Al-Ahram Hebdo,Invité | Benita Ferrero Waldner
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Invité

Commissaire de l’Union Européenne pour les relations extérieures et la politique de voisinage, Benita Ferrero Waldner évoque l’accord sur la politique de voisinage signé mardi avec l’Egypte, et la politique de l’Europe au Proche-Orient.

« Il faut donner aux Palestiniens
un horizon politique bien défini »

Al-Ahram Hebdo : Vous venez d’achever une tournée dans la région qui a inclus l’Egypte, les territoires occupés, Israël et la Jordanie. Quel est le bilan de cette tournée ?

Benita Ferrero Waldner : Ma tournée avait une double priorité. D’un côté, il y avait le processus de paix israélo-palestinien, pour lequel nous voulons maintenir l’élan politique qui est en train de se présenter et faire tout notre possible pour le renfoncer, le préserver et lui donner tout notre support. De l’autre, il y avait les agendas bilatéraux et ceci est surtout avec l’Egypte où le plan d’action, dans le cadre de la politique européenne de voisinage, est entré en vigueur cette semaine.

— Lors de son voyage en Europe, le président palestinien Mahmoud Abbass a essayé de convaincre les Européens de la nécessité de soutenir les accords de La Mecque et le futur gouvernement d’union nationale. Quelle sera la position de l’Europe et quel est le rôle qu’elle va jouer dans cette question ?

— L’Europe est déterminée à tout faire pour préserver les conditions favorables qui sont en train de se présenter pour une évolution positive dans le dossier israélo–palestinien. Je pense que l’accord de La Mecque a représenté une contribution extrêmement positive dans une situation difficile et dangereuse qui aurait pu dégénérer en guerre civile. Mais maintenant nous avons tous de très grandes attentes par rapport au gouvernement d’unité nationale. Nous avons discuté de cela avec le président Mahmoud Abbass. Mais maintenant, nous ne pouvons pas donner plus de détails sur l’évolution de cette question car il n’y en a pas. Ils sont dans un processus de négociations. Tout ce que je peux dire, c’est qu’à la fin, nous allons juger ce gouvernement sur son programme et suivant ses actions. C’est seulement après la mise en place du gouvernement palestinien d’union nationale que nous allons nous prononcer. Mais, c’est un moment particulièrement favorable car le premier ministre israélien, Ehud Olmert, nous a confirmé être prêt à se réunir avec le président Mahmoud Abbass. Aussi la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a pris des engagements vis-à-vis de la question et a annoncé qu’elle reviendrait dans la région dans peu de temps pour essayer de pousser le processus et faciliter le rapport entre les parties. Puis, il y aura une réunion bientôt du Quartette au Caire. Ensuite, ce qui est très positif, après une longue période, c’est que le Quartette arabe se réunira bientôt, ceci est très important car il montre la disposition des Arabes à accorder leur soutien à l’élan actuel. Puis, il y aura aussi le sommet arabe à Riyad. De cette manière, si l’on porte un regard global et l’on analyse l’actuel scénario, l’on constatera qu’il y a une possibilité pour que le processus de paix entre Palestiniens et Israéliens reprenne. Il s’agit sûrement d’un processus entre les deux parties et nous ne pouvons pas remplacer leur volonté politique d’avancer. Mais, nous pouvons les mettre ensemble, les aider, les encourager à surmonter les obstacles et donner des pas positifs vers le compromis. Et pour que le processus de paix puisse avancer, je pense qu’il doit y avoir une perspective très claire sur le statut final, une perspective dans laquelle les Palestiniens puissent croire, un horizon politique bien défini.

— Et quand est-ce que vous comptez retirer les sanctions imposées aux Palestiniens ?

— J’ai dit que nous allons encore juger ce gouvernement par son programme et ses actes, mais sur ce point, il faut dire clairement que nous n’avons pas de sanctions politiques de notre part. Nous avons dit, dès le départ, que nous sommes prêts à travailler avec un gouvernement qui respecte les trois principes de l’approbation des accords signés, la reconnaissance d’Israël et l’arrêt de la violence. Ceci n’a malheureusement pas eu lieu jusqu’à présent. Mais nous n’avons pas abandonné le peuple palestinien.

— Quels sont, alors, les mécanismes que vous utilisés pour atténuer la crise humanitaire en Palestine et fournir une aide aux habitants des territoires occupés ?

