Al-Ahram Hebdo,Environnement | Mission accomplie !
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 9 au 15 août 2006, numéro 622

 

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Environnement

Sensibilisation. L’Association Feda a effectué un énorme travail dans le quartier de Gamaliya, dans le Vieux-Caire. Ses habitants sont désormais conscients du fait que la conservation de l’environnement est un des défis majeurs de l’avenir. Reportage.

Mission accomplie !

C’est un plaisir d’entrer à Gamaliya, un des quartiers populaires du Caire fatimide, et de remarquer la surprenante propreté des lieux. Des poubelles sont placées à intervalles réguliers dans la rue, des arbres sont soigneusement plantés. Un constat à mettre à l’actif de l’Association Feda (Friends of Environment and Development Association), qui joue un rôle primordial dans la protection de l’environnement à Gamaliya depuis 1993. Elle a réussi à restaurer trois sites fragiles de ce quartier, à savoir Wékalet Kahla, utilisé comme dépotoir par les habitants. Si l’on sait que ce lieu n’abritait auparavant que des trafiquants de drogue, des rats et des serpents, le résultat sera d’autant plus appréciable. Quant à Al-Kharroub et Al-Rabea, leurs habitants vivaient entourés des déchets des divers petits ateliers industriels avoisinants. « Aujourd’hui, les habitants de Gamaliya ont assimilé le concept de l’environnement. Si les éboueurs ne viennent pas pendant deux ou trois jours de suite, ils jettent eux-mêmes leurs sacs-poubelles dans les containers. Avant, ils les jetaient par les fenêtres », signale le Dr Adli Bishay, président de la Feda.

Le but premier du projet Feda, celui de sensibiliser les habitants à l’écologie, semble être atteint. Il faut dire que le financement a été important : le Fonds égypto-suisse pour le développement a versé 14 millions de L.E., le gouvernorat du Caire 2 millions de L.E., l’ambassade américaine l’équivalent de 245 000 euros, l’ambassade finlandaise 25 000 euros et l’Agence allemande pour la coopération technique 100 000 euros.

Dans sa première phase d’action, l’Association Feda a déplacé les ateliers de Wékalet Al-Rabea et Al-Kharroub à Wékalet Kahla, car les déchets polluaient l’air des alentours. « La détérioration de l’environnement est le 1er responsable de la propagation des maladies rénales, cardiaques et cancéreuses », rappelle le Dr Nader Ragheb, conseiller du projet. Et pour inciter les habitants à vivre dans un meilleur environnement, l’association a offert à 30 familles des appartements à Doweiqa, non loin de Gamaliya. Ce qui a bien été accueilli puisqu’il était fréquent que cinq ou six familles logent dans une même pièce. « Avant le début du projet, on vivait dans des conditions déplorables. Les ordures étaient jetées un peu partout. Les déchets qui se dégageaient des ateliers polluaient l’air », se souvient Hag Chérif Maamoun, un des bénéficiaires qui possède un atelier de fabrication d’aluminium. Hag Chérif est satisfait car son quartier est devenu ami de l’environnement.

Tournées auprès des habitants

Pour la réussite du projet et de ses campagnes de sensibilisation, la Feda a procédé à des tournées auprès des habitants du quartier afin de discuter et de distribuer des brochures sur la protection de l’environnement, la pollution des cours d’eau et la pénurie d’eau. Des séminaires ont aussi été organisés tous les quinze jours dans les locaux de l’association, orientés pour la plupart vers les femmes au foyer, considérées comme un élément essentiel dans ces quartiers populaires. Ainsi, l’apprentissage de certaines notions sur les principes du recyclage des déchets solides a été apporté. « Comme faire de petits vases à l’aide de bouteilles en plastique ou encore conserver les bouteilles en verre pour avoir de l’eau fraîche au réfrigérateur », explique Nader Ragheb. « Ces différents messages ont ensuite été vite transmis aux cousines, amies des femmes présentes à ces séminaires », poursuit-il.

La sensibilisation par le jeu (puzzles, cartes, dessins animés, théâtre) a aussi touché les enfants. Une manière efficace et rapide de transmettre le concept de l’environnement et de sa protection. « On a profité des fêtes nationales et des Journées mondiales de l’environnement pour sensibiliser le jeune public et lui apprendre à ne pas gaspiller l’eau, l’électricité et le papier », expose Yousri Sabri, le coordinateur du projet. Il annonce également que l’Association Feda organise des excursions une fois par mois pour les enfants du quartier, pour que la théorie soit mêlée à la pratique. Désormais, dit-il, ils n’osent plus jeter les emballages de bonbons par terre et perçoivent mieux ce qu’est le développement durable. Autant d’initiatives à saluer, mais il reste encore beaucoup à faire avant d’opérer un réel changement dans les mentalités .

Manar Attiya

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3 questions à

Dr Adli Bishay, président de l’Association Feda.

Al-Ahram Hebdo : Comment vous est venue l’idée de créer l’Association Feda ?

Dr Adli Bishay : L’idée est née quand le responsable du PNUD en Egypte m’a demandé de devenir conseiller en environnement. Mais j’ai refusé en lui conseillant de se pencher sur la question du développement durable en Egypte. On a alors décidé de constituer un groupe de 20 Egyptiens spécialistes dans divers domaines (énergie, agriculture, commerce, industrie, écologie). Dix-huit mois après, un rapport sur les Stratégies du développement durable en Egypte était rédigé et distribué à tous les ministères concernés. Mais il est resté dans les placards. Arrivant à l’âge de la retraite, j’ai donc décidé de créer une association qui travaillerait dans le domaine de l’environnement et dont le but principal serait le développement durable en Egypte. Cette ONG a coûté beaucoup au Fonds égypto-suisse pour le développement, au ministère de l’Habitat et au gouvernorat du Caire.

— Pourquoi avoir choisi comme lieu d’action le quartier de Gamaliya ?

— On a choisi Gamaliya parce que c’est un quartier populaire délaissé qui avait un énorme besoin de sensibilisation à l’environnement et de campagnes de nettoyage. Tout ce qui m’intéresse, c’est de faire passer un message, de sensibiliser par tous les moyens possibles afin de faire de Gamaliya un quartier ami de l’environnement. Nous adressons le message à tout habitant, enfants, femmes et hommes, malgré les énormes défis que nous avons à relever à différents niveaux économique, social et écologique.

— Comment agissez-vous auprès de nombreuses petites industries du quartier ?

— Nous pouvons par exemple les aider à réduire les coûts de production en minimisant le volume des déchets. Nous avons formé des ouvriers aux nouvelles techniques de travail. Nous formons le personnel, les ouvriers et les propriétaires des ateliers au recyclage et à la réutilisation des déchets résultant du processus industriel .

Propos recueillis par M. A.

 




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