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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Sports

Football . La Confédération Africaine de Football (CAF) a décerné ses prix pour l’année 2006, jeudi 1er mars à Accra, au Ghana. A l’honneur : Drogba, les Blackstars et Ahli.

Drogba roi d’Afrique

C’est l’attaquant ivoirien de Chelsea (Ang), Didier Drogba, qui a été désigné jeudi joueur africain de l’année 2006. Drogba, premier Ivoirien à être honoré par cette récompense, a décroché ce titre après un coude à coude serré avec l’attaquant camerounais du FC Barcelone (Esp) Samuel Eto’o, lauréat des trois dernières éditions, et son coéquipier à Chelsea, le Ghanéen Micheal Essien. Avec un total de 79 voix, Drogba (29 ans) l’a remporté à 5 longueurs seulement devant Eto’o (74 voix) tandis qu’Essien était plus éloigné, avec 36 voix seulement.

Un titre bien mérité après une exceptionnelle année 2006, que ce soit avec Chelsea ou la sélection de son pays. « C’est une immense fierté que d’être reconnu par l’ensemble du continent africain. Je ressens une joie indescriptible. C’est aussi une juste récompense par rapport à tous les efforts et les sacrifices que j’ai consentis par le passé », explique le capitaine de la sélection ivoirienne.

Personne ne peut nier les efforts de Drogba avec la sélection ivoirienne en 2006. Sa contribution a été majeure à la séduisante performance de la Côte-d’Ivoire qui a pu se hisser jusqu’en finale de la CAN 2006, perdue à l’issue des tirs au but face à l’Egypte. De même qu’il était l’un des principaux artisans de la qualification de son pays pour une première phase finale de la Coupe du monde. Malgré son but en match d’ouverture contre l’Argentine 2-1 (premier but de l’histoire des Ivoiriens au Mondial), il n’a ensuite présenté qu’une pâle figure et a dû se contenter, tout comme ses coéquipiers, d’une rapide visite en Allemagne après que le tirage au sort leur fut défavorable, aux côtés de l’Argentine, des Pays-Bas et de la Serbie-Monténégro.

Idem avec son club londonien, il a remporté le titre de champion d’Angleterre et cette saison, les Blues sont en lice encore pour les titres de championnat, Ligue d’Europe et Coupe de l’UEFA. L’année 2006 fut pleine de défis pour Drogba. Le club anglais a recruté au début de la saison la machine à buts ukrainienne, André Chevchenko. Pour certains observateurs, l’arrivée de Chevchenko menaçait la place de Drogba à Chelsea.

Mais l’Ivoirien doté de grandes capacités, puissance, vitesse et frappe de balle précise et soudaine, a répondu avec brio à tous ses détracteurs, devenant le buteur de l’équipe de Chelsea et du Championnat anglais (18 buts en 28 matchs), éclipsant Cheva. « C’est le meilleur attaquant au monde actuellement, s’il y a quelqu’un d’autre, montrez-le moi », avait déclaré son coéquipier Frank Lampard. Alors que Chelsea semble en baisse de forme, Drogba semble, lui, être son plus grand espoir et sa chance pour décrocher des gloires cette année. Il l’a déjà prouvé en les menant au titre de la Carling Cup il y a deux semaines, lorsqu’il a, tout seul, transformé leur défaite de 0-1 contre Arsenal en une victoire 2-1 à la fin du temps réglementaire .

 

Taiwo, nouvel espoir

Le Nigérian Taye Taiwo (22 ans) a été désigné, quant à lui, meilleur espoir de l’année. Un choix qui a, pour certains, fait fi de la performance de l’Ivoirien Salomon Kalou, ancienne vedette de Feyenoord (PB) et actuel joueur de Chelsea (Ang). Mais Taiwo a énormément séduit avec le Nigeria, médaillé de bronze de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2006. Impressionnant physique (1,78 m pour 75 kg) et doté d’une frappe du gauche à percer des murailles, le latéral gauche des Super Aigles a pu se distinguer dans la compétition la plus prestigieuse du continent malgré son jeune âge. L’espoir de l’Olympique de Marseille (OM) s’est vite retrouvé sous les feux des projecteurs avec de grandes équipes telles que Chelsea, l’Inter Milan et PSV.

Voulant protéger son investissement, Pape Diouf, président de l’OM, lui a fait signer un contrat jusqu’en 2009. En effet, Taiwo se trouve au cœur du nouveau noyau qui se construit actuellement à Marseille afin de retrouver la gloire et bousculer Lyon. « Un pari sur l’avenir », comme l’avait décrit Diouf. Après le départ de Bixente Lizarazou, champion du monde et d’Europe avec la France, en 2005, Taiwo, à petits pas, s’est imposé dans le onze de départ de l’OM au point d’en être devenu le titulaire lors des 12 derniers mois. Souvent défectueux sur ses relances et déplacements, ses qualités techniques et sa puissance de frappe (4 buts cette saison, dont un en Coupe de l’UEFA) couvrent cependant ses défauts qui devront normalement s’évincer avec son développement et l’expérience du jeu.

