 % et celle-ci n’a aucun rapport avec la catégorie des sièges, puisqu’en général il n’y a que quelques-uns qui soient libres à bord des avions accessibles aux Egyptiens. La plupart des vols domestiques étant réservés par les étrangers d’avance », répond un propriétaire d’une agence de voyages qui a requis l’anonymat.

Par contre, dans tous les pays du monde, les vols domestiques sont vendus à très bas prix en coopération avec les organismes de promotion touristique dans le but d’encourager les gens à passer leurs vacances dans une destination touristique au sein du pays même. En Allemagne, par exemple, le prix des billets des vols domestiques varie entre 20 et 50 euros et ne dépasse les 90 euros que lors des saisons de pointe. Même entre les pays européens, les prix des billets sont modestes. « Un billet de Francfort à Madrid par exemple varie entre 75 et 150 euros selon la classe réservée », assure Baher Sobhi, directeur du bureau égyptien de la promotion touristique à Francfort en Allemagne.

Le fait qu’EgyptAir soit la seule compagnie nationale en Egypte est la cause principale de cette crise. Si une famille égyptienne de quatre personnes choisit de passer ses vacances en Egypte, elle payera plus de 3 000 L.E. uniquement pour les billets d’avion. Ceci poussera donc certaines d’entre elles à préférer voyager à l’étranger.  « Le monopole qu’exerce EgyptAir sur le secteur de l’aviation est la source de la crise. S’il y avait sur le marché d’autres compagnies aériennes, EgyptAir aurait réfléchi mille et une fois avant de hausser ses prix et elle aurait négocié avec les responsables du tourisme et les travailleurs dans ce domaine » souligne Amr Sedqi.

D. F. 

 




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