Al-Ahram Hebdo, Egypte | Où sont les étudiants de Mansoura ?
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 Semaine du 16 au 22 août 2006, numéro 623

 

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Egypte

Affaire. La disparition de 11 étudiants égyptiens qui se rendaient aux Etats-Unis dans le cadre d’un échange entre les universités de Mansoura et Montana suscite des interrogations.

Où sont les étudiants de Mansoura ?

Tout commence lorsque 17 étudiants égyptiens arrivent à l’aéroport John Kennedy pour une visite de deux mois aux Etats-Unis dans le cadre d’un échange entre les universités de Mansoura et de Montana. Mais consternation. Seulement 6 d’entre eux embarquent pour Montana, les autres disparaissent tout bonnement. L’université américaine alerte aussitôt les autorités qui craignent un complot terroriste. La panique s’installe et l’état d’alerte est déclaré afin de retrouver les 11 étudiants disparus. On fait alors circuler leurs photos dans les quatre coins du pays. Quelques heures plus tard, la police américaine annonce l’arrestation d’un étudiant, puis de trois autres. Deux étudiants se rendront par eux-mêmes aux autorités. Les cinq restants sont toujours déclarés disparus. Les étudiants arrêtés font désormais l’objet d’un interrogatoire très strict. L’incident suscite bien des interrogations, surtout que les autorités américaines refusent de dévoiler le contenu de ces interrogatoires. Où sont passés les étudiants ? Magdi Abou-Rayane, président de l’Université de Mansoura, doit se rendre ce jeudi aux Etats-Unis pour suivre l’enquête et rencontrer les étudiants. « Dès que nous avons reçu la nouvelle, nous avons immédiatement pris contact avec les parents de ces étudiants et nous avons demandé à les rencontrer. Seuls les parents de trois d’entre eux sont venus nous voir », explique Abou-Rayane. Pour lui, les étudiants ont prévenu leur parents qu’ils resteraient aux Etats-Unis. Il est probable que ces étudiants rêvaient d’émigrer aux Etats-Unis. Lorsque l’occasion s’est présentée, ils l’ont saisie sans réfléchir. L’enquête menée par les autorités américaines a d’ailleurs montré que 9 des 11 étudiants ont des cousins qui vivent aux Etats-Unis. « Ce ne sont pas des terroristes. La réaction des autorités américaines est à mon avis exagérée. Ce genre d’incidents arrive fréquemment aux Etats-Unis avec des ressortissants d’autres pays que l’Egypte », explique un responsable à l’ambassade d’Egypte aux Etats-Unis qui a requis l’anonymat. Selon lui, les étudiants avaient prévu de rester clandestinement aux Etats-Unis. « Les étudiants arrêtés ont été retrouvés dans différents endroits loin de l’aéroport John Kennedy, cela prouve qu’ils avaient réservé à l’avance des billets pour se rendre à ces endroits. Mais cela ne signifie pas que ce sont des terroristes », explique la source.

Les étudiants disparus appartenaient pour la plupart à des familles moyennes. Comme beaucoup de jeunes de leur âge, ils rêvaient de partir à la recherche d’un travail et d’une vie meilleure en Europe ou en Amérique. Gamila, sœur de l’un de ces étudiants, témoigne : « Mon frère avait préparé les frais de ce voyage depuis longtemps déjà. Il savait que des jeunes de son université avaient réussi à partir dans ce pays. En plus, on lui avait dit à l’université que cette mission pouvait être un passeport pour vivre aux Etats-Unis », explique-t-elle. Les étudiants se rendaient aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord entre l’Egypte, représentée par le Centre des recherches de langue anglaise relevant de l’Université de Mansoura, et les Etats-Unis, représentés par l’Organisme Fullbright au Caire.

Les parents des étudiants arrêtés s’inquiètent désormais pour le sort de leurs enfants. Certains accusent même l’université d’être la cause de ce qui est arrivé. « Nous ne savons pas désormais où sont nos enfants. Nous demandons au gouvernement égyptien d’intervenir », assure l’un des parents. Ces derniers ont envoyé un appel au président Moubarak d’intervenir pour « protéger l’avenir de leurs enfants » qui vont payer cher la phobie des Américains envers des Arabes.

Magdi Abou-Rayane critique les procédures effectuées à l’aéroport John Kennedy. Les 6 étudiants ont été répartis en trois groupes et ont été conduits dans des bureaux pour subir un interrogatoire bien que leurs papiers soient en règle. Sans oublier que l’ambassade des Etats-Unis a mis un mois pour faire des investigations sur ces étudiants avant de partir. « 20 étudiants devaient initialement partir dans cette mission, mais seulement 17 ont obtenu le visa », explique Magdi Abou-Rayane. Il ajoute que chaque étudiant a payé 9 300 L.E. et 2 100 dollars pour partir. Et que le centre qui organise ces missions a refusé les papiers des étudiants de dernière année pour garantir qu’ils ne restent pas aux Etats-Unis. L’incident a mis sur le tapis le problème d’immigration illégale des jeunes Egyptiens, surtout aux Etats-Unis qui restent toujours pour eux un symbole d’une vie aisée.

Chérine Abdel-Azim

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