Al-Ahram Hebdo, Opinion |  Les problématiques d’un cessez-le-feu au Liban
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 Semaine du 9 au 15 août 2006, numéro 622

 

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Opinion

 Les problématiques d’un cessez-le-feu au Liban

Emad Awwad
Politologue

Tandis que l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires au Liban, mettant en œuvre son arsenal aérien, maritime et terrestre, la résistance libanaise orchestrée par le Hezbollah tente, tant bien que mal, d’y faire face pour défendre non seulement son existence mais également la terre libanaise. Toutefois, l’étendue de dégâts causés par le Tsahal au Liban ainsi que les violations enregistrées des droits internationaux humanitaires commises conte les civils innocents, ont suscité des interrogations sur les raisons de l’absence d’une décision onusienne instaurant le cessez-le-feu entre les belligérants.

Afin de cerner les problématiques qui entourent cette question, il faut préciser que le cessez-le-feu ne signifie pas la paix, mais il permet souvent le retour temporaire à la sécurité et dure, de ce fait, parfois bien plus longtemps que ce qui est prévu initialement. Les belligérants sont ainsi officiellement en conflit tant qu’un traité de paix n’a pas été signé. Quant à la situation elle-même, elle est ainsi gelée plutôt que résolue. A partir de cette précision on peut comprendre les différentes prises de position, soit par les parties directement concernées, soit par les puissances mondiales.

En réalité, les divergences enregistrées sur cette question depuis le début des hostilités ne sont que les conséquences naturelles des objectifs contradictoires suivis. Ce fait explique un large éventail allant de l’atermoiement à l’empressement en passant par l’indifférence. Partant, des sentiments de frustration se font désormais sentir un peu partout dans le monde et surtout dans le monde arabo-musulman, où l’on se demande, à juste titre d’ailleurs, pourquoi une telle passivité de la part d’une communauté internationale qui ne cessait de parler de la légalité internationale, des droits internationaux humanitaires et des droits de l’homme.

En ce qui concerne l’Etat hébreu, il ne peut pas se faire à l’idée d’un cessez-le-feu sans avoir obtenu victoire. Ce serait un précédent fâcheux dans l’histoire du Tsahal. D’autre part, la guerre en cours contre le Hezbollah n’est-elle pas présentée comme un test de la confrontation avec l’Iran ? Selon les Israéliens, le Hezbollah n’est pas un mandataire de l’Iran qui n’arrête pas de menacer l’Etat hébreu d’extermination. Pour eux, contrairement aux guerres précédentes, celle-ci n’est pas semblable aux autres, « on ne combat pas pour des colonies et du territoire, tout le monde comprend que le camp adverse veut nous exterminer ». Vue sous cet angle, la crise actuelle dépasse de loin le sol libanais et se présente dans un contexte plus large, celui d’une confrontation entre l’Etat hébreu et l’Iran. Désormais, le sort de deux soldats israéliens pris en otage par le Hezbollah ne représente plus la raison d’être de la guerre.

Quant au Liban, la demande d’un cessez-le-feu est pressente. Il s’agit pour ce pays d’une priorité absolue qui prévaut sur n’importe quelle question. Cette position était exprimée clairement par le premier ministre libanais suite au massacre de Cana, en faisant savoir à la secrétaire d’Etat américaine qu’il n’y a pas lieu de discuter autre chose que le cessez-le-feu. Bien que cette annonce ait été formulée d’une manière diplomatique, force était de constater qu’il s’agissait d’un « refus » de recevoir le chef de la diplomatie américaine qui devait parler de « réunir les conditions nécessaires » pour un cessez-le-feu.

De leur côté, les Etats-Unis, suivis de près par la Grande-Bretagne, soutiennent le point de vue israélien. Champion « d’un combat planétaire » contre le terrorisme, Washington place les affrontements en cours dans ce contexte. En conséquence, la diplomatie américaine n’a pas cessé d’évoquer le besoin d’un « arrêt durable des violences ». Le maître de la Maison Blanche, relayé par son secrétaire d’Etat, n’avait-il pas affirmé à maintes reprises, qu’il voulait « un arrêt durable des violences » ? Selon lui, il fallait travailler à un projet au Conseil de sécurité des Nations-Unies s’attaquant aux causes profondes du problème. Sur ce dernier point, l’Administration américaine maintient un flou significatif. S’agit-il de l’occupation israélienne des fermes de Chebaa toujours occupés par Israël et qui a justifié la résistance du Hezbollah ? Entendons-nous par là l’éradication du terrorisme mené par le Hezbollah contre un Etat allié ? Visait-on à envoyer un message indirect à Téhéran qui s’apprête à un bras de fer en ce qui concerne son dossier nucléaire ?

S’agissant de la France, suivie de près par la Russie et la Chine, elle était parmi les premières puissances étrangères à appeler à un cessez-le-feu immédiat. Bien qu’elle ait été ramenée plus tard à changer la terminologie en parlant d’une cessation d’hostilités, il ne demeure pas moins qu’il s’agit bel et bien d’une position claire et constante.

Au vu de ce qui précède, il ressort que le sujet du cessez-le-feu est devenu en soi une question de divergences au moment où le bilan de la guerre ne cesse de s’alourdir. Cette situation étrange ne pourrait qu’être expliquée, dans une large mesure, par l’inscription de la crise libanaise dans un cadre plus large, mais aussi très vague, à savoir la guerre contre le terrorisme. Dans ce contexte, la perte de vies humaines semble, hélas, être peu importante ! .

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