Al-Ahram Hebdo,Environnement | Comment s’offrir un réseau d’égouts
  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 6 au 13 décembre 2006, numéro 639

 

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Environnement

Infrastructures. Initié par une ONG égyptienne, un projet peu coûteux et innovant d’évacuation des eaux usées est sur le point d’être achevé dans un village du gouvernorat de Béni-Souef. Un exemple à suivre.

Comment s’offrir un réseau d’égouts

Sur les 4 000 villages égyptiens dépourvus de système d’évacuation des eaux usées, certains refusent d’accepter leur sort et prennent la situation en main. Gaafar, petit village dépendant du gouvernorat de Béni-Souef, situé à 130 km au sud du Caire, figure parmi eux, grâce à l’Association du développement de la société du village de Gaafar. L’initiative de celle-ci part d’un constat : les quelque 5 000 habitants ont longtemps été obligés de se débarrasser de leurs eaux usées dans les canaux d’irrigation avoisinants, ou tout simplement à même le sol, devant leur logement. Ces eaux usées contenaient plusieurs sortes de polluants, outre des matières chimiques, comme celles utilisées pour laver le linge. Ces polluants déversés dans les canaux d’irrigation se dirigeaient directement vers les terrains agricoles, contaminant ainsi les différentes cultures de fruits et légumes. Elles atteignaient également la nappe phréatique, réservoir d’eau stratégique en cas de sécheresse.

C’est avec le temps que les villageois ont commencé à ressentir les problèmes que cette situation causait sur leur santé, avec, entre autres, les apparitions de plus en plus fréquentes de maladies rénales. Selon les rapports de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il existe une relation de cause à effet entre la propagation croissante de l’insuffisance rénale et l’augmentation des divers polluants dans l’eau et de son taux de salinité. Les chiffres ont, de plus, démontré que l’insuffisance rénale en Egypte, dont le taux était de 10 cas pour un million en 1974, est arrivée à 225 cas pour un million en 2004. Et la division de recherches médicales, dépendante du Centre national de recherches scientifiques, effectue en ce moment des investigations sur les divers problèmes de santé provoqués par la pollution de l’eau, à la demande du ministère de la Santé. Le problème est donc grave, surtout si l’on sait que près de 20 % de la mortalité des enfants de moins de 5 ans a pour cause la pollution de l’eau.

L’homme n’est pas le seul à souffrir de la pollution de l’eau, les cultures sont également concernées. « Nous avons rencontré un grand problème dans la culture du poivron. Avant qu’ils ne soient mûrs, on les retrouvait secs dans les champs. Ce n’est que plus tard que l’on a découvert que le mélange des eaux usées à celles de l’irrigation en était la cause », explique Sami Mahrous, directeur des projets à l’Association du développement de la société du village de Gaafar, association responsable de l’exécution du projet. Un problème dû, d’une part, au fait que l’Etat n’a pas rempli sa mission d’installation de réseaux d’égouts dans les villages égyptiens. Et, d’autre part, au fait que les Egyptiens eux-mêmes sont très peu instruits en ce qui concerne l’hygiène et l’environnement. « Nous avons déversé nos eaux usées sauvagement pendant des années. Mais je n’avais aucune idée qu’agir de la sorte compromettait l’environnement et notre santé », avoue Samia, une jeune habitante du village.

Concept nouveau

Selon les études des experts, c’est surtout pour des raisons financières que l’Etat égyptien ne pourra pas installer de réseaux d’égouts dans tous les villages du territoire avant 50 ans. C’est ainsi que Sameh Seif, un jeune militant et activiste environnemental de la Haute-Egypte, a pensé à ce projet de drainage sanitaire et de traitement des eaux ménagères usées. Il est aussi un compagnon d’Ashoka, fondation internationale qui offre une assistance technique et financière aux porteurs de projets de développement social. « J’ai pensé à ce projet car je suis un des villageois d’Egypte, je vis avec eux leurs douleurs. J’ai refusé de rester immobile alors que plusieurs institutions internationales financent des projets d’environnement et de développement durable, comme par exemple le programme des microcrédits du Fonds pour l’environnement Mondial connu sous le nom de GEF-SGP (Global Environment Facilities-Small Grants Programme) », souligne Sameh Seif. Selon lui, le projet en question vise à appliquer un système d’évacuation et de traitement des eaux usées afin de réduire la pollution du Nil. La méthode de traitement proposée est l’une des moins coûteuses. « Le projet consiste à installer des réservoirs souterrains prêts à recevoir les eaux usées. Ces réservoirs sont reliés par des tuyaux souterrains à un grand réservoir principal contenant des cailloux qui servent de filtre organique de l’eau. Cela débarrasse l’eau des principaux polluants avant qu’elle ne soit versée à nouveau dans les canaux qui les mènent vers les terrains agricoles ou vers le Nil », explique Seif.

L’exécution du projet, qui a commencé dans le village de Gaafar fin 2005, sera achevée dans un mois, mais des résultats positifs apparaissent déjà. « Les échantillons prélevés par le Dr Ahmad Hossam, de l’Université d’Alexandrie, ont montré que les eaux sortant du réservoir principal de traitement sont dépourvues des principaux polluants et n’est plus dangereuse pour le Nil, notre source principale d’eau potable », remarque Sami Mahrous, de l’Association du développement de la société du village de Gaafar.

L’installation du projet, qui a duré un an, a coûté 200 000 L.E. Somme modeste comparée au système d’égouts gouvernementaux, qui coûtent entre 2 et 3 millions de L.E. par village. Des campagnes de sensibilisation ont aussi été menées pour sensibiliser les villageois à l’environnement et à l’hygiène et pour garantir la durabilité du projet, l’exploitation et l’entretien du système. « Le projet a formé des habitants du village à l’entretien du système. Les activités ont inclus des femmes parce qu’elles jouent un rôle principal dans la gestion de l’eau dans les foyers », assure Seif. Pour lui, le concept de gestion décentralisée de l’eau usée et le fait d’impliquer les ONG pour résoudre le problème des égouts et du traitement des eaux sont nouveaux en Egypte.

Le village de Gaafar n’est pas le seul a bénéficier d’un tel projet puisque Zawiyet Sultane et Menbale, deux villages du gouvernorat de Minya, ont, eux aussi, entamé l’exécution de ce projet-pilote. Mais la liste des villages dépourvus de telles installions reste longue et la prise de conscience générale des problèmes liés à l’eau tarde à venir.

Dalia Abdel-Salam

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En bref

Déchets toxiques

Durant une réunion internationale de la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et de leur élimination, qui a eu lieu fin novembre en Côte-d’Ivoire, le secrétaire général adjoint des Nations-Unies et directeur exécutif du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE), Achim Steiner, a lancé un appel d’aide financière internationale qui doit être mobilisée dans les plus brefs délais pour assurer le nettoyage et la réhabilitation de sites en Côte-d’Ivoire contaminés lors d’un déversement de déchets toxiques aux alentours du port d’Abidjan. Les autorités ivoiriennes ont estimé que la facture finale, majorée des coûts liés à la réhabilitation des sites contaminés aux moyen et long termes, s’élèvera à près de 30 millions de dollars

La réunion s’est penchée essentiellement sur la question des déchets électroniques, un problème de plus en plus inquiétant étant donné la croissance du commerce international de produits obsolètes comme les ordinateurs et les téléphones portables. Mais la question du transport illicite de déchets dangereux vers des pays vulnérables par des opérateurs peu scrupuleux a été également une des grandes préoccupations des délégués, du fait qu’un affréteur en provenance d’Europe ait déversé, en août dernier, des déchets.

CEDARE

Le Centre de l’environnement et de développement de la région arabe et de l’Europe (Cedare) a tenu, la semaine dernière au Caire, son 10e conseil d’administration et la réunion de son comité exécutif sous la présidence de Sa Majesté le prince Torki bin Nasser bin Abdel-Aziz, président du conseil d’administration, président de l’Organisme général de la météo et de la défense de l’environnement saoudiens et président du bureau exécutif du Conseil des ministres arabes de l’Environnement. Durant cette réunion, le prince a signé avec le Dr Nadia Makram Ebeid, directrice exécutive du Cedare, un accord de contribution aux activités du Centre d’un montant de deux millions de dollars sous forme de donation faite par l’Organisme général de la météo et de la défense de l’environnement saoudiens. Pour la première fois, deux pays européens, l’Allemagne et l’Espagne, ont figuré comme membres du conseil d’administration du Cedare. « Nous voulons consolider la coopération avec les pays européens et élargir la surface géographique où œuvre le Cedare », a affirmé Mme Ebeid. L’équipe du Cedare a présenté les efforts déployés en 2006, qui ont abouti à le choisir pour accueillir le secrétariat technique du Conseil arabe de l’eau, à mettre en œuvre le programme de gestion intégrée des ressources hydrauliques dans la région arabe et à participer à la publication du premier rapport sur la situation de l’eau dans la région arabe. Le Cedare a de même été choisi par le Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) et la Ligue arabe pour diriger le processus de publication du premier rapport sur la situation de l’environnement dans la région arabe.

 

 




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