Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Les Etats-Unis révisent leur copie
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Iraq . Les maigres résultats de la nouvelle stratégie américaine et du plan de sécurité de Bagdad embarrassent les responsables américains et iraqiens. Une nouvelle vision incluant une participation de la Syrie et de l’Iran semble s’imposer. 

Les Etats-Unis révisent leur copie 

Trois semaines à peine après son application, le plan de sécurité de Bagdad, lancé pour ramener l’ordre dans la capitale endeuillée quotidiennement par les violences, n’a mené à rien de tangible. Si le nombre d’Iraqiens tués dans des violences a légèrement baissé en février avec une moyenne de 59 morts par jour, il reste trois fois plus important qu’à la même période en 2006, un sujet qui inquiète semble-t-il le premier ministre qui est déterminé à faire réussir ce plan.

C’est à partir de ce constat que M. Nouri Al-Maliki a déclaré dimanche qu’il procéderait à un remaniement du gouvernement dans les deux semaines à venir, afin de tenter de sauver une coalition aux abois et en proie aux divisions confessionnelles. Ce remaniement devrait être destiné à renforcer le gouvernement et à remplacer les ministres les moins performants, sur fond d’appels à la formation d’une nouvelle coalition qui exclurait les partis accusés de liens avec les factions qui prennent part aux violences.

Il intervient alors que depuis plusieurs mois, des responsables américains poussent M. Maliki à former une nouvelle alliance des « modérés » des deux communautés sunnite et chiite. Concrètement, cela signifierait écarter de la coalition le chef radical chiite Moqtada Sadr, dont la milice de l’armée du Mahdi est accusée par les militaires américains d’être la plus grande menace pour la stabilité de l’Iraq. « Il paraît que le chef du gouvernement iraqien a constaté que le plan mis en vigueur le 14 février est insuffisant. La violence confessionnelle est trop élevée et l’un des principaux acteurs de cette violence est le courant Sadr. Ce chef radical, bien qu’il se soit montré au début pour le plan, a fait volte-face et a appelé le peuple à ne pas le soutenir », souligne le Dr Hicham Ahmad, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire. Les sadristes sont en effet actuellement dans le collimateur. Ce qui explique pourquoi des centaines de militaires américains et iraqiens ont mené dimanche des fouilles maison par maison dans le district de Jamila, à la périphérie de Sadr City, fief de Moqtada Sadr et où vivent plus de deux millions de personnes. C’est là que les forces américaines et iraqiennes ont prévu d’ouvrir la semaine prochaine un centre de coordination conjoint.

Ce qui n’a pas manqué de provoquer Falah Hassan, porte-parole des élus sadristes au Parlement, qui a parlé pourtant d’« acte de provocation ». Et a rappelé qu’ils avaient réclamé au premier ministre Nouri Al-Maliki que toute éventuelle arrestation soit faite par l’armée iraqienne.

Rencontre pour sceller une « harmonie »

Les efforts iraqiens déployés pour réduire la violence confessionnelle coïncident avec la tenue le 10 mars d’une conférence internationale associant les grandes puissances et les voisins de l’Iraq, une occasion, selon M. Maliki, de sceller « un accord et une harmonie » internationale autour du pays. L’Iraq y a invité les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France) et tous ses voisins. Washington, changeant son fusil d’épaule, a décidé de participer à cette réunion des voisins de l’Iraq pour tenter d’apaiser la situation dans le pays, aux côtés de ses ennemis jurés l’Iran et la Syrie.

Cette conférence sera-t-elle à même de changer la donne politique en Iraq ou au contraire se limitera-t-elle à des recommandations qui resteront lettre morte ? En effet, la réponse dépendra de l’attitude adoptée par les trois principaux acteurs dans cette question, à savoir la Syrie, l’Iran et les Etats-Unis.

Damas, qui aspire à renouer le dialogue avec Washington sur l’ensemble des dossiers proche-orientaux et voit « une lueur d’espoir » dans la réunion de Bagdad, estime via son quotidien Al-Baath que les responsables américains, en y participant, « ont reconnu d’une manière ou d’une autre qu’il y a des pouvoirs et pays dans la région qu’ils ne peuvent ignorer ». « Ce qui nous donne bon espoir (...) c’est la reconnaissance du rôle de l’autre ».

 Washington affirme cependant que sa participation à cette rencontre ne signifie pas de changement de politique.

De son côté, Téhéran adoptait cette semaine une attitude opposée à celle de Damas : « rencontrer des Américains en marge de la conférence de Bagdad n’est pas au programme de l’Iran pour le moment », a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Mohammad Ali Hosseini.

« Les résultats de cette conférence dépendent en majeure partie de la position qui sera adoptée par les Etats-Unis, ceux-ci ont découvert qu’avec le même esprit ils n’auront rien. Ils doivent dialoguer avec les deux parties syrienne et iranienne s’ils veulent vraiment réduire la violence. Or si les Américains ne lâchent pas la pression sur Damas et Téhéran, la conférence subira un échec », conclut le Dr Hicham Ahmad.

Rania Adel

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