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Subventions . Le premier ministre Ahmad Nazif appelle à la révision du système de délivrance des cartes d’approvisionnement, pour une meilleure distribution de l’aide.

Redéfinir la pauvreté

Le débat n’est pas nouveau, mais reste d’actualité. Comment mieux redistribuer les subventions accordées aux produits de base pour que tous ceux qui en ont cruellement besoin en profitent ? « Vu l’intérêt qu’il porte aux classes défavorisées, le gouvernement tient à maintenir la politique de subvention des produits de base malgré l’important fardeau financier que représente ce service. Mais le système de subvention a besoin d’être reconsidéré afin que les plus démunis en soient les seuls bénéficiaires », a rappelé à juste titre le premier ministre, Ahmad Nazif, lors d’une réunion du Conseil des ministres tenue la semaine dernière. Et d’ajouter que la révision de ce système vise essentiellement à faire parvenir les subventions aux citoyens qui en ont vraiment besoin.

A la base de cette réforme se trouve le système de délivrance des cartes d’approvisionnement. « Le Conseil des ministres, en coopération avec le ministère des Affaires sociales et de l’Approvisionnement, entend créer une base d’information en vue de recenser les familles susceptibles d’obtenir cette carte », explique Magdi Radi, porte-parole du Conseil des ministres. Cette base d’information sera la première pierre d’un projet intitulé « La carte des familles ». Seules les familles qui possèdent cette carte auront droit aux produits alimentaires subventionnés. Cela dit, celles qui possèdent déjà une carte d’approvisionnement continueront à en tirer profit. La réforme ne concernera que les nouveaux candidats à la carte. Dans une première phase, la nouvelle politique prévoit de débuter avec 3 millions de familles démunies qui seraient choisies selon des critères plus précis. L’objectif final serait d’atteindre jusqu’à 15 millions de familles candidates.

D’après les chiffres fournis par le ministère de l’Approvisionnement, il existe actuellement 9,985 millions de cartes d’approvisionnement qui profitent à 43,16 millions de personnes. Ceci coûte à l’Etat quelque 11,6 milliards de L.E. par an. Le système en vigueur consiste à fournir huit produits alimentaires de première nécessité à prix subventionnés, dont l’huile, le riz, le sucre, le thé, les pâtes et les lentilles.

Ce système, né à l’époque nassérienne, stipulait que le gouvernement s’engage à assumer la moitié du prix de ces produits. A cette époque, ce système visait notamment les employés, les fonctionnaires au revenu faible et les paysans. Au fil des ans, les produits subventionnés avaient disparu du marché et les cartes ne servaient plus à rien. Or, en 2004, le gouvernement de l’ex-premier ministre Atef Ebeid a recours à nouveau à la carte de subvention pour pallier la flambée des prix. Depuis, la subvention offre à une famille composée de quatre membres un forfait de 4 kilos de riz, 4 kilos de pâtes, 2 litres d’huile, 2 kilos de lentilles et 2 kilos de fèves.

Selon Magdi Radi, certaines familles appartenant à la classe moyenne, voire aisée, profitent des subventions. « Certains citoyens profitent de leur carte d’approvisionnement pour obtenir des produits subventionnés qu’ils revendent ensuite à des prix plus élevés, créant ainsi un marché noir. Cette situation signifie que les subventions ne sont pas accordées aux personnes qui en ont un besoin urgent », déplore Radi.


Préciser les critères

Pour redresser la situation, le Conseil des ministres a créé une commission d’économistes. Certains ont proposé de remplacer la subvention alimentaire par une subvention financière. Mais cette dernière suppose une bonne gestion qui pourrait faire défaut à de nombreux soutiens de famille. La solution finalement adoptée par les membres de la commission était d’adopter des critères stricts en fonction desquels seules les familles défavorisées pourront avoir accès aux produits subventionnés. D’où l’idée de créer une base de données détaillant la condition financière et sociale de chaque famille souhaitant obtenir la carte. « Certaines conditions devront être remplies pour obtenir des produits subventionnés à travers les cartes d’approvisionnement. Par exemple, les familles dont le revenu est inférieur à 350 L.E., celles privées de leur soutien financier, ou encore celles qui n’ont pas de revenu fixe seront privilégiées », explique Ibrahim Al-Tahhane, haut fonctionnaire au ministère des Affaires sociales.

Pourtant, certains estiment que ces conditions ne suffisent pas pour identifier les familles ciblées. Hussein Abdel-Razeq, secrétaire général du parti du Rassemblement (gauche), affirme qu’il faut prendre en compte le nombre d’enfants dans chaque famille et pas seulement le revenu. « Il y a des familles dont le revenu mensuel peut atteindre 500 L.E. Mais avec six enfants à charge, cette somme est dérisoire. Face à la cherté des produits alimentaires, comment priver de telles familles de la subvention ? », se demande-t-il. Le député indépendant Ragab Hilal Hémeida est du même avis. Il pense que le gouvernement, en mettant ces conditions, n’a pas pris en considération certains facteurs tels que la hausse des prix et la crise économique qui a rongé la classe moyenne. « Comment peut-on considérer qu’une famille dont le revenu mensuel est de 400 L.E. n’a pas besoin de la subvention ? », dit-il. En tout cas, les critères sont encore loin d’être établis, le gouvernement ayant promis d’impliquer le Parlement dans le débat.

Mirande Youssef

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