Al-Ahram Hebdo,Monde Arabe | Des signaux dans la mauvaise direction
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 Semaine du 26 décembre 2007 au 1 janvier 2008, numéro 694

 

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Palestine . Israéliens et Palestiniens ont mené lundi soir pour la seconde fois depuis la conférence du 27 novembre à Annapolis des pourparlers de paix sans enregistrer le moindre progrès, en raison de la politique israélienne de colonisation.

Des signaux dans la mauvaise direction

Il s’agit certes de la politique de l’Etat hébreu qui fait un pas en avant et deux en arrière. De quoi ramener le processus de paix à la case départ. Tout en donnant l’impression de sa disposition à dialoguer avec l’Autorité palestinienne, Israël ne fléchit pas, poursuit sa colonisation, augmente le nombre des points de contrôle, continue la construction du mur de Cisjordanie, bafouant ainsi toutes les résolutions et les demandes internationales. Ce n’était donc point une surprise que la deuxième session de pourparlers de paix israélo-palestiniens ait marqué le pas lundi, les Palestiniens refusant d’examiner des questions de fond tant que l’Etat hébreu n’aura pas accepté de geler ses implantations controversées dans les environs de Jérusalem.

Le négociateur palestinien Saëb Ereqat a ainsi qualifié ces discussions, les premières en sept ans, de « très difficiles » en raison du refus israélien de s’engager à suspendre l’ensemble de ses activités de colonisation comme le demande la Feuille de route internationale pour la paix. « C’est illégal », a déclaré Ereqat aux Israéliens. Ce document requiert aussi des Palestiniens qu’ils mettent au pas leurs activistes, une obligation qui, selon Israël, doit être remplie en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, avant qu’un Etat palestinien puisse voir le jour.

« Depuis le début des négociations, nous essayons (...) de convaincre notre peuple que nous pouvons arriver à une solution à travers le dialogue mais Israël, avec ses agissements, empêche les efforts pour aboutir à un règlement pacifique du conflit », avait affirmé M. Ereqat.

« Israël doit choisir entre la voie des négociations et de la paix ou la voie de la colonisation et de l’occupation », avait-il ajouté.

C’est d’ailleurs à la veille de la deuxième session de négociations, que le ministère israélien des Constructions a choisi de dévoiler un projet de construction de 740 nouveaux logements sur des territoires occupés situés près de Jérusalem : 500 à Har Homa et 240 dans la colonie de Maalé Adoumim.

Le président palestinien Mahmoud Abbass a dit ne pas comprendre pourquoi Israël « se livre à une activité de colonisation effrénée pendant les négociations sur le règlement final ».

Il a ajouté que les négociateurs palestiniens soulèveraient la question chaque fois qu’ils en auraient l’occasion.

De son côté, le premier ministre, Salam Fayyad, a estimé que le projet de construction israélien « sabotait les efforts de négociation ».

« Construire de nouveaux logements dans les colonies à Jérusalem et ailleurs dans les territoires palestiniens contrevient à la Feuille de route. Les Israéliens doivent adhérer à leurs engagements figurant dans la Feuille de route », a-t-il dit.

Les Etats-Unis, parrains de la relance des négociations de paix, ont même haussé le ton de manière inhabituelle à la suite des révélations sur la construction de logements à Har Homa, alors que George W. Bush doit effectuer une visite en janvier en Israël et dans les territoires palestiniens, la première d’un chef d’Etat américain depuis 1998.

Outrance israélienne

Malgré ces dénonciations, rien ne semble fléchir l’Etat hébreu. Ces dirigeants estiment que les constructions à Har Homa ne sont pas contraires aux engagements pris, assurant que ces colonies font partie des limites du « grand Jérusalem », incluant le secteur oriental annexé et occupé en 1967.

« Nous avons toujours dit que nous pouvions construire à Har Homa, qui se trouve à l’intérieur des limites municipales de Jérusalem », unilatéralement fixées par Israël, a indiqué dimanche le ministre en charge des affaires de Jérusalem, Rafi Eitan. « Il peut y avoir des problèmes pour Maalé Adoumim, mais nous voulons poursuivre l’extension naturelle dans les grands blocs » d’implantations.

Cité sous condition d’anonymat par Haaretz, un haut responsable israélien a estimé qu’Israël avait « suscité au niveau international des attentes énormes », mais ne pouvait « y donner suite, car il n’a pas la capacité politique pour évacuer les points d’implantations (sauvages) ou geler la colonisation ». Le premier ministre israélien Ehud Olmert, confronté à une féroce opposition interne, n’est pas à même d’entreprendre une telle mesure qui ne ferait qu’affaiblir sa popularité en baisse.

Pour la communauté internationale, toutes les colonies dans les territoires palestiniens sont illégales, construites avec ou sans feu vert des autorités. Le gel de la colonisation est l’une des clauses de la Feuille de route, plan de paix censé aboutir à un Etat palestinien en 2008. Néanmoins, Israël refuse l’application de la partie qui la concerne dans ce plan tant que les Palestiniens n’auraient pas mis en musique la partition que leur assigne la Feuille de route, à savoir la mise au pas des groupes palestiniens armés en Cisjordanie mais aussi dans la bande de Gaza, que contrôle le Hamas. Bref, les négociations, qui ont repris il y a une dizaine de jours, se heurtent d’emblée aux exigences posées par les protagonistes (les Palestiniens réclament un gel des constructions dans les implantations juives, les Israéliens veulent l’arrêt des tirs de roquettes).

Israël a refusé cette semaine toute trêve possible avec l’organisation islamiste qu’il cherche à renverser. Les analystes voient dans les agissements israéliens une destruction de tout espoir de l’établissement d’un Etat palestinien avec pour capitale Jérusalem comme le premier pas d’un règlement arabo-israélien global et juste. D’où la nécessité d’exercer des pressions intenses pour que les prochaines conférences de Moscou et de Paris ne soient pas une répétition d’Annapolis qui n’a abouti à rien de concret et parviennent à rectifier les fautes .

Rania Adel

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