Tourisme. Le trajet de la Sainte Famille en Egypte, un atout touristique non exploité qui mérite l’attention des autorités et des hommes d’affaires. Plusieurs associations ont décidé de lancer une initiative à cet égard.

Un parcours à réhabiliter

Lourdes … une petite ville située à 800 kilomètres au nord de la capitale française Paris, est considérée comme l’un des sites touristiques les plus importants en France. Elle attire plus de 6 millions de touristes et réalise près de 4 milliards de dollars par an. L’importance de cette ville est que la Sainte Vierge est apparue à une petite fille appelée Bernadette en 1858. La France a très bien exploité cet événement non seulement par la publicité qui pousse les visiteurs à faire le pèlerinage à Lourdes, mais aussi par l’aménagement et le développement du site et cela par la construction d’une bonne infrastructure ainsi que par la création de plus de 30 000 chambres d’hôtels et ceci pour supporter cette grande capacité de touristes.

Lourdes n’est en fait qu’un exemple de promotion touristique que l’Egypte devrait suivre, surtout que la Sainte Vierge accompagnée de son fils Jésus ont non seulement passé par différentes villes en Egypte, mais y ont aussi vécu près de trois ans lorsqu’ils ont fui la Palestine à cause des menaces du roi Hérode.

Marie et Jésus sont passés par plus de 21 endroits dont chacun porte une histoire, une légende ou une de leurs traces. « On possède un trésor qu’on n’a pas exploité jusqu’aujourd’hui », souligne l’ingénieur Samir Mitri, membre de l’Association de la Résurrection du patrimoine national. Pour lui, le tourisme religieux est considéré comme un genre de tourisme non traditionnel susceptible d’attirer des milliers de touristes, surtout que l’Egypte est riche en vestiges des trois religions révélées.

Une coopération nécessaire

En fait, cette association essaye de faire revivre un projet qui vise à promouvoir et investir le trajet de la Sainte Famille de manière touristique. Ceci ne se réalise en fait qu’à travers la coopération entre le gouvernement et le secteur privé pour développer les endroits qui ont été témoins de ce voyage sacré, pour ensuite les mettre sur la carte touristique de l’Egypte comme étant un produit caractéristique du pays. On doit profiter de l’intérêt accordé par un grand nombre de personnes dans le monde entier à tout ce qui est spirituel, la preuve en est le grand succès qu’a eu le film de Mel Gibson La Passion du Christ, explique Mitri. L’Association de la résurrection du patrimoine national a, à cet égard, produit un film documentaire qui raconte l’itinéraire de la Sainte Famille depuis son entrée en Egypte, indiquant tous les endroits par lesquels elle était passée. Ce documentaire est distribué partout dans le monde. C’est donc un pas qui doit être suivi. « Avec mes contacts directs avec les hommes d’affaires européens et américains, je vois qu’ils deviennent de plus en plus liés à la spiritualité. Ainsi, avec un peu d’intérêt accordé à ce produit touristique si riche en Egypte, on va non seulement attirer plus de touristes occidentaux, mais aussi beaucoup d’investisseurs qui voudront participer à l’exploitation de ces sites », reprend Samir Mitri.

Les récentes études ont prouvé que les plus grands groupes de touristes se rendent à Sainte-Catherine où ils se mettent toute la nuit à escalader la montagne pour arriver au monastère, ce qui témoigne du grand intérêt qu’accordent les touristes occidentaux au tourisme religieux. « Il est vraiment dommage que la plupart des endroits par lesquels a passé la Sainte Famille ne soient pas aménagés pour recevoir les visiteurs. Seuls les sites de Maadi, du Vieux-Caire et d’Assiout peuvent accueillir les gens mais ils ne possèdent ni hôtels ni motels où les visiteurs peuvent passer la nuit. On doit commencer par les régions situées à proximité du Caire », reprend-il.

Une infrastructure indispensable

Ce développement consiste à faire une bonne infrastructure, construire de petits motels, préparer des parkings pour les voitures ainsi qu’établir des bazars pour vendre des brochures et des icônes qui relatent les histoires de la Vierge et de son fils en Egypte.

Mahmoud Al-Qayssouni, conseiller du ministre du Tourisme, met le point sur le rôle du gouvernement qui doit prendre rapidement une décision pour encourager la promotion du tourisme religieux, surtout ce qui concerne l’itinéraire de la Sainte Famille. D’autant plus qu’Israël avait conclu un accord avec un prêtre américain, Pet Robertson, pour construire un grand projet dans des endroits où vivait Jésus-Christ à Hébron d’un budget de 50 millions de dollars. Mais pour des raisons politiques, ce projet est toujours en suspens. « On doit donc se précipiter pour attirer ce projet en Egypte, surtout qu’une région comme le gouvernorat d’Assiout est considérée comme le second Bethléem. En outre, dans quelques jours, les coptes vont célébrer le 40e anniversaire de l’apparition de la Vierge Marie à la cathédrale qui porte son nom dans le quartier de Zeitoun, à l’est du Caire », assure Al-Qayssouni. Des manifestations qu’il faut exploiter et promouvoir à l’étranger.

Selon Ahmad Al-Khadem, président de l’Organisme de la promotion touristique, le ministère ne peut pas commencer actuellement à faire de la promotion à l’étranger pour ces sites. « Aucune infrastructure, aucun lieu d’hébergement, comment inviter donc les touristes à venir ? », se demande Al-Khadem. Selon lui, le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) devrait accorder plus d’importance à ces monuments « oubliés ». Si ce développement est fait, on peut commencer à travailler.

C’est en fait un produit touristique qui s’avère prometteur s’il est bien exploité.

Dalia Farouk