Al-Ahram Hebdo, Opinion
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 14 à 20 février 2007, numéro 649

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
 
Opinion

Mohamed Salmawy

Mohamed Al-Sayed Saïd
Politologue

Mohamed Abdel-Badie
Ecrivain

 


Edito

Du rôle des syndicats 

La grève des ouvriers textiles n’a pris fin qu’après l’intervention du président Moubarak. Ce dernier a, en effet, entendu leurs réclamations et a décidé d’y répondre. Or, ce qui attire le plus l’attention dans cette crise est que les négociations avec les ouvriers ont essentiellement échoué à cause de l’absence de confiance entre ces derniers et l’administration représentant la compagnie holding.

A cause de ce manque de confiance, les ouvriers ont refusé un compromis stipulant le dépôt en banque d’un chèque de la valeur du total des salaires et des primes au nom de la compagnie et qui sera délivré après la vente de la société au nouvel investisseur. Ce refus signifie que les ouvriers n’ont aucune confiance en cette administration et ne croient rien de ses promesses. Et c’est la cause essentielle de la crise : l’absence d’une relation équilibrée et claire basée sur la confiance entre le capital, qu’il soit représenté par un investisseur ou par la société holding, et les ouvriers.

Il semblerait que la question soit plus complexe puisqu’il s’est avéré que la plupart des compagnies textiles, comme de nombreuses compagnies du secteur public, ont négligé leurs conjonctures financières et administratives ces dernières années. Et les machines n’ont pas été renouvelées à cause du manque d’investissement. Ces compagnies se sont donc trouvées incapables d’entrer en concurrence avec le secteur privé et leurs dettes se sont accumulées, tout en assimilant un surplus de main-d’œuvre. Selon les chiffres dernièrement publiés par la presse, les pertes de ces compagnies ont atteint 3 milliards de livres égyptiennes. Cependant, elles ont continué à payer aux ouvriers leurs salaires et leurs primes conformément aux statuts régissant ces compagnies.

Il faut alors s’interroger : Quelle est l’importance des formations syndicales et des unions ouvrières qui ont été élues il y a quelques semaines ? Ces élections avaient été entourées d’un grand brouhaha et de déclarations optimistes parlant d’un nouveau sang dans ces unions qui constitueraient la représentation réelle des ouvriers et de leurs intérêts.

Dans cette crise, le rôle des syndicats était tout à fait absent. L’objectif essentiel de ces syndicats élus après des élections dites libres était d’assurer la préparation des ouvriers à une libéralisation des politiques économiques et à la vente d’un grand nombre de compagnies du secteur public. Ceci devait impliquer de permettre aux formations syndicales de participer à la décision des politiques et programmes aptes à réaliser un transfert serein de l’économie socialiste qui a dominé la gestion du secteur public, à la phase de modernisation et de libéralisation adoptée par l’Etat. Ce transfert nécessitait aussi une sorte de sensibilisation politique et syndicale pour préparer les ouvriers à assumer la responsabilité par l’intermédiaire de négociations entre l’administration d’un côté et les syndicats et les unions ouvrières de l’autre. Le rôle de ces unions devrait être de sauvegarder les intérêts des ouvriers d’un côté, et les outils de production et les intérêts de l’investisseur de l’autre.

C’est cette méthode qui est suivie dans les Etats développés qui fonctionnent selon une économie de marché libre. Là-bas, les syndicats élus sont respectés et s’engagent dans des négociations sérieuses et acharnées qui ne mènent ni à la perte des droits des ouvriers ni à la faillite des compagnies et des institutions dans lesquelles ils travaillent. Ceci réalise alors un équilibre économique et social basé sur la confiance et non sur la méfiance ou des pressions et des menaces de la part des services de sécurité. Partout en Occident, il y a des grèves ouvrières à cause des salaires, des conditions de travail, ou du changement de propriétaire. Mais les différends sont résolus par les négociations entre les deux partis sans jamais atteindre l’état de crise.

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah - Chourouq Chimy
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.