Al-Ahram Hebdo, Afrique | Le danger éthiopien
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 Semaine du 21 à 27 juin 2006, numéro 615

 

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Afrique

Somalie . Le conflit risque de dégénérer en guerre régionale avec l’Ethiopie voisine accusée par les tribunaux islamistes, qui étendent leur emprise sur le pays, d’incursion sur le sol somalien.

Le danger éthiopien

Ni le gouvernement de transition somalien, ni les milices des chefs de guerre de l’Alliance pour la Restauration de la Paix et Contre le Terrorisme (ARPCT), soutenue par les Etats-Unis, n’ont pu freiner l’avancée des forces des tribunaux islamistes, qui gagnent du terrain tous les jours un peu plus. Après la prise de la capitale Mogadiscio, la ville de Jowhar, autrefois fief des chefs de guerre, est tombée dans les mains des tribunaux islamistes. Les milices islamistes ont également pris ces derniers jours plusieurs localités sur la route menant à la frontière éthiopienne au nord. Il ne reste ainsi plus à ces derniers que Baïdoa (250 km au nord-ouest de Mogadiscio), siège du gouvernement provisoire. Si cette ville tombe elle aussi — ce qui n’est pas impossible —, les tribunaux islamistes auront gagné la bataille, au grand dam de la communauté internationale, et surtout des Etats-Unis, qui assistent impuissants au film des événements.

Mais la communauté internationale restera-t-elle aussi passive si la situation dégénère en guerre régionale avec l’Ethiopie voisine ? Car cette éventualité est à prendre en considération. D’autant plus que les deux pays ont déjà mené en 1978 une guerre meurtrière pour la région de l’Ogaden (sud-est de l’Ethiopie), région la plus délaissée par le pouvoir central éthiopien et où vit la minorité somalienne.

Dimanche dernier, les tribunaux islamistes ont une fois de plus accusé les troupes éthiopiennes d’incursion sur le sol somalien et menacé de la possibilité d’un conflit, aggravant les craintes d’une déstabilisation régionale. Le président des tribunaux islamiques, Sheikh Shariff Sheikh Ahmed, a affirmé qu’il « avait confirmé » qu’environ 300 soldats éthiopiens avaient traversé samedi matin la frontière. Il a clairement menacé : « Nous leur demandons de rentrer dans leur pays, sinon leur présence va provoquer un grand conflit ».

Le gouvernement de transition somalien, qui assiste impuissant à l’avancée des tribunaux islamistes, a qualifié dimanche de « mensonges » les accusations lancées contre l’Ethiopie. Selon le porte-parole du gouvernement de transition somalien, Abdirahman Nur Mohamed Dinari, il s’agit d’un prétexte pour les tribunaux pour planifier une attaque contre la ville de Baïdoa, où siègent les institutions de transition somaliennes, mises en place en 2004 mais impuissantes à rétablir l’ordre dans ce pays ravagé par la guerre civile depuis 1991. « Mais notre armée, nos milices, notre police sont prêtes à défendre la ville s’ils osent lancer une attaque », a-t-il prévenu.

Ces accusations ont aussi été catégoriquement rejetées par Addis-Abeba. « Aucune troupe éthiopienne n’a traversé la frontière », a affirmé à l’AFP Berekat Simon, spécialiste des relations publiques pour le premier ministre éthiopien Meles Zenawi, depuis Addis-Abeba. Cependant, interrogé pour savoir si Addis-Abeba avait massé des troupes à la frontière, M. Berekat a répliqué, sans plus de précision : « L’Ethiopie a le droit de contrôler ses frontières. Nous suivons la situation avec attention. L’Ethiopie reconnaît le gouvernement fédéral de transition somalien et rien d’autre. L’Ethiopie n’était pas partie prenante du conflit entre les chefs de guerre et les fondamentalistes », a-t-il affirmé, tout en ajoutant : « Les fondamentalistes devraient réfléchir à deux fois avant de tenter quoi que ce soit à l’égard de leur voisin ». Addis-Abeba a en outre accusé les tribunaux islamistes de mener des « activités provocatrices » dans la bourgade somalienne de Beledweyne, à une quarantaine de km de la frontière éthiopienne, et appelé la communauté internationale à agir « très vite » pour envoyer une force de paix internationale.

Des représentants de l’Union Africaine (UA), de l’Union Européenne (UE) et de l’Onu se sont justement réunis lundi au siège de l’UA à Addis-Abeba pour discuter des mesures à prendre en vue du déploiement d’une force de paix africaine en Somalie. L’Autorité intergouvernementale de développement (Igad), organisation regroupant sept pays d’Afrique de l’Est, a déjà approuvé le principe de la création d’une telle force, sous l’égide de l’UA. En janvier 2005, l’UA avait mandaté l’Igad, formée de sept pays de la région (Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Soudan, Ouganda et le gouvernement de transition somalien) pour envoyer une force de paix en Somalie. Mais cette force n’a jusqu’à présent pas vu le jour malgré l’engagement renouvelé de l’Igad et de l’UA la semaine dernière de la déployer « le plus tôt possible ». Le Parlement de transition somalien a approuvé, mercredi, le déploiement d’une telle force, mais les tribunaux islamiques de Somalie rejettent catégoriquement le déploiement de troupes étrangères. « Nous répétons que nous sommes opposés à une force de maintien de la paix en Somalie. Nous sommes capables de rétablir la paix et c’est ce que nous avons commencé (à faire) », a martelé dimanche le président des tribunaux islamistes.

Abir Taleb

 




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