Al-Ahram Hebdo, Afrique | Option pour la paix
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 Semaine du 7 au 13 mars 2007, numéro 652

 

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Afrique

Côte-d’Ivoire . L’accord de paix signé entre les rebelles et le président Laurent Gbagbo laisse présager un désamorçage de la crise qui perdure dans le pays depuis septembre 2002.

Option pour la paix

C’est sous la médiation du président burkinabé Blaise Compaoré et avec l’assentiment de la communauté internationale, que le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef de la rébellion Guillaume Soro ont signé dimanche dernier à Ouagadougou un accord prévoyant un règlement de la crise entre dirigeants ivoiriens. L’accord de paix prévoit essentiellement la création d’un nouveau gouvernement d’ici « cinq semaines ». Mais Il ne mentionne toutefois pas le remplacement de l’actuel premier ministre, Charles Konan Banny. Le gouvernement ivoirien, qui inclut des membres de l’opposition et des rebelles, depuis les accords de Marcoussis de janvier 2003, est actuellement dirigé par Banny depuis sa nomination en décembre 2005 par la communauté internationale. L’accord prévoit aussi la relance immédiate du processus d’identification de la population en vue des élections, sans cesse repoussées depuis la fin 2005. C’était justement là l’un des sujets de friction les plus importants. A ce sujet, l’accord retient le schéma préconisé par le président Gbagbo d’une actualisation des listes électorales de 2000, alors que la rébellion et l’opposition réclamaient jusqu’ici un renouvellement profond de ces listes.

De leur côté, les rebelles obtiennent des engagements sur leur réintégration à terme dans la future armée ivoirienne unifiée, l’une de leurs principales revendications. Le plan signé prévoit également à terme le désarmement et le démantèlement des milices avec la création d’un Centre de Commandement Intégré (CCI) auxquels participeront les états-majors des deux armées loyaliste (FANCI) et nouvelle (FAFN).

Fruit d’un mois de négociations entre les émissaires des deux camps, ce plan, qui doit théoriquement être appliqué « dans les dix mois », vise à terme à réunifier un pays coupé en deux depuis une tentative de coup d’Etat de la rébellion contre M. Gbagbo en septembre 2002. Cependant, comme toujours, des doutes planent quant à son application. « Théoriquement, l’accord est exemplaire puisqu’il règle la plupart des questions ivoiriennes. Mais il reste le plus important c’est-à-dire l’application. Les deux camps ont déjà signé plusieurs accords mais ils sont tous restés lettre morte. La communauté internationale et l’Union africaine doivent exercer des pressions sur les deux parties pour garantir la mise en application de l’accord », estime le Dr Sayed Feleifel, analyste au Centre des études africaines. Pourtant, l’implication internationale ne peut qu’être limitée. En effet, cet accord marque un virage dans le processus de paix entamé il y a quatre ans, puisqu’il doit être géré entre les seuls leaders ivoiriens, avec Compaoré, repoussant à l’arrière-plan une communauté internationale jusqu’ici largement impliquée dans le règlement de la crise. L’accord de Ouagadougou sera supervisé par un Cadre Permanent de Concertation (CPC) composé du président Gbagbo, de Guillaume Soro, des opposants Alassane Ouattara, ancien premier ministre, et Henri Konan Bédié, ancien président, et de Compaoré. Un autre sera mis en place, c’est le Comité d’Evaluation et d’Accompagnement de l’accord (CEA) présidé par Compaoré.

D’autre part, l’accord prévoit la suppression progressive de la zone de confiance, un cordon démilitarisé qui s’étire d’est en ouest du pays. Quelque 7 000 Casques bleus de l’Onu et 3 500 soldats français de l’Opération Licorne y sont déployés depuis la fin 2002 sous mandat de l’Onu pour surveiller le cessez-le-feu entre les deux camps (présidentiel au sud, rebelle au nord). La zone de confiance sera remplacée par une ligne verte avec des postes d’observation occupés par les Forces impartiales « dont le nombre sera réduit de moitié tous les deux mois jusqu’à leur retrait total », précise l’accord.

Selon l’accord, les Ivoiriens doivent présenter une demande au Conseil de sécurité de l’Onu de levée de l’embargo sur les armes sur la Côte-d’Ivoire dans un délai de 3 mois après l’organisation de l’élection présidentielle, et de la levée immédiate des sanctions individuelles frappant des acteurs de la crise ivoirienne. Ce texte d’une vingtaine de pages prévoit l’extension de la loi d’amnistie votée en 2003 couvrant les crimes et délits liés aux troubles qui ont secoué la Côte-d’Ivoire et commis entre le 17 septembre 2000 et la date de signature de l’accord, à l’exception des crimes économiques et des crimes contre l’humanité.

Maha Salem

 




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