Al-Ahram Hebdo, Opinion |  Retour à la culture musulmane
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 Semaine du 9 au 15 août 2006, numéro 622

 

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Opinion

 Retour à la culture musulmane

Salama A. Salama

En vous promenant dans les rues de la ville de Grenade ou de Tolède, ou même dans certains quartiers de la capitale Madrid, vous humez des airs du passé qui remontent à plus de sept siècles, du temps où l’Espagne était dominée par les Andalous. Cependant, les effets des sept siècles passés ont rapidement disparu sous les sabots des armées du roi chrétien Alphonse VIII. Les mosquées, les synagogues et les palais ont alors été transformés en églises et cathédrales. Si quelques-uns persistent, les calligraphies arabes qui étaient gravées sur leurs murs ont été effacées si ce n’est quelques-unes que les juifs avec leurs pouvoirs universels ont réussi à sauver. Le sang arabe vaincu a disparu sous le torrent des armées européennes venant du nord, ou a fui à travers le détroit de Gibraltar. C’est ainsi que de la relation entre le Maghreb arabe et l’Espagne est restée un pont portant les gloires du passé et les échecs du présent.

Sur ce pont se rencontrent les cultures et les souvenirs. Sous ses ombres et dans ses rues étroites aux bâtiments de style andalou, prospèrent les arts, les littératures, les sciences et les connaissances.

Les Arabes d’hier en Espagne ne sont pas forcément les Arabes d’aujourd’hui, ni les musulmans du VIIe et du Xe qui ont bâti la civilisation andalouse ne sont les musulmans d’aujourd’hui. La différence est énorme. Les maîtres d’hier cherchent aujourd’hui leur gagne-pain dans les restaurants et les magasins espagnols. Leur nombre en Espagne atteint aujourd’hui près d’un million. La plupart sont originaires d’Afrique du Nord. Ils attirent chaque année davantage d’immigrés. Un fait qui soulève l’inquiétude des autorités espagnoles, notamment après les attentats terroristes de Madrid en mars dernier, surtout que les informations sont relativement réduites à propos du réseau terroriste qui les a commises.

Les conjonctures des communautés musulmanes en Espagne sont bien meilleures que celles de leurs semblables dans les autres pays européens, notamment en France qui abrite près de 5 millions d’immigrés musulmans. Les musulmans d’Espagne ont pris part à l’étape de démocratisation qui a suivi la disparition de Franco dans les années 1970 et ont approuvé la Constitution. C’est dans ce contexte qu’a été promulguée la loi sur les libertés religieuses, unique en son genre en Europe. Cette loi garantit leurs droits religieux ainsi que la préservation de leur identité culturelle. En effet, en Espagne, qui est plus catholique que la France, le problème du voile n’a pas fait son apparition. C’est ainsi que la femme musulmane a le droit de porter le voile sur la photo de son passeport espagnol. Il n’y a pas non plus de ghetto pour les musulmans ni de quartiers marginalisés dans les banlieues qui soulèvent des problèmes sociaux.

Ces conjonctures privilégiées dont jouissent les musulmans en Espagne prouvent que la culture musulmane peut cohabiter avec les autres cultures quand elle s’intègre dans son milieu et quand elle cesse d’importer les problèmes des autres. Mais ceci n’empêche que les musulmans ont été victimes d’actes racistes à la suite des explosions de Madrid. Ces actes ont poussé les autorités policières à resserrer l’étau sur leurs agglomérations, à la recherche de cellules d’Al-Qaëda. Cependant, sous le gouvernement socialiste de Zapatero, l’Espagne tente de restituer sa place traditionnelle d’intermédiaire entre les cultures et de missionnaire de l’alliance des civilisations. Et même si l’Espagne reste régie par les lois européennes de la lutte contre le terrorisme, elle affronte un autre problème. Celui du terrorisme de l’Organisation séparatiste de l’ETA dans les Pays basques. Mais c’est une autre affaire .

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