Al-Ahram Hebdo, Egypte | Une loi à crédit
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 Semaine du 9 au 15 août 2006, numéro 622

 

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Egypte

Habitat. Depuis l’entrée en vigueur de la législation sur le financement immobilier, il y a cinq ans, seules 15 unités de logement ont été vendues selon ce système.

Une loi à crédit

Posséder un appartement est désormais chose facile. C’est ce que suggéraient les déclarations des responsables au ministère de l’Habitat depuis la promulgation de la loi 148-2001 sur le financement immobilier. Pourtant, les statistiques de l’Organisme du financement immobilier, rendues publiques la semaine dernière, ont révélé que durant cette période de cinq ans, seules 15 unités de logement avaient été vendues suivant le système, soit 4 unités par an. Un chiffre qui met en doute la raison d’être de cette loi qui a fait rêver beaucoup de jeunes.

Cette loi, qui a très longuement mûri au Parlement avant d’être finalement adoptée, était censée profiter aux jeunes défavorisés en leur permettant d’acheter un appartement à crédit moyennant des échéances raisonnables. D’autre part, cette statistique indique que la loi a échoué à réaliser son deuxième objectif, à savoir régler la récession qui sévit dans le secteur du logement depuis les années 1990 en relançant le mouvement de vente et d’achat des appartements.

Plusieurs raisons sont à l’origine de cet échec. Il s’agit en premier lieu des conditions très strictes que doivent remplir les citoyens qui veulent profiter de la nouvelle loi. Le client doit avant tout verser 15 % de la valeur totale de l’unité, à cela s’ajoute un taux d’intérêt non négligeable variant entre 10 et 14 %. Par ailleurs, tout candidat doit adhérer à un système d’assurance sur la vie et assurer également son futur logement contre l’incendie, le coût que représentent ces démarches varie en fonction de l’âge du client et de la valeur de l’unité. D’après cette loi, les clients appartenant à la classe défavorisée sont ceux dont le revenu annuel est inférieur à 12 000 L.E. pour les couples et à 9 000 pour les célibataires. « Ceux-ci versent les crédits sur 30 ans avec un taux d’intérêt de 10 % à condition que la valeur totale du crédit ne dépasse pas 25 % du revenu mensuel. Quant à ceux dont le revenu annuel dépasse les 12 000 L.E, ils remboursent les crédits sur 20 ans avec un intérêt de 14 % à condition que la valeur du crédit ne dépasse pas 40 % de leur revenu mensuel », explique Rami Taha, responsable à la Société égyptienne du financement immobilier. Il affirme que la société reçoit quotidiennement environ quatre milliers d’appels téléphoniques de la part de personnes qui veulent s’informer des démarches à suivre pour acheter un logement. « Parmi ces personnes, seul 1 % remplit les conditions requises », reconnaît-il.

Les documents demandés constituent également un obstacle pour les candidats, certains sont coûteux et d’autres très difficiles à obtenir. Le formulaire à remplir coûte près de 50 L.E, en outre tout candidat doit présenter des copies du titre de propriété et de la licence de construction de l’immeuble où il compte habiter, ainsi qu’une attestation indiquant que le propriétaire de l’immeuble (tierce partie) a payé les impôts immobiliers au cours des 10 dernières années. Sans parler des documents indiquant le revenu mensuel du client. « Pour obtenir ces tas de documents, il faut faire beaucoup de déplacements et payer une fortune. Avec un salaire mensuel de 700 L.E, je ne peux pas me le permettre », lâche Mohamad Ibrahim, jeune fonctionnaire.

L’urbaniste Milad Hanna critique cette situation en affirmant que ces procédures compliquées ne permettent pas aux jeunes issus de la classe pauvre de profiter du nouveau système d’hypothèque. « Les taux d’intérêt sont très élevés, cela veut dire que cette loi a négligé l’aspect social, elle a plutôt servi les citoyens de la classe aisée qui en profitent pour investir leur argent », explique Hanna.

Une autre urbaniste, Soheir Hawas, estime que cet échec est, en partie, dû au fait que les jeunes qui veulent habiter les nouvelles villes ne peuvent pas encore profiter de cette loi. Elle explique que la majorité des investisseurs qui ont achetés à crédit les terrains de construction dans les nouvelles villes n’ont pas encore remboursé leurs dettes et par conséquent les immeubles nouvellement construits ne sont toujours pas enregistrés et n’obéissent pas de ce fait aux conditions de l’hypothèque.

Pour sa part, le ministère de l’Habitat a commencé à réagir. Plusieurs solutions sont proposées : les taux intérêt seront revus à la baisse, et des études envisagent de permettre aux investisseurs immobiliers dans les nouvelles villes de pouvoir enregistrer leurs immeubles après le remboursement de 50 % de leurs crédits. Apparemment, la « nouvelle » loi déjà vieille de six ans ne sera applicable avant plusieurs années à venir.

Mirande Youssef

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