Al-Ahram Hebdo, Economie | Le crépuscule des petits courtiers
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 14 au 20 mars 2007, numéro 653

 

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Economie

Bourse . La plupart des sociétés de courtage sont incapables de se conformer aux nouvelles règles financières et électroniques imposées par l’Organisme du marché financier. Ce qui suppose leur disparition prochaine.

Le crépuscule des petits courtiers

31 mars 2007. C’est le dernier délai accordé aux maisons de courtage pour se conformer aux nouvelles règles techniques et financières imposées par l’Organisme du Marché Financier (OMF). Un délai serré qui fait monter la fièvre de la majorité des sociétés de courtage dans l’incapacité de le respecter.

C’est pourtant en mai 2006 que l’OMF avait annoncé de nouvelles règles consistant à moderniser les réseaux électroniques pour renforcer sa surveillance sur les sociétés. Afin de réaliser cet objectif, chaque société doit installer deux lignes de communication directes et à haut débit avec la Bourse et la société Misr Clearing, ainsi que des lignes de réserve. Il s’agit là de coûts pouvant aller jusqu’à 400 000 L.E. « Comment mener ces changements si coûteux en moins d’un an ? », s’insurge Ahmad Ali, propriétaire d’une de ces sociétés. Il estime qu’il fallait accorder un délai plus long aux petites maisons. « Les grandes sociétés sont plus à même d’assumer la hausse des coûts », a-t-il interprété. Et d’ajouter que ceux qui ont essayé de répondre aux nouvelles règles, ont été choqués par le fait que les sociétés fournissant les lignes ont imposé des prix exagérés, vu le temps restreint et la hausse de la demande. Avis partagé par Hassan Abdel-Halim, président de la Maison Suisse de courtage, qui explique que le capital d’une petite maison de courtage ne dépasse pas 1 million de L.E. Il raconte que la société Misr Clearing a imposé des prix différents aux sociétés de courtage pour vendre les lignes. « D’une société à l’autre, le prix de la ligne coûte de 12 000 L.E. à 24 000 L.E. ».

Hani Sarreiddine, président de l’OMF, a de son côté avoué ne pas être au courant de ces problèmes. En revanche, il a accusé les sociétés d’être en retard concernant la mise en œuvre des nouvelles mesures. Selon lui, seules 25 sociétés sur 150 ont réussi à ce jour à appliquer ces mesures. Ce n’est en fait pas choquant puisque, d’après un rapport publié par l’hebdomadaire économique Al-Mal, les 10 grandes sociétés de courtage (dont EFG-Hermes, CIBC) contrôlent plus de 59 % du total des échanges alors que les 41 % restants sont partagés par les 140 sociétés restantes.

Sarreiddine a cependant promis aux courtiers, lors d’une réunion tenue le 7 mars dernier, d’aider les sociétés en difficulté. Et ce, en créant un comité, formé des représentants des sociétés de courtage, de l’OMF et de la Bourse, qui sera chargé de régler ces problèmes avant le 31 mars. Il a par contre renoncé aux demandes des courtiers de reporter la date butoir du 31 mars. Pour ceux qui possèdent un volume d’échange très faible, « des sociétés dépendant de la Bourse et Misr Clearing leur offriront dans une première phase les services en question. En revanche, les sociétés de courtage payeront des frais sur chaque opération effectuée », a-t-il annoncé. Une solution qui n’a cependant pas soulagé les sociétés, qui ont aussitôt calculé que ces charges seront désormais trop lourdes pour leurs petits budgets. « Une de ces sociétés m’a proposé de payer des frais mensuels de 30 000 L.E., ce qui ne résout pas le problème », souligne Ahmad Ali.

Nouvelle hiérarchie

Outre l’infrastructure électronique, l’OMF a aussi imposé, il y a deux mois, de nouvelles règles financières et conditions pour l’obtention d’une autorisation d’exercer, également très discutées. Il s’agit d’engager chaque société de courtage à recruter au moins 9 employés avec une autorisation de travail renouvelable tous les 3 ans. « L’Organisme du marché financier exige que les employés suivent une formation afin de renouveler leur autorisation de travail. Ces règles doubleraient les sommes réservées aux salaires. Plusieurs sociétés ne comptent même pas 9 employés. En plus, l’OMF exige une nouvelle hiérarchie pour le personnel, et donc les salaires de plusieurs employés devront augmenter parallèlement à leurs nouvelles responsabilités », explique Issa Fathi Issa, vice-président de la Chambre des titres financiers auprès de la Fédération des chambres commerciales. Il ajoute que, déjà, l’Association des titres financiers a doublé le prix de ses formations, qu’elle facture à 4 000 L.E., suite à la publication de ces règles.

Côté budget, chaque société de courtage devra conserver en liquide 10 % de la valeur des transactions quotidiennes et en informer l’Organisme du marché financier tous les jours. Issa explique que la date butoir pour se conformer à ces plus récentes mesures est mi-avril et prévoit de plus que la majorité des sociétés ne pourront s’y plier et disparaîtront. « Il ne s’agit pas ici de renforcer les sociétés fragiles. L’OMF veut plutôt réduire le nombre des acteurs sur le marché en se débarrassant de petites sociétés », s’insurge-t-il. Sarreiddine, trouve également que la disparition d’un grand nombre de courtiers n’est pas exclue. Mais il défend ces mesures qui, selon lui, visent à classifier les sociétés de courtage en sociétés à hauts risques et d’autres à petits risques. « Ne faut-il pas réduire le nombre de celles à hauts risques ? », dit-il.

En somme, les petits courtiers peuvent élever leurs commissions afin de compenser les dépenses engagées. Une option qui reste impossible pour les très petites sociétés, car l’OMF exige un pourcentage fixe sur les transactions de moins de 10 000 L.E. Un volume de transactions ne leur est aussi pas familier : les clients de ces dernières étant des particuliers qui veulent investir en Bourse leurs petites économies. Or, dans ce cas, la marge de profit pour les courtiers doit être entre 0,2 et 0,5 %, selon les règles de l’OMF.

Gilane Magdi

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