Il est non seulement l’un des joueurs les plus prometteurs du continent, mais aussi l’un des plus gros potentiels du monde sur le flanc gauche.

 

Le Ghana, meilleure sélection

La réponse correcte à la question quelle est la meilleure sélection africaine de l’année 2006 est sans doute la sélection du Ghana. Car les Blackstars ont bien représenté l’Afrique lors de la dernière Coupe du monde d’Allemagne (défaite contre l’Italie 0-2 et deux victoires contre la République tchèque 2-0, et les Etats-Unis 2-1). Malgré sa présence au sein d’un groupe très difficile, comprenant l’Italie, la République tchèque et les Etats-Unis, la sélection ghanéenne, qui a participé à la Coupe du monde pour la première fois de son histoire, a réussi à créer la grande surprise et à se qualifier pour le second tour, aux côtés de l’Italie et aux dépens de la République tchèque de Pavel Nedeved. Encore une fois, le sort a joué contre les Ghanéens puisqu’ils ont trouvé la sélection brésilienne sur leur chemin durant les 8es de finale de la compétition. Rien de plus normal que le représentant de l’Afrique s’incline 0-3 face à une sélection comprenant des joueurs considérés comme les meilleurs du monde, à l’image de Ronaldinho, Kaka, Adriano, Kafu et Roberto Carlos ! Malgré l’élimination du Ghana, les Ghanéens sont sortis du Mondial la tête haute, grâce à l’excellente performance de leurs stars, Micheal Essien, Sulley Muntari et Stephan Appiah, qui ont conduit cette jeune équipe au second tour du Mondial.

Ainsi, l’excellente performance de la sélection ghanéenne lors du Mondial a-t-elle fait oublier son élimination du premier tour de la CAN, qui avait remis en question son sort au Mondial. Mais il faut préciser que les Blackstars ont dû jouer la CAN sans leurs deux grands atouts, Micheal Essien et Sulley Muntari qui ont ébloui le monde entier lors du Mondial d’Allemagne.

 

Ahli rafle la mise

Pour la deuxième année consécutive, Ahli a été désigné meilleur club du continent africain aux dépens de la jeune et séduisante formation d’ASEC d’Abidjan et de l’Etoile du Sahel de Tunis, vainqueur de la Coupe de la Confédération Africaine de Football. Deux adversaires qu’Ahli a d’ailleurs battus, le premier en demi-finales de la Ligue d’Afrique, dans son parcours vers le titre, et le second en match de la Supercoupe d’Afrique, qui a eu lieu le 18 février dernier. Mais ce n’est pas la seule raison de ce choix. En effet, les Rouges ont pu défendre leur titre acquis en 2005 et se confirmer comme maîtres du continent. Un cinquième titre, égalant ainsi le record de Zamalek. Ils ont réussi à surmonter tous les obstacles et la grande série de blessures et absences durant tout leur parcours, notamment ceux de Mohamad Barakat, meilleur joueur et buteur de l’édition de 2005, l’international angolais Sebastiao Gilberto, et l’international des Pharaons Mohamad Abdel-Wahab, décédé en août dernier.

Représentant africain aux Championnats du monde des clubs au Japon pour la deuxième année consécutive, Ahli a été le meilleur ambassadeur pour confirmer la présence des Africains parmi les élites du monde. Les Rouges ont terminé à la troisième place derrière le champion Internacional (Brésil) et le célèbre FC Barcelone (Esp) et ceci après avoir battu les Néo-Zélandais d’Auckland City 2-0 au premier tour et le Club America du Mexique 2-1 en match de classement.

Jusqu’à présent, aucune équipe n’a pu menacer le trône des Rouges. Et bien que la nouvelle édition ait été lancée en présence de nombreuses puissances telles que Zamalek, l’Espérance de Tunis (Tunisie), l’ASEC d’Abidjan (Côte-d’Ivoire) et le Raja (Maroc), Ahli semble toujours au-dessus du lot, notamment avec le prochain retour de Barakat et de Gilberto, sans compter ses nouvelles recrues qui vont encore rendre l’équipe plus puissante.

 

Hommage à Abou-Treika

Personne ne peut oublier son but historique à la dernière minute de la finale retour de la Ligue des champions d’Afrique opposant Ahli à la formation tunisienne du club Sfaxien, au stade de Radès.

Alors que le score était de 0-0 et que tout le monde attendait le sifflet final de l’arbitre pour déclarer les Tunisiens champions d’Afrique, le score étant en leur faveur après le 1-1 concédé lors de la finale aller au Caire, l’excellent milieu de terrain international d’Ahli, Mohamad Abou-Treika, crée la surprise en réalisant le but de la victoire de son équipe, donnant ainsi à Ahli le titre le plus cher de son histoire. Ce but somptueux a été comparé à celui du Français Zinedine Zidane dans les filets de Bayern Leverkusen qui était marqué dans les mêmes circonstances mais en Ligue des champions d’Europe.

En effet, le grand rôle d’Abou-Treika ne se limite pas seulement à ce but. Ses efforts ont été remarquables avec les Rouges tout au long de leur parcours dans la compétition africaine. Aux côtés de son titre de buteur de la compétition avec 8 buts, il a été l’arme fatale des Rouges durant cette édition et même la clé de tous ses succès. Il fut le cœur de cette formation par ses grandes capacités : une grande variété de puissants tirs, dribbles, têtes et coups francs illustrent son talent abondant.

La performance exceptionnelle d’Abou-Treika lui a permis de figurer sur la liste préliminaire des joueurs favoris pour le titre de meilleur joueur du continent noir pour l’année 2006, avant d’être éliminé de la compétition. Bien que son élimination ait déçu, sa présence avec de grandes stars mondiales comme Drogba, Eto’o, Essien et Kanu demeure un grand honneur. En tout cas, il peut se consoler avec son titre de meilleur joueur de la Ligue des champions d’Afrique.

 

José Da Silva, meilleur technicien

Encore une fois, le directeur technique d’Ahli, Manuel José Da Silva, a été désigné meilleur technicien aux commandes d’une formation africaine. L’année dernière, ce titre lui avait été décerné sans surprise, mais cette année, le technicien portugais l’a remporté aux dépens de l’Egyptien Hassan Chéhata, qui a réalisé l’exploit de la Coupe d’Afrique des nations 2006, en plus du Français Patrick Lewig, directeur technique d’ASEC d’Abidjan. Et pourquoi pas, puisqu’il a pu mener son équipe à récolter tous les titres qui se présentaient quelles que soient les conditions de son équipe et du jeu. « Il est vrai que José possède une belle palette de joueurs, mais cela ne veut pas dire que n’importe qui aurait pu remporter tous ces titres et de tels exploits. C’est la différence entre un coach et un autre », a déclaré Mohamad Seif, le directeur de rédaction du magazine sportif Al-Ahram Al-Riyadi. Privé de ses meilleurs éléments durant cette année, José a toujours réussi à trouver la solution pour gagner et combler le vide. Ses qualités techniques, sa vision du jeu et les importants risques qu’il prend ont porté leurs fruits. Mais le plus important aussi et la grande différence qu’il a pu apporter à Ahli, c’est la culture du jeu. « José a pu enseigner aux joueurs la culture de la victoire et changer un énorme défaut chez nos joueurs. Il leur a appris le professionnalisme et qu’il faut jouer pour gagner jusqu’au dernier souffle, que ce soit à domicile où à l’extérieur. Il nous a fourni 8 éléments essentiels à la sélection, prêts physiquement et mentalement, qui ont été le noyau qui a mené l’équipe à la coupe », explique Ibrahim Hégazi, rédacteur en chef d’Al-Ahram Al-Riyadi.

José a été choisi par les supporters d’Ahli meilleur entraîneur à avoir jamais pris les commandes de l’équipe. La demande de prolongation de son séjour est devenue une réclamation publique et d’ordre primordial afin de maintenir ce grand développement et l’aire de gloire du club.

Karim Farouk
Mohamad Mosselhi


 

Palmarès des meilleurs joueurs africains

1970 : Salif Keita (Mali)
1971 : Ibrahim Sunday (Ghana)
1972 : Cherif Souleymane (Gui)
1973 : Tshimen Bwanga (Zaï)
1974 : Paul Moukila (Cgo)
1975 : Ahmed Faras (Mar)
1976 : Roger Milla (Cam)
1977 : Tarak Dhiab (Tun)
1978 : Karim Abdoul Razak (Gha)
1979 : Thomas Nkono (Cam)
1980 : Jean M. Onguene (Cam)
1981 : Lakhdar Belloumi (Alg)
1982 : Thomas Nkono (Cam)
1983 : Mahmoud Al-Khatib (Egy)
1984 : Theophile Abega (Cam)
1985 : Mohamed Timoumi (Mar)
1986 : Badou Ezaki (Mar)
1987 : Rabah Madjer (Alg)
1988 : Kalusha Bwalya (Zam)
1989 : George Weah (Lib)
1990 : Roger Milla (Cam)
1991 : Abedi Pele Ayew (Gha)
1992 : Abedi Pele Ayew (Gha)
1993 : Abedi Pele Ayew (Gha)
1994 : George Weah (Lib) et Emmanuel Amunike (Ngr)
1995 : George Weah (Lib)
1996 : Nwankwo Kanu (Ngr)
1997 : Victor Ikpeba (Ngr)
1998 : Mustapha Hadji (Mar)
1999 : Nwankwo Kanu (Ngr)
2000 : Patrick Mboma (Cam)
2001 : El Hadji Diouf (Sen)
2002 : El Hadji Diouf (Sen)
2003 : Samuel Eto’o (Cam)
2004 : Samuel Eto’o (Cam)
2005 : Samuel Eto’o (Cam)
2006 : Didier Drogba (C-Iv)

 




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