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Tchad-Soudan. N’Djamena accuse à nouveau Khartoum de vouloir le déstabiliser et parvient à obtenir un soutien mesuré des pays de l’Afrique centrale.

Nouvelles tensions

Le torchon brûle toujours entre N’Djamena et Khartoum. Le gouvernement tchadien a accusé vendredi des « milices soudanaises » d’avoir attaqué trois localités de l’Est du Tchad, faisant neuf morts civils, dans un communiqué qui dénonce une « nouvelle agression » de la part de Khartoum. « Les milices soudanaises ont attaqué les localités de Borota, Adé et Moudaïna, dans la région du Ouaddaï, hier jeudi, faisant neuf morts et trois blessés graves au sein des populations civiles », selon ce communiqué, signé du porte-parole du gouvernement, Hourmadji Moussa Doumgor. « Ces nouvelles incursions criminelles des milices soudanaises traduisent la volonté manifeste du gouvernement de Khartoum de poursuivre son agression contre le Tchad », a-t-il souligné.

Ces accusations ont été relayées dans un éditorial diffusé vendredi par la radio nationale tchadienne, qui a accusé le Soudan d’abriter des négociations entre rebelles hostiles au régime du président Idriss Deby. « Le Soudan a beau nier son implication dans les tentatives de déstabilisation du Tchad, les faits de tous les jours ne lui donnent pas raison. Une nouvelle fois, le pouvoir de Khartoum vient de s’illustrer. Sur son territoire, des aventuriers s’organisent autour d’un supposé Front uni pour déstabiliser le Tchad », a affirmé l’éditorialiste. Selon la radio qui cite des « sources concordantes », « le Soudan aurait cherché à placer son protégé, un certain Mahamat Nour à la tête de ce front », en référence au chef du Rassemblement pour la Démocratie et la Liberté (RDL), le capitaine Abdelkerim Mahamat Nour. Le RDL a revendiqué l’attaque du 18 décembre dernier de la garnison tchadienne d’Adré, à la frontière soudanaise, dont N’Djamena a accusé Khartoum d’être l’instigateur.

Plusieurs mouvements de l’opposition armée tchadienne, dont certains récemment apparus, négocient en effet actuellement, dans un lieu inconnu, en vue de former un mouvement unique et de mettre en commun leurs moyens. « Nous sommes toujours en négociations, des tractations sont en cours », a déclaré Yaya Dillo Djerou, « président du collège révolutionnaire » du Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (Scud), formé de militaires tchadiens ayant déserté depuis octobre et regroupés dans l’Est. La mise en place de ce futur mouvement, le Front Uni pour le Changement démocratique (FUC), a pour objectif la mise en commun des hommes et du matériel des divers mouvements, dont le nombre n’a pas été précisé, en vue du renversement du président Idriss Deby, a-t-il précisé. Un autre mouvement rebelle, le Rassemblement pour la Démocratie et la Liberté (RDL), apparu en octobre mais dont l’ossature est formée d’ex-éléments de l’Armée Nationale de Résistance (ANR), rébellion créée en 1995, avait annoncé dès le 28 décembre que le Fuc avait été mis sur pied. « D’autres mouvements viennent nous rejoindre, on est en train d’élargir la direction », a indiqué Yaya Dillo Djerou pour expliquer la poursuite des négociations. Le Fuc devrait comprendre une dizaine de mouvements aux contours flous.


Soutien prudent de la Cémac

Le régime du président Deby, au pouvoir depuis 1990, est fragilisé depuis octobre par une vague de désertions et de défections au sein du clan qui l’entoure et par l’apparition ou le réveil de mouvements rebelles dans l’Est du Tchad qui ont juré sa chute. Il accuse le Soudan voisin de soutenir ces mouvements en vue de le déstabiliser.

Il tente depuis de gagner un soutien régional à son régime. Il a réussi à cet égard à réunir mercredi dernier à N’Djamena un sommet des chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Ceux-ci ont cependant apporté un soutien prudent à leur hôte dans la crise qui l’oppose au Soudan, se contentant de condamner « toute tentative de déstabilisation » du pays. Dans une déclaration adoptée à l’issue d’un sommet extraordinaire, les six pays membres de la Cémac ont condamné « avec fermeté toute tentative de déstabilisation du Tchad et de ses institutions démocratiques » et apporté leur « soutien à la République du Tchad et son président Idriss Deby », sans jamais citer nommément Khartoum. Le ton mesuré du communiqué final a contrasté avec celui du discours d’ouverture prononcé par Deby, qui a à nouveau accusé son voisin de vouloir le « déstabiliser » en soutenant les mouvements rebelles tchadiens actifs à la frontière entre les deux pays. Le communiqué final n’a pas fait mention de la demande du président Deby de déplacer à Abuja le sommet de l’Union Africaine (UA) prévu les 23 et 24 janvier à Khartoum, ni de son refus de voir son homologue soudanais Omar Al-Béchir de succéder au Nigérian Olusegun Obasanjo à la tête de l’UA.

Convoqué à l’initiative de N’Djamena, qui accuse explicitement son voisin soudanais de vouloir le « déstabiliser », ce sommet a réuni autour du président Idriss Deby ses homologues centrafricain François Bozizé, congolais Denis Sassou Nguesso et gabonais Omar Bongo Ondimba. Le président en exercice de la Cémac, l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, et le président camerounais Paul Biya étaient représentés.

Le Tchad s’est déclaré en « état de belligérance » avec le Soudan depuis l’attaque le 18 décembre de la localité d’Adré, à la frontière entre les deux pays, par des rebelles tchadiens qu’il accuse Khartoum de soutenir .

Hicham Mourad

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