Al-Ahram Hebdo, Economie | En bonne voie de modernisation
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 16 au 22 août 2006, numéro 623

 

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Economie

Sidérurgie . L'Entreprise égyptienne du fer et de l'acier est l'objet d'une restructuration technique et financière depuis un an. Les bons résultats observés aujourd'hui sont encourageants pour le ministre de l'Investissement.

En bonne voie de modernisation

L'appétit de Mahmoud Mohieddine, ministre de l'Investissement, est chatouillé. Un an après avoir donné son accord pour verser un milliard de Livres égyptiennes dans l'Entreprise Egyptienne du Fer et de l'Acier (EEFA), il se dit prêt à y investir davantage. Ainsi, lors de sa visite à l'EEFA, à Hélouan (Sud du Caire) la semaine dernière, il a proposé à son PDG la création d'une unité de production de fer à béton dans l'entreprise.

La décision ne sera pas prise avant un an, mais déjà cela signifie que le ministre penche pour une modernisation accrue de l'EEFA. « Je vais prouver à travers cette entreprise que la gestion des actifs publics ne veut pas nécessairement dire vendre et privatiser », explique Mohieddine. Le « programme de privatisation » est désormais substitué par celui de « gestion des actifs ». Ainsi, à côté de la vente des entreprises publiques, il y a aussi une tendance au versement de capitaux frais dans certains cas. « La somme allouée à la modernisation de l'EEFA est équivalente aux revenus suscités par les privatisations des entreprises du secteur public hors joint-venture et services au cours de la dernière année », a d'ailleurs affirmé le ministre.

Outre ces décisions prises ou à prendre, il a été procédé en janvier 2006 à une restructuration de la dette colossale de l'EEFA qui dépassait déjà 4,5 milliards de L.E. en 2004. Le premier pas a été de régler la dette envers la Banque d'Alexandrie (qui sera elle-même prochainement privatisée) d'un montant de 2,3 milliards de L.E. C'est la Holding pour les industries métallurgiques qui a pris en charge le remboursement de cette dette en janvier 2006, dans le cadre d'un plan de règlement des dettes des entreprises publiques auprès des banques publiques. Celles-ci se sont cumulées au fil des années, pour atteindre plus de 30 milliards, provoquant des problèmes financiers dans les banques. Le non-remboursement des dettes a conduit à l'accumulation d'intérêts, parfois aussi importants que la dette originale.

En ce qui concerne l'EEFA, les intérêts dus à la banque d'Alexandrie de juillet 2004 à janvier 2006 ont été effacés. Les intérêts sur les dettes ont été supprimés de moitié, passant à 275 millions en 2005/06. « Cette restructuration financière a contribué à baisser les coûts de production et donc à rendre nos produits plus compétitifs », se félicite Abdel-Aziz Hafez, nouveau PDG et directeur général de l'EEFA. Cela a permis à l'entreprise, pour la première fois depuis de longues années, de fonctionner avec un capital circulant positif de 462 millions de L.E. Alors qu'il était de -2,4 milliards en 2004/05. Les profits sont, à leur tour, passés à 341,9 millions en 2005/06, contre 249,6 un an avant. Une augmentation due à la hausse de 18 % de la production et des ventes. « Nos ventes ont dépassé la production cette année. Ce qui signifie que nous avons écoulé une partie des stocks aussi », explique Hafez.

Aucun investisseur volontaire

Pour parvenir à ce résultat, il a fallu à Mohieddine, fidèle adepte du néolibéralisme, acquérir en deux ans un peu de réalisme pour se rendre compte que le volume énorme de quelques entreprises empêche leur vente, comme c'est le cas de l'EEFA ou de l'entreprise de l'aluminium à Nagea Hamadi (sud de l'Egypte). Notamment à la lumière des pertes de certaines. Ses deux prédécesseurs, Mokhtar Khattab et Ateif Ebeid, ont en vain essayé de se débarrasser de la gigantesque forteresse de Hélouan. Mais aucun investisseur ne s'est porté volontaire pour acheter une entreprise de cette taille tellement endettée. Le projet de la scinder en 3 entités pour les vendre séparément a certes été envisagé. « Cette solution aurait cependant porté préjudice à l'entreprise, car ses différentes activités sont complémentaires », a confié Hafez à l'Hebdo.

Mohieddine aurait préféré la liquidation de l'EFAA. Mais vu l'ampleur du nombre des ouvriers ainsi que leur forte organisation syndicale, le plan s'est avéré impossible. L'entière banlieue de Hélouan dépend en effet de cette entreprise qui emploie près de 13 000 ouvriers. Alors qu'ils étaient 24 000 avant la mise à exécution d'un plan de retraite anticipée, il y a quelques années.

Et puis, les salaires des ouvriers, bien qu'ils soient parmi les plus élevés dans le secteur public, restent considérablement inférieurs à ce que touchent leurs homologues du secteur privé ou dans les pays arabes voisins. Un ouvrier de 32 ans d'ancienneté touche, par exemple, à peine plus de 1 000 L.E. par mois, alors que la moyenne des salaires au sein de l'entreprise est de 37 000 L.E. par an. Ce qui implique une différence énorme de paiement entre les cadres supérieurs et ouvriers. Sans compter que les équipements de sécurité comme les lunettes de protection restent à la charge des ouvriers. Un désintérêt envers la force productive, qui, s'il était supprimé, contribuerait à accroître son efficacité et donc les résultats financiers.

La disposition du ministre à continuer cette modernisation de l'EEFA devra donc passer cette fois par l'amélioration de la situation des ouvriers.

Marwa Hussein

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