Al-Ahram Hebdo, Idées | Un pas vers l’autocensure
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 14 au 20 mars 2007, numéro 653

 

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Idées

Télévisions Satellites. A l’initiative de l’Union des producteurs arabes, un protocole est en cours de rédaction afin de soumettre à réglementation les émissions.

Un pas vers l’autocensure

La fièvre des chaînes satellites touche tout le monde. Les téléspectateurs les suivent avec acharnement, les cafés y sont presque tous branchés, les diffusant 24h/24. Mais, quelques semaines après la polémique qu’a soulevée le programme Hala Show sur la chaîne saoudite Rotana cinéma, les courants conservateurs viennent d’annoncer leur indignation. Et plusieurs chaînes satellites arabes viennent d’inviter à signer un protocole sous forme de code ou de pacte médiatique et judiciaire, dont le but est de contrôler l’abus de liberté sur certaines chaînes. « Alors que les chaînes satellites ne subissent pas de censure sur leur contenu, ce protocole aura pour but d’imposer une sorte d’autocensure sur les créateurs et les matières diffusées sur les écrans arabes, tout en initiant présentateurs et réalisateurs à se servir au maximum de la liberté d’expression que leur fournissent les satellites, sans dépasser les limites que nous imposent les religions et les coutumes », précise l’Emirati Hamad Al-Abdel-Latif, membre de l’Union des hommes de médias et des producteurs arabes.

Pour certains spécialistes, ces chaînes satellites ne sont pas osées uniquement par leurs idées ou les thèmes qu’elles abordent, mais également par l’audace de certains de leurs présentateurs. « On peut discuter tous les sujets, même en direct, sur les satellites, comme c’est le cas, par exemple, dans le programme Qalam rossas (un crayon de feu), présenté par l’écrivain Hamdi Qandil sur la chaîne Doubaï, dont les sujets abordés sont tout à fait acceptables, et transmettent un certain message ni vulgaire ni provocateur. Mais le fait qu’une présentatrice essaye de feindre l’objectivité et ne cesse de fabriquer les sujets de ses émissions par des thèmes souvent osés pour gagner la sympathie des adolescents, ce n’est plus un message médiatique, même s’il est accepté par un large public », souligne Adli Réda, professeur de communication à l’Université du Caire, en faisant allusion au problème des émissions de Hala Show qui a fait couler beaucoup d’encre.

Faits imaginaires

Tout a commencé lorsque le procureur général en Egypte a ordonné, il y a dix jours, l’ouverture d’une enquête sur une émission diffusée sur la chaîne Rotana et consacrée à la prostitution en Egypte. Plusieurs filles interviewées dans le cadre de cette émission Hala Show ont affirmé avoir touché des sommes d’argent pour témoigner de faits imaginaires et jouer le rôle de prostituées. De quoi soulever la colère des spécialistes. « Ce que nous voyons sur les chaînes satellites depuis des années est vraiment honteux. Des talk-shows sans contenu, des thèmes abordés sans contrôle et des présentateurs et présentatrices dont le style et le langage manquent de sens, de goût et de respect, ce qui nuit non seulement aux médias arabes, mais aussi à tous ceux qui les suivent », estime Mahmoud Alameddine, chef de la section presse à l’Université du Caire. Et d’ajouter : « Nous vivons l’ère des satellites et de l’ouverture médiatique ; toutefois, ceci ne doit pas nous faire renoncer aux traditions ni aux coutumes arabes ».

De sa part, la Télévision égyptienne vient d’avoir recours à un comité de spécialistes et d’experts en provenance de certaines télévisions occidentales, y compris la BBC et la télévision française, afin d’évaluer le niveau de chacun de ses présentateurs. « C’est une mesure ayant pour but de filtrer les présentateurs et présentatrices de la Télévision égyptienne, afin d’éliminer ceux qui ne sont pas à la hauteur, tout en encourageant les autres à s’améliorer », précise Suzanne Hassan, présidente de la Télévision égyptienne.

De plus, les responsables de Maspero viennent d’organiser des cours obligatoires de langue, de culture et d’étiquette pour les speakerines, comme une première étape de toute une série de stages de formation pour les cadres médiatiques. « Ces stages n’ont rien à voir avec le débat soulevé par la présentatrice Hala Sarhane, c’est en fait un pas pour que les présentateurs égyptiens soient à la hauteur de la concurrence arabe dans ce domaine », explique Magdi Taha, responsable du secteur de la formation à Maspero, immeuble siège de la Télévision égyptienne.

Ces échanges de critiques dévoilent en fait une déchirure et la concurrence parfois malsaine entre les institutions médiatiques arabes. Un tel protocole s’avère alors indispensable, dans le but de les unir et de créer une vision médiatique arabe commune tout en respectant la diversité culturelle .

Yasser Moheb

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