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 Semaine du 12 à 18 juillet 2006, numéro 618

 

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Dossier

Palestine . Israël maintient toujours sa pression sur la bande de Gaza, affaiblissant davantage l’Autorité palestinienne et provoquant une grave crise humanitaire.

Gaza à feu et à sang

jusqu’où ira Israël ? Et quelles sont les répercussions de sa politique militaire ? Telles sont les deux questions qui se posent actuellement à la suite du refus israélien du cessez-le-feu offert par le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh « sur la base d’un arrêt bilatéral de toutes les opérations militaires » entre Israël et les Palestiniens. L’Etat hébreu se dit donc déterminé à poursuivre ses raids et ses incursions dans la bande de Gaza jusqu’à la réalisation de son objectif. Les responsables israéliens l’ont une fois de plus répété lundi, alors que l’opération israélienne entre dans sa troisième semaine. « Le champ des opérations dans la bande de Gaza ne permet pas d’obtenir une victoire rapide (...). Nos actions vont devoir se prolonger, et il faudra de la patience », a affirmé le ministre de l’Intégration des nouveaux immigrants, Zeev Boïm, laissant entendre une poursuite des combats. Ce que son homologue à la Défense, Amir Peretz, avait déjà annoncé la veille, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement. « Jusqu’à maintenant, il n’y a pas eu succès mais nous devons faire preuve de patience et de retenue », a-t-il déclaré. Le gouvernement israélien a de même réitéré son refus de négocier avec les ravisseurs ainsi que de tout échange de détenus palestiniens. Réponse du chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal : « Pas de solution à la crise sans un échange » de prisonniers entre Israël et les Palestiniens. « Cette position fait l’unanimité chez les Palestiniens. Personne n’acceptera une libération du soldat israélien sans contrepartie », a déclaré Mechaal, ajoutant toutefois ne pas vouloir l’escalade. Citant les médiations de l’Egypte, du Qatar, de la Turquie et de certains pays européens, il a indiqué que tous ces bons offices « se sont heurtés à l’obstination israélienne ».

Intransigeance et refus de toute négociation. Avec un tel comportement israélien, il est difficile d’imaginer un règlement ou même un arrêt des hostilités. De quoi se demander si la libération du soldat israélien enlevé le 25 juin par un commando palestinien est le véritable objectif des attaques et des incursions qui peuvent être qualifiées d’une véritable guerre contre les Palestiniens et sur les buts réels qui se cachent derrière cette question de libération. S’agit-il d’une volonté de réoccuper la bande de Gaza après s’être retiré en septembre 2005 ? Les politologues écartent cette hypothèse mais estiment qu’Israël ira encore plus loin dans son escalade pour humilier l’Autorité palestinienne aussi bien que le gouvernement de Hamas. « Israël s’est rendu compte du fait que le contrôle de la bande de Gaza lui est beaucoup plus facile de l’extérieur que de l’intérieur. L’armée entrera pour détruire l’infrastructure et essayer de mettre un terme aux tirs de roquettes et sortira aussitôt. En fait, si l’on tient compte des ministres et des parlementaires qui ont été enlevés par l’Etat hébreu, on pourra assurer que c’est une offense contre le gouvernement palestinien. Et tant qu’il n’y aucune partie pour stopper Israël, il poursuivra sa politique », souligne Emad Gad, rédacteur en chef de Israeli Digest.

C’est ce qu’a assuré également le porte-parole du Hamas, Sami Abou-Zohri, qui a déclaré que les chars israéliens se trouvaient autour de Gaza avant même la capture du soldat. « Les ennemis veulent mettre à genoux le peuple et le gouvernement. La preuve en est qu’Israël n’a pas présenté des demandes pour libérer les ministres enlevés et refuse même toute négociation sur le dossier des prisonniers palestiniens », a-t-il dit.

Pour d’autres, l’élimination du gouvernement palestinien actuel est certes une des priorités israéliennes, mais elle n’est qu’une étape dans un agenda qui cherche à préparer le climat pour l’application de la politique du premier ministre, Ehud Olmert, qui veut mettre en œuvre des mesures et des solutions unilatérales.

Un désastre humanitaire

Les répercussions immédiates de la politique israélienne se manifestent sur deux niveaux, l’un politique et l’autre humanitaire. Politiquement parlant, la déléguée générale de la Palestine en France, Hind Khoury, a mis en garde contre le risque d’effondrement de l’Autorité palestinienne après l’arrestation par Israël de 64 parlementaires. D’autre part, les crimes israéliens n’entraîneront que davantage de durcissement du côté des factions palestiniennes. Depuis le début de l’opération, 17 roquettes palestiniennes ont été tirées sur Israël, blessant légèrement trois personnes. « Nous tirons deux fois plus de roquettes (contre Israël) qu’avant l’opération » militaire israélienne, a affirmé Abou-Obaïda, un porte-parole des Brigades Ezzeddine Al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Sur le plan humanitaire, Gaza est au bord d’un désastre. Le bombardement, le 28 juin, par les Israéliens de la seule centrale électrique de la bande de Gaza a eu un impact « d’une portée incalculable » sur les hôpitaux et les systèmes d’égouts et de distribution de l’eau du territoire.

La Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) a exhorté dimanche le Conseil de sécurité de l’Onu à intervenir face à la « situation dramatique » qui prévaut dans la bande de Gaza, en l’appelant notamment à envoyer une « force internationale d’interposition ». Elle a appelé le Conseil de sécurité à réclamer aux autorités palestiniennes la libération du soldat israélien et à enjoindre Israël de respecter le droit international et les droits de l’homme, « avec pour conséquence de cesser immédiatement son opération » militaire et de « libérer sans condition » les personnels politiques palestiniens arrêtés.

Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, avait de même réclamé samedi l’accès immédiat du personnel et de l’aide humanitaire de l’Onu à la bande de Gaza. Requêtes restées sans réponse.

Rania Adel

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