Al-Ahram Hebdo,Monde | Un conflit qui renaît de ses cendres
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 Semaine du 16 au 22 août 2006, numéro 623

 

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Sri Lanka . L'île est aux prises avec la plus grave série de violences depuis la signature de la trêve entre l'armée et les Tigres tamouls en février 2002.

Un conflit qui renaît de ses cendres

Comme si la planète avait besoin de voir plus de sang versé. Comme si le carnage du Liban, l'insécurité en Afghanistan, le conflit en Palestine et les troubles en Somalie ne suffisaient pas.

Ces derniers jours, la guerre au Sri Lanka est venue faire de cette île un nouveau point chaud de la planète, avec toute une série d'affrontements meurtriers qui ont fait plus de 440 morts en moins de trois semaines, outre la fuite de 72 000 civils. De toute façon, ce conflit n'est pas un nouveau-né. Depuis 1972, les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) réclament une large autonomie du nord-est sri lankais, peuplé en majorité de Tamouls et qu'ils contrôlent en grande partie. Plus de 60 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en 1972.

Les derniers combats, les plus violents depuis la trêve de février 2002, ont éclaté le 26 juillet, entre l'armée et les LTTE, pour le contrôle d'un petit canal d'irrigation, qui, selon Colombo, avait été bloqué par ces derniers. Lundi matin, une bombe a explosé dans la capitale sri lankaise, Colombo, près de la résidence du président Mahinda Rajapakse et dans laquelle sept personnes ont été tuées. Le même jour, 43 écolières ont été tuées dans un bombardement par l'armée sri lankaise d’un orphelinat dans le district de Mullaitivu.

En fait, la tension est montée dans l'île, samedi dernier, avec l'assassinat de Ketheesh Loganathan, un haut responsable du processus de paix au Sri Lanka, de la minorité tamoule, à Colombo. Ce meurtre a déclenché, samedi, de graves affrontements entre l'armée et les Tigres qui ont fait au moins 177 morts en un seul jour, selon l'armée, notamment dans la zone de Jaffna (nord) et du port de Trincomalee. « Les LTTE ont tellement intensifié leurs activités terroristes qu'on a l'impression qu'ils veulent une confrontation totale », a déclaré un porte-parole du gouvernement, Keheliya Rambukwella. « Il semble que nous sommes en guerre », a-t-il dit. D'autre part, le président sri lankais, Mahinda Rajapakse, a accusé le mouvement de la rébellion des Tigres d'être l'auteur de l'assassinat. « Le président a condamné cet assassinat. Pour lui, c'est le travail des LTTE et cela montre comment ces derniers ciblent les membres de la communauté tamoule qui œuvre pour la paix », a déclaré un porte-parole du président, Chandrapala Liyanage.

La porte entrouverte

Face à cette escalade, les co-présidents des donateurs pour le Sri Lanka (Etats-Unis, Union européenne, Japon et Norvège) ont appelé, samedi, les autorités sri lankaises et les rebelles tamouls à un cessez-le-feu immédiat. Pour les co-présidents, « les deux parties devraient faire leur maximum pour éviter une nouvelle escalade de violence et de nouvelles victimes ». Jugeant « intolérables » les souffrances imposées aux civils, les quatre donateurs sont « particulièrement inquiets de la crise humanitaire qui s'aggrave ». Pour eux, les deux parties doivent agir immédiatement pour permettre aux agences humanitaires d'aider les victimes de tous les groupes ethniques.

En réponse à ces appels, le gouvernement sri lankais a entrouvert, dimanche, la porte du dialogue avec la rébellion tamoule, en dépit de la reprise des combats. Selon le ministre de la Planification, Keheliya Rambukwella, les Tigres avaient marqué, vendredi, une volonté d'ouverture par le biais des observateurs de la Mission de contrôle du cessez-le-feu au Sri Lanka (SLMM). « Nous leur avons dit : désignez votre délégation, arrêtez une date et nous serons présents », a déclaré le ministre qui fait également office de porte-parole gouvernemental pour les questions de défense. « Les discussions peuvent continuer malgré les combats en cours. Nous sommes prêts à entamer immédiatement des pourparlers », a-t-il affirmé. Pourtant, les rebelles tamouls ont démenti, dimanche, avoir proposé une reprise des discussions avec le gouvernement, affirmant que les troupes gouvernementales n'ont pas arrêté leurs hostilités : « Les forces de sécurité entreprennent des opérations de nettoyage et des accrochages ont encore lieu en ce moment », a indiqué un responsable tamoul.

En fait, l'escalade de la violence au Sri Lanka et l'impuissance de la communauté internationale à régler cette crise chronique rendent plus « théorique » que jamais la trêve de 2002.

Maha Al-Cherbini

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