— Sur cette question, il faut souligner que nous avons même accordé plus d’aides aux Palestiniens durant l’année dernière qu’à n’importe quel autre moment. Nous avons fait des donations d’une valeur de 700 millions d’euros alors que d’habitude celles-ci étaient d’une valeur de 500 millions d’euros. Et il y a quelques jours, j’étais à Ramallah et je suis allée dans une banque voir comment se déroule le processus de notre mécanisme temporaire d’aide financière aux Palestiniens les plus pauvres et nécessiteux. C’est très facile pour eux. Ils peuvent eux-mêmes prendre l’argent à la banque et encaisser leur aide sociale. Et les populations sont souvent très reconnaissantes que ceci puisse avoir lieu dans les présentes circonstances alors que les conditions sont très difficiles sur les frontières à Rafah où il n’y a pas de mouvement libre des personnes ni des biens, plus le fait que les transferts des taxes ne leur parviennent pas.

— Qu’en est-il de la position de l’Europe sur les fouilles faites prêts de la mosquée d’Al–Aqsa et qui non seulement la mettent en danger, mais aussi créent des tensions inutiles avec les Palestiniens ?

— Bien sûr, nous réalisons combien cette question est délicate et nous en avons parlé lors de nos réunions au Conseil européen. Pour le moment, les travaux ont été pour la plupart interrompus car la Cour suprême en Israël a pris en main l’affaire. Nous sommes très conscients que ce genre d’actes est difficilement acceptable pour les Palestiniens. Mais tout cela est en train d’être traité.

— A l’heure où les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran ne cessent de monter, que fait l’Europe pour éviter le pire ?

— L’Europe garde cette approche de deux chemins. Ceci veut dire que, d’un côté, nous appliquons les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu et nous essayons de faire cela d’une manière très claire. Mais d’un autre côté, nous ne fermons pas la porte au dialogue avec l’Iran. C’est plutôt le contraire, nous avons laissé notre porte ouverte, et cela malgré le fait que les Iraniens jusqu’à présent, n’ont malheureusement rien fait pour remplir les conditions requises. Et celles-ci sont uniquement : suspendre l’enrichissement d’uranium et puis, entrer dans des négociations. Nous avons encore l’espoir que nous pouvons régler cette affaire par la voie des négociations. Mais en même temps, au Conseil de sécurité, il y a de nouvelles discussions sur une nouvelle résolution imposant des sanctions encore plus dures contre l’Iran. Mais nous ne sommes pas encore là.

— L’Egypte et l’Union européenne ont conclu cette semaine l’accord sur le plan d’action qui servira de guide pour le processus de coopération entre l’Egypte et l’Union européenne au cours des prochaines années. Que représente ce pas pour l’Europe ?

— Le plan d’action entre l’Union européenne et l’Egypte est entré cette semaine en application. Cela nous permettra d’ouvrir un nouveau chapitre dans nos relations avec ce très grand pays de la région, auquel nous accordons une très grande importance au sein de l’Union européenne. Au début de cette nouvelle étape, nous allons approfondir nos partenariats dans un grand nombre des domaines-clés pour les deux côtés. Avec le paquet financier nous sommes en train de proposer plusieurs avantages existants dans la politique européenne de voisinage où nous offrons un ensemble de nouvelles opportunités à l’Egypte, en plus d’un processus de réformes.

— Quels sont les principaux points du plan d’action entre l’UE et l’Egypte ?

— Il s’agit d’un document dont les termes régiront la coopération entre nous au cours des prochaines deux ou trois années. Sa structure est la même que celle des accords d’association préalablement lancés par les accords de Barcelone. Celui-ci contient les trois chapitres essentiels liés à la coopération dans les volets économique politique et socioculturel. Pour chacun de ces domaines, nous entreprendrons avec l’Egypte notre assistance, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’infrastructure et de l’organisation des flux migratoires. Notre liste est très longue et ambitieuse. Nous avons soulevé, lors de nos discussions avec le premier ministre Ahmad Nazif, l’importance du fait que cette initiative reçoive l’attention et l’effort nécessaire, car c’est ce document qui guidera notre partenariat vers les directions à entreprendre dans le travail. Et le premier ministre nous a promis tout son appui.

Randa Achmawi 

 




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