Al-Ahram Hebdo, Arts | Les gens d’en haut et ceux d’en bas
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 Semaine du 16 au 22 août 2006, numéro 623

 

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Arts

Théâtre . Le nouvel espace que l’Etat vient de s’approprier au Parc international de Madinet Nasr, a accueilli Mafich machakel (Il n’y a pas de problèmes). Une tranche de vie dominée par l’absurde et la dérision.

Les gens d’en haut et ceux d’en bas

Aujourd’hui, dire « il n’y a pas de problèmes » relève un peu de l’absurde. Les mots perdent leur signification face à la réalité sociopolitique. Or, Mafich machakel (Il n’y a pas de problèmes), titre donné au spectacle qui inaugure le théâtre du Parc international à Madinet Nasr s’avère assez poignant. Il annonce le jeu du paradoxe sur lequel repose la pièce, bien dès le départ. Ecrite par le jeune Métoualli Hamed, et mise en scène par Assem Nagati, elle est produite par le théâtre comique de l’Etat.

C’est l’histoire d’un chômeur, Hanzal Al-Messiri (interprété par Alaa Morsi), qui a hérité une maison de son père. La maison est ensuite déclarée comme étant un bien de mainmorte dépendant du ministère des Waqfs (Biens religieux).

Le pauvre Hanzal cherche à fuir son oisiveté, en se dédiant à la juste cause de sa maison. C’est le seul moyen d’avoir un rôle dans la société, de récupérer son héritage et par conséquent de se marier avec sa bien-aimée (interprétée par Wafaa Mekki). Hanzal se contente alors de se noyer dans la routine administrative, lui permettant de s’occuper.

Un jour, le chef d’Etat décide de mettre fin aux problèmes des citoyens, notamment les litiges avec les administrations publiques. Cela est, il a promis à toute personne qui souffrait de bureaucratie depuis plus de 5 ans, de régler définitivement son affaire. La maison sera donc récupérée. Mais Hanzal n’aura plus de cause à défendre, plus de raison de vivre. Il intente alors un procès contre l’Etat qui veut subitement tout régler.

L’humour noir de la pièce se dégage des situations paradoxales. La fantaisie et la contradiction règnent tout au long d’un récit enchâssé. Dans la maison loge un pauvre citoyen qui a loué une pièce de son appartement au ministère des Waqfs pour une petite somme. Progressivement, plusieurs fonctionnaires sont venus squatter la pièce, la transformant en bureau. Ils ne manqueront pas de s’emparer de tout l’appartement. L’insinuation politique est évidente. Le texte de Hamed, écrit depuis 10 ans, permet au metteur en scène Assem Nagati de créer des effets humoristiques et de lancer des critiques acerbes à d’autres sujets d’actualité tels les médias, le charlatanisme, les fausses plaidoiries, etc. Par exemple, une scène où la speakerine, qui consacre son émission à l’histoire de Hanzal, tourne au ridicule. La speakerine joue avec son intonation et ses gestes maniérés. Durant la diffusion de l’émission, les interventions des spectateurs et leurs commentaires spontanés et crus déclenchent le rire du public.

A travers les éléments du décor, le metteur en scène parvient à créer une scénographie riche. L’arrière-plan est composé de colonnes séparant les recoins de la maison. Au milieu des planches, des marches d’escalier divisent la scène en plusieurs niveaux. D’un côté, on a le sous-sol où loge Hanzal, et d’un autre, il y a le premier étage abritant les bureaux des fonctionnaires. Le va-et-vient entre ces deux niveaux dévoile deux mondes mis à l’envers. Les habitants d’en bas évoquent leur désespoir. Et les squatteurs d’en haut multiplient les clichés du pouvoir qui contrôle tout … Pas moyen de cohabiter. Un groupe doit déloger l’autre.

May Sélim

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Mafich machakel (Il n’y a pas de problèmes), mise en scène d’Assem Nagati, tous les jours, à 21h, au théâtre du Parc international à Madinet Nasr. Rue Abbass Al-Aqqad.

 




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