Al-Ahram Hebdo, Economie | Appel à la transparence
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 Semaine du 6 au 13 décembre 2006, numéro 639

 

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Economie

Energie . Une table ronde a rassemblé des représentants des consommateurs et des producteurs de pétrole et de gaz naturel, le 30 novembre dernier au Caire. La stabilité des cours était au centre du débat.

Appel à la transparence

« Assurer l’approvisionnement en énergie a préoccupé les acteurs de l’économie mondiale, depuis le début du XXIe siècle. Ce qui exige des différentes parties, producteurs et consommateurs, de discuter ensemble de leurs besoins et retrouver ainsi la stabilité du marché », a affirmé Sameh Fahmi, ministre égyptien du Pétrole à l’inauguration de la table ronde, organisée par le ministère du Pétrole en coopération avec le Forum International de l’Energie (FIE) et l’Organisation des Pays Exportateurs du Pétrole (OPEP).

Des délégations représentant 15 pays ont participé à l’événement au Caire. Pendant deux jours, elles ont discuté des menaces contre la stabilité du marché de l’énergie. Les interlocuteurs sont tous tombés d’accord sur un point : l’incertitude à l’égard de l’approvisionnement actuel et prochain en énergie représente le principal défi. Chacun des deux camps, producteurs et consommateurs, a jeté la responsabilité sur l’autre.

Ainsi, pour les consommateurs, la tendance à la hausse des prix perdure-t-elle depuis plus de 2 ans à cause des producteurs. « L’industrie du pétrole est soumise aux producteurs. Ces derniers font la pluie et le beau temps sur le marché », lance Fawzi Bensarsa, conseiller en énergie et directeur général des relations publiques de la Commission européenne. Selon lui, la Russie par exemple, plus grand producteur hors Opep, a tenté d’imposer à l’Union Européenne (UE) de lui garantir une part de 40 % du marché, pour qu’elle accepte de lui fournir du pétrole.

Les producteurs ne sont, cependant, pas une masse homogène. L’Opep veille d’habitude à se distinguer des autres producteurs, en renonçant à l’idée qu’elle représente les intérêts purs et durs d’un cartel. Ainsi, Mohamed Barkindo, secrétaire général de l’Opep réfute-t-il intégralement l’accusation de Bensarsa. « Les producteurs de l’Opep déploient au contraire toujours les efforts nécessaires pour stabiliser le marché en répondant à ses besoins soudains », souligne-t-il. Il rappelle l’intervention de l’Opep sur le marché l’année dernière pour compenser le manque d’offre des pays hors Opep, et ce en augmentant la capacité de production, ce qui a fait immédiatement baissé les prix. Selon Barkindo, l’incertitude provient plutôt du manque de statistiques exactes sur le niveau de l’offre et de la demande dans le monde. « Certains pays cachent des informations, ce qui nous empêche d’avoir des prévisions exactes sur les réserves », s’insurge Barkindo. Il donne l’exemple du marché américain qui a violé toutes les prévisions, mercredi 29 novembre, quand un recul des réserves des produits distillés (diesel et fioul de chauffage) d’un million de baril par jour a été annoncé. C’était un choc pour les analystes qui avaient au contraire prévu une hausse de 500 000 barils. Cela a poussé les cours du pétrole à la hausse pour dépasser le seuil de 62 dollars mercredi dernier. Le plus haut niveau depuis deux mois.

Ainsi, ce manque de transparence a-t-il accru le facteur de l’incertitude, ce qui a porté atteinte aux spéculateurs. En 2006, les opérateurs sur le marché mondial du brut ont dû acheter à des prix très élevés et vendre à des prix trop bas. « Ce qui ne fait qu’accentuer le déséquilibre du marché », explique Ibrahim Seif de la société Holding pour le gaz naturel.

Les cours du pétrole ont en fait connu de fortes fluctuations pendant les deux dernières années. Ils ont atteint leurs plus hauts niveaux en dépassant le plafond de 75 dollars vers la moitié de 2006. « Ces fluctuations reflètent des contradictions entre le prévu et l’actuel. Il faut donc trouver une base d’informations fiable et exacte pour mieux équilibrer le marché », propose Sameh Fahmi.

Pénurie d’investissements

L’incertitude vis-à-vis des prévisions de l’offre est également de mise en raison du manque d’investissements alloués à cette industrie, malgré les cours plus ou moins élevés. Ce qui ressemble à un cercle vicieux : D’habitude ; les investissements augmentent quand les cours sont en hausse. Mais l’incertitude vis-à-vis des cours entrave l’investissement. Ainsi, Selon l’Opep, il faut investir à hauteur de 100 milliards de dollars, afin de pouvoir répondre à la hausse de la demande d’ici 2025. Car selon le scénario de l’Opep, la demande de pétrole augmentera de 30 millions de barils par jour d’ici 2025 (soit 1,5 mb/j annuellement). 80 % de cette croissance proviendront des pays développés.

La production et par conséquent les investissements requis sont concentrés dans des zones de hautes tensions politiques et de guerres. Un facteur qui met de l’huile sur le feu. Plus de guerres et de conflits ne signifie-t-il pas plus d’incertitude ? Le ministre libyen, Choukri Ghanem, lance la balle aux grands consommateurs, qui sont, à ses yeux, les grands guerriers. « Les principaux pays consommateurs devraient résoudre les problèmes politiques et apaiser les tensions politiques. Le pétrole ne doit pas être une arme politique utilisée pour réaliser des intérêts politiques », estime-t-il. Il a donné l’exemple de son pays, largement affecté par les sanctions économiques des Etats-Unis pendant plus de 20 ans. La production libyenne en pétrole a, de ce fait, chuté de 3,5 millions de barils par jour (mb/j) à 1,7 mb/j.

Par ailleurs, Arne Walter, le secrétaire général du Forum International de l’Energie (FIE), a, lui, insisté sur l’importance du dialogue entre producteurs et consommateurs, « non seulement au niveau national mais aussi au niveau des sociétés multinationales », précise-t-il. Pour lui, moins de dépendance par rapport au pétrole et au gaz naturel peut mener à plus de stabilité en approvisionnement à long terme. Walter suggère en particulier le recours à l’énergie nucléaire : « Les consommateurs devraient désormais se libérer de leur dépendance des producteurs. Et s’engager à diversifier leurs sources d’énergie ».

Gilane Magdi

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