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 Semaine du 6 au 13 décembre 2006, numéro 639

 

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 Le Cèdre menace de brûler

La presse nationale et arabe s’étend cette semaine sur l’intensification de la crise politique au Liban et les risques qu’elle comporte.

Avec le durcissement de la crise politique libanaise, les titres de la presse sont particulièrement inquiétants : « Blocage total à Beyrouth », « Démonstration de force chiite », « Des milliers de Libanais manifestent contre le gouvernement », « La guerre des manifestations au Liban », « Le fantôme de Nasrallah », « L’explosion au Liban », « La cohabitation libanaise en péril », « L’opposition s’est exprimée, le gouvernement tient bon ».

L’éditorial d’Al-Ahram demande aux Libanais de ne pas permettre à une force étrangère de jouer avec la stabilité et la sécurité de leur pays. « Malgré leurs différends politiques, gouvernement et opposition doivent savoir qu’ils sont avant tout les fils du Liban, et non pas ses ennemis », annonce-t-il.

Galal Doweidar met en garde les Libanais contre ce qu’il appelle « l’inconnu » qui, semble-t-il, poussera encore plus toute la nation arabe à la perte.

Mettant en avant les visées chiites, l’écrivain Gamal Badawi explique dans le quotidien d’opposition Al-Wafd que « lorsque les canons se taisent, Hassan Nasrallah dévoile son visage confessionnel ; faisant oublier complètement son nationalisme pour porter le visage chiite. D’office, il se jette dans tourbillon chiite qui vise à changer la situation en Iraq et dans le Golfe. Cela, dans le but d’installer l’empire chiite sous la houlette de l’occupation américaine ». Prenant le parti de Nasrallah, Saad Al-Hagrasse écrit, dans son éditorial du quotidien Al-Alam Al-Yom, que cette « Intifada chiite n’est pas juste une arme pour arriver au pouvoir. Il s’agit surtout de défendre l’identité libanaise, nationaliste, arabe. Bien plus, il s’agit de défendre d’autres capitales arabes que l’Administration Bush tente de plonger dans des bains de sang ». « Le Hezbollah a donné la preuve qu’il savait manifester pacifiquement. De son côté, le pouvoir a laissé l’opposition manifester librement », relevait An-Nahar, le principal quotidien libanais. « L’opposition mobilise des centaines de milliers de personnes et le siège du gouvernement n’a été levé que grâce à l’intervention de l’armée », titrait An-Nahar.

Au contraire, l’écrivain Gamil Mattar affirme dans le quotidien Al-Wafd que dans « le Liban actuel, il ne peut y avoir de conflits confessionnels entre chiites et sunnites ».

En réalité, la situation au Liban « ne peut être bénéfique qu’au gouvernement israélien », selon Ahmad Hamrouche dans le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef. « Le Hezbollah et ses partisans réussiront-ils à faire tomber le gouvernement Siniora ? », s’interroge Mahmoud Bakri dans l’hebdomadaire Al-Osboue.

« Les putschistes ont tenté d’encercler le gouvernement mais leur plan a été mis en échec par l’armée », soulignait de son côté Al-Moustaqbal. Dans le quotidien L’Orient le Jour, sous le titre « Le Liban s’enfonce dans la crise politique », l’éditorialiste Issa Goraieb, se demande : « dans l’état actuel de division et d’échauffement des esprits, qui donc de tous les personnages, qui s’affrontent sur la scène publique, serait-il en mesure de dire aux citoyens où nous irons tous ensemble et dans quel piège nous fonçons tête baissée ? ».

Mettant en lumière les relations avec la Syrie, l’éditorial du quotidien Al-Moustaqbal souligne : « Les partisans du tandem Syrie-Iran ont enclenché leur tentative de coup d’Etat. Ils sont menés par un seul camp (le Hezbollah) qui n’a pas de programme politique et la participation des chrétiens est minime ».

Nombreux de ceux qui aiment le Liban s’inquiètent profondément de la situation dans laquelle se trouve le pays. Car, comme l’explique Ahmad Al-Rabei dans le quotidien saoudien Al-Charq Al-Awsat, les leaders politiques entraînent leur pays dans des crises, des catastrophes et des guerres, dont seul le simple citoyen libanais paye le prix.

Sur un ton plus optimiste, certains éditorialistes pensent qu’il existe encore des portes de sortie. « Seule la raison est une sortie possible de la crise actuelle », affirme Zein Al-Abeidine Al-Rekabi dans Al-Charq Al-Awsat. Et Mohamad Al-Achhob estime dans le quotidien londonien Al-Hayat qu’il y a « des moyens d’aboutir à un gouvernement d’union nationale, afin de respecter la démocratie ». L’écrivain libanais Sélim Nassar propose « une solution régionale à la crise libanaise ». Il est clair que l’image de la scène libanaise est « effroyable et ouverte à tous les scénarios », conclut enfin Abdallah Al-Sénnaoui dans l’hebdomadaire nassérien Al-Arabi.

Hoda Ghali

 

Paroles

Le dialogue national a échoué au Liban. L’opposition est descendue dans la rue, réclamant un gouvernement d’union nationale, et des élections. Une manifestation générale se transforme en grève générale pour faire tomber le gouvernement. Jusqu’à quand ? Que fera le gouvernement ? Où va le Liban ? Vers l’inconnu ou la guerre civile ? Avec les mouvements contraires des forces gouvernementales et celles de l’opposition, où est l’intérêt du citoyen libanais dans tout cela ? Quels que soient les résultats, le Liban sera au final le perdant ...

Magdi Méhanna,
Editorialiste, Al-Masri Al-Yom.

L’Etat passe un examen difficile. Je ne comprends toujours pas pourquoi aucune démarche juridique n’a été entamée contre tous ceux qui créent des « entités parallèles », dans le but de créer un Etat dans l’Etat. Qu’est-ce qui fait peur à la loi et à ses instruments ? Pourquoi la loi ne trouve-t-elle pas le chemin de l’application ? Un mouvement interdit, Union d’étudiants illégale, Union d’ouvriers illégale ... Qu’attendons-nous alors pour tout transmettre au procureur général ? Allons-nous attendre que les Frères musulmans forment un Etat pour bouger ?

Abdallah Kamal,
Rédacteur en chef, Rose Al-Youssef.

La situation actuelle au Moyen-Orient porte la plus grande menace à la stabilité dans la région, et peut-être même à la paix dans le monde entier depuis la seconde guerre mondiale. La situation est bien pire que nous le pensons. Quoi de plus après la chute de l’Iraq, où les Américains tentent de jouer avec la carte confessionnelle.

Abdel-Aal Al-Baqouri,
Editorialiste, Al-Mawqef Al-Arabi.

 

L’Egypte traverse actuellement une grande phase de transformation d’un régime politique autoritaire à un régime démocratique, et d’un régime d’économie socialiste à un régime d’économie de marché. Cette phase est celle de la naissance d’un nouveau régime. Et les amendements constitutionnels mettront fin aux tensions et douleurs qui subsistent actuellement. L’amendement en question n’est pas facile, et doit prendre le temps nécessaire. La Constitution est le cadre qui définira le présent et l’avenir.

Ragab Al-Banna,
Editorialiste, Octobar.

La situation à Beyrouth est très grave. Les uns parlent de putsch, les autres dénoncent l’alignement trop syrien et l’implication américaine. Ce qui est certain, c’est que si Hassan Nasrallah réussit à s’imposer dans la rue libanaise, ceci encouragera fortement à long terme vers le grand but, c’est-à-dire la participation à l’établissement d’un empire chiite. Il est difficile de prévoir l’issue du rassemblement à Beyrouth à l’appel de Nasrallah. L’arme de la pression populaire est dangereuse, et le Liban semble s’approcher d’une guerre civile.

Gamal Badawi,
Ecrivain, Al-Wafd.

 